Je crois que ne suis pas normale

Forum ado mal être
Tarranie
Messages : 2
Inscription : 28 juil. 2020, 01:55

Je crois que ne suis pas normale

Message par Tarranie »

Bonjour

Depuis que je suis toute petite je m'arrache les cheveux en tétant la langue et ça m'arrive même en public sans que je m'en rende compte( mais beaucoup moins maintenant) .
De plus je suis toujours perdue dans mes pensées soit je m'imagine des histoires ( la plupart du temps) soit je suis distraite par autre chose. Des fois j'oublie si je suis dans un lieu public et qu'il y a des gens autour de moi. Quand j'étais petite les gens se moquent de moi et disaient que j'étais attardée mental (alors que je fais partie des premiers de ma classe et j'ai toujours eu de très bonnes notes). Des fois je me surprends à faire des grimaces avec mon visage mais c'est surtout ma bouche qui fait comme une sorte de sourire bizarre ( heureusement je suis toujours seule à ces moments là).

Dans les histoires que j'imagine c'est toujours plus ou moins le même scénario le personnage principal se fait rejeter humilier par les autres et fini par tomber dans la dépression et/ ou se suside ( je ne peux pas dormir sans ça et sans téter la langue ).
J'ai essayé de changer d'histoire mais c'est toujours le même scénario qui passe en boucle :|

Est-ce que je suis normale ? Qu'est-ce que je dois faire pour arrêter mes tocs ?

Ps: j'ai 17 ans

Dubreuil
Psychologue clinicien
Messages : 15572
Inscription : 03 août 2012, 17:28

Re: Je crois que ne suis pas normale

Message par Dubreuil »

Selon le DSM-5, la trichotillomanie fait partie de la catégorie des Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).
Besoin irrésistible de s’arracher les cheveux aboutissant à une alopécie manifeste.
Essais infructueux pour contrôler ou arrêter ce besoin de s’arracher les cheveux.
« L’arrachage de cheveux » provoque une souffrance significative ou disfonctionnement au niveau social, professionnel ou dans d’autres domaines de la vie importants.
« L’arrachage des cheveux » ne peut pas être expliqué par une autre affection somatique (comme une maladie dermatologique).
« L’arrachage des cheveux » ne peut pas être expliqué par une autre affection psychiatrique (par exemple la dysmorphophobie).
Une minorité (environ 6%) des patients a commencé avec ce comportement dans la petite enfance (avant l’âge de six ans). Chez beaucoup d’autres, la trichotillomanie se manifeste pendant l’adolescence. Mais les premières manifestations peuvent aussi avoir lieu seulement à l’âge adulte.
Comme souvent en santé mentale, plusieurs hypothèses sont avancées. Des facteurs sociaux, psychiques, neurobiologiques et génétiques pourraient être à l’origine de cette pathologie. La recherche sur les causes s’avère d’autant plus compliquée que la trichotillomanie n’est pas une maladie, mais une dérégulation émotionnelle. S’arracher les cheveux permettrait de réguler de manière non-consciente l’état émotionnel. Mais aussi des symptômes dépressifs, des difficultés scolaires, des sévices et traumatismes divers feraient partie du spectre des causes retrouvées. Sur le plan neurobiologique (en effet, il existe aujourd’hui des modèles animaux de la trichotillomanie), certaines molécules synaptiques (comme le SAPAP3) ont été identifiées chez les animaux. Et comme dans la dépression ou dans les troubles obsessionnels et compulsifs, une dérégulation d’un neurotransmetteur que l’on appelle « la sérotonine » semble jouer un rôle important.
La prise en charge thérapeutique sera axée essentiellement sur la psychothérapie. Les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC) ont fait la preuve de leur efficacité dans les études internationales portant sur le sujet. Cette prise en charge sera parfois accompagnée d’un traitement pharmacologique et éventuellement d’interventions au niveau familial (si indiqué).
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pas de consultation via internet, ni d'appel téléphonique, ni de mail. Merci de votre compréhension.

Tarranie
Messages : 2
Inscription : 28 juil. 2020, 01:55

Re: Je crois que ne suis pas normale

Message par Tarranie »

Merci pour votre réponse

Mais je me pose encore des questions en ce qui concerne le fait que je tète la langue, que je fasse des grimaces (quand je suis seule) et aussi sur les histoires que je m'invente.

Dubreuil
Psychologue clinicien
Messages : 15572
Inscription : 03 août 2012, 17:28

Re: Je crois que ne suis pas normale

Message par Dubreuil »

Mais je me pose encore des questions en ce qui concerne le fait que je tète la langue
*** Equivalent d'un objet transitionnel rassurant ( tétine, doudou, par exemple ), mais aussi une nostalgie d'un temps révolu... ou d'une anxiété dont l'enfant n'a pas été consolé, " soigné".
que je fasse des grimaces (quand je suis seule)
*** Peut-être par " preuve " d'exister, de " sentir votre visage ", ou de vous détendre inconsciemment, ou d'adresser ces grimaces à un tiers, ou, etc, etc... C'est à vous d'y réfléchir.
et aussi sur les histoires que je m'invente.
*** Elles répondent également à vos sentiments et sensations du moment. Une nécessité aussi " d'habiller " la réalité d'une façon idyllique, ou dramatique. Ce processus est plus ou moins conscient, mais inhérent à chacun d'entre nous. Il répond à nos pulsions, qu'elles soient sadiques, pour se consoler de soi-même, pour avoir une bonne image, ou activer une culpabilité, etc, etc...

Mais aussi, en lien avec le fait d'arracher vos cheveux, peut-être des difficultés scolaires, un état dépressif, des sévices et traumatismes divers...
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pas de consultation via internet, ni d'appel téléphonique, ni de mail. Merci de votre compréhension.

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