État anormal

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manongv
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État anormal

Message par manongv »

Bonsoir,
Tout d'abord je vous remercie de lire ce message. J'ai 20 ans et j'ai "déraillé" il y a 3 mois lorsque je ne réussissais pas à travailler dans mes études et que je me suis mise à criser.
Je n'ai pas pris soin de moi ensuite car tous les jours j'ai fait cette chose insensée; regarder d'autres formations qui existent au moins 1h tous les jours. Depuis ce moment je me sens insignifiante car je me suis sentie sans avenir puisque je me voyais échouer et que je me voyais dans aucun métier, il n'y a pas un jour, une heure où je ne stresse pas de ce que je deviendrai. À cause de ce stresse je suis dans un état végétatif; je ne parle pas car je ne sais pas parler, j'ai du mal à écrire et à penser. De plus j'ai mal à la tête tout le temps, je suis allée faire un IRM mais il n'y a rien d'anormal. Je me sens mourir chaque jour, je n'ai pas d'interactions sociales à cause de mon état. Je me sentirai plus en sécurité en psychiatrie je pense, je souhaite aller mieux, savoir parler de choses un minimum intéressante et arrêter d'être dans un mutisme. J'essayer de continuer mes études pour ne pas à avoir à rembourser le CROUS mais vu mon état je me dis à quoi bon continuer..
À côté de ça tout me paraît noir, par exemple regarder un film, faire la fête.. C'est comme si ma vie, mon cerveau s'était mis sur stop.

Je ne sais pas de quoi je souffre à vrai dire, peut-être de démence.
Dubreuil
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Re: État anormal

Message par Dubreuil »

Non, vous souffrez d'un petit état dépressif teinté de procrastination, (logique !) c'est tout.
Mais il faut bien comprendre que si vous passez votre temps à regarder d'autres formations, c'est déjà que celle que vous avez choisie ne vous convient absolument pas !
Donc, si vous ne savez pas où vous en êtes côté formation, dès que possible il faudra aller consulter un(e) psy social(e) pour passer les tests adaptés vous permettant de savoir là où vous serez le plus à l'aise et attirée.
Et puis il y a des millions de personnes qui ne font pas ce qu'elles aiment, ou qui ne savent "pas quoi faire", et qui ne sont pas pour cela insignifiant(es) Elles ont plein d'atouts, mais ne savent pas encore où les développer.
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manongv
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Re: État anormal

Message par manongv »

J'ai omis un détail important, lorsque je parle d'état végétatif c'est que je ne parviens pas à parler de quoi que ce soit, les mots je sortent pas car je n'`ai pas de pensées ou d'avis sur les choses qui m''entourent. Pourtant je lis, je regarde ce qu'il se passe autour de moi, mais je ne sais pas comment discuter donc je ne dis rien.
Ma tête est devenue vide et j'ai beau m'intéresser à des sujets divers je vais avoir du mal à comprendre et à retenir des éléments
Dubreuil
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Re: État anormal

Message par Dubreuil »

Merci de vos précisions.
Ce que vous décrivez ressemble à une entrée dans la dysphasie. ( voir plus bas explications ) Pourtant on ne peut pas présenter une dysphasie à 20 ans sans avoir eu depuis sa petite enfance de nombreuses petites alertes psychologiques et psychomotrices, ou du moins des difficultés scolaires importantes ayant nécessité un suivi orthophonique.
Vous ne dites pas si votre état est survenu brutalement et comment vous vous comportiez auparavant, ou si vous avez toujours eu plus ou moins de difficultés tout au long de votre vie jusqu'à ce jour.
C'est un neurologue que vous devez consulter maintenant que vous êtes devenue adulte.
Lui seul pourra vous donner un diagnostic adapté et vous diriger vers des professionnels en mesure de vous aider. Si.... ce n'est pas à la suite d'un choc émotionnel intense que votre système nerveux se soit mis " en veille " pour vous protéger du retour de souvenirs traumatisants.
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Dubreuil
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Re: État anormal

Message par Dubreuil »

La dysphasie est un trouble structurel, primaire et durable de l’apprentissage et du développement du langage oral.
Cette pathologie, trop peu connue, est assez fréquente, puisque l’on considère qu’elle touche, sous une forme ou une autre, 2% de la population soit plus d’un million de personnes en France.

Elle se retrouve sur des enfants :
sans histoire médicale particulière,
ni déficit sensoriel même si l’enfant présente d’apparentes difficultés,
ni déficit intellectuel. L’enfant dysphasique peut ne pas trouver ses mots d’une manière dramatique, mais être parfaitement capable de résoudre une opération ou de résoudre des problèmes. Cet enfant est normalement intelligent mais présente un déficit circonscrit au domaine langagier,
ni trouble du comportement même si les enfants dysphasiques peuvent paraître agités peu attentifs, instables, agressifs…preuve d’un réel mal-être relationnel à une situation d’échec qui s’installe.
ni trouble de la relation. Les enfants dysphasiques cherchent le plus souvent à communiquer par tous les moyens à leur disposition, à l’inverse des enfants autistes par exemple.
La dysphasie peut être plus ou moins sévère et se présenter sous des formes diverses : paroles indistinctes, troubles de la syntaxe, expressions par mots isolés, discours plus ou moins construit, manque du mot, compréhension partielle du langage oral…

Parce que ne pas pouvoir être compris est très énervant et très décourageant, ces enfants se replient sur eux-mêmes ou secouent le camarade qui ne comprend pas. C’est ainsi qu’ils ont été rangés très longtemps, à tort, dans le rang des autistes.

Le langage de la personne dysphasique présente non pas des retards mais des caractères déviants et instables dans le temps.
Elles portent sur des aspects complexes :
la réception c’est-à-dire de la compréhension du langage,
et/ou la programmation des sons de la langue puis de leur production,
et/ou la disponibilité des mots ou encore sur leur agencement syntaxique au sein de la phrase,
il ne parvient pas à expliquer des choses simples (troubles de l’informativité),
il produit des choses spontanément mais il ne sait plus les répéter ou les dire quand on les lui demande (dissociation automatico-volontaire).
Ces enfants parlent mal, parlent tard, ont durablement des difficultés d’expression orale. Ces domaines du langage peuvent être déficitaires ou préservés indépendamment les uns des autres. C’est pourquoi les enfants doivent faire l’objet d’un diagnostic précis permettant de poser les indications thérapeutiques.

D’autre part, le langage écrit est souvent d’acquisition problématique. Et donc, parce que le langage est l’outil privilégié de la transmission du savoir à l’école, les troubles ont un retentissement constant sur les apprentissages scolaires classiques.
Dans d’autres domaines pourtant, ils se développent bien, même si, fréquemment, les difficultés langagières s’accompagnent d’un retard psychomoteur ou/et graphique.
Ils organisent un langage qui peut suffire dans la vie quotidienne mais conservent, le plus souvent, des difficultés de langage.
Le langage est fait de morceaux, d’approximations, de segments traités sans souplesse comme des agglomérats, des blocs figés.

Les différentes classifications de la dysphasie
1/ La dysphasie de type phonologique-syntaxique :
une hypospontanéité.
un trouble phonologique. Mots inintelligibles. Ces troubles se différencient de ceux des « retards simples » de la parole. En effet, ces derniers sont plutôt caractérisés par des simplifications, alors que les déformations faites par les enfants dysphasiques tendent vers des complexifications (leurs énoncés se complexifient).
parfois une dissociation automatico-volontaire. Lorsque, par exemple, la formulation d’un son est incorrecte en situation dirigée, mais est correcte en spontanée.
des troubles praxiques oro-faciaux. Ils sont caractérisés par des difficultés à produire des sons verbaux, mais aussi à produire des gestes et leurs enchaînements. A ne pas confondre avec la dyspraxie oro faciale.
un trouble de l’encodage syntaxique. Il réside dans la difficulté à associer des mots alors qu’ils ont une bonne conscience de la syntaxe. Ces enfants sont très souvent « agrammatiques » (style télégraphique).
un vocabulaire restreint mais accessible. Il est lié à la sous-utilisation du langage et à leur difficulté conceptuelle.
une compréhension peu perturbée. Elle ne doit pas être négligée. En effet, ces enfants ont pris l’habitude de comprendre beaucoup par le contexte. Leur niveau de compréhension est lié à la restriction de leur vocabulaire, un problème de mémoire verbale immédiate, des difficultés conceptuelles.
une bonne « pragmatique » du langage. Le langage est informatif. Ce qu’ils disent à minima n’est pas déviant. Ils pallient par la mimique gestuelle ou faciale.
Signes d’alerte :
Ils restent souvent inintelligibles jusqu’à l’âge d’au moins 7/8 ans. Ils ont des difficultés avec l’implicite. Ils utilisent un mot pour un autre (par association d’idée, par exemple). Ils ont aussi du mal avec l’humour qu’ils ne saisissent pas. Les difficultés de compréhension et de préhension du monde qui les entoure interrogent les parents. En situation scolaire, ils butent sur la compréhension de texte, même une fois oralisé, qui semble pourtant simple. Ils rencontrent souvent des difficultés massives sur le plan scolaire qui persistent dans le temps. Leur expression écrite reste limitée. A l’âge adulte, l’articulation est marquée, la syntaxe est simple, les difficultés orthographiques persistent. Il ne faudra pas perdre de vue leurs difficultés à comprendre le langage élaboré (les publicités, les jeux de mots, les titres de journaux, les notions abstraites).

2/ La dysphasie de type production phonologique : difficultés essentiellement expressives.
Pas de réduction. Après stimulation, ce sont des enfants qui parlent normalement.
Défaut d’intelligibilité.
Troubles praxiques oro-faciaux variables. Les difficultés se situent au niveau de l’enchaînement des gestes.
Troubles de l’encodage syntaxique. Les productions sont de type dyssyntaxique.
Manque du mot. Il se manifeste par des conduites d’approche ou des « évitements » de situation de communication verbale.
Bonne compréhension verbale.
Le langage est informatif.
Trouble de la concaténation. Ce sont des difficultés au niveau des enchaînements des tâches séquentielles.
Troubles associés. ils peuvent rencontrer des difficultés graphiques et des troubles visuo-constructifs.
Ces enfants ont une grande conscience de leur trouble. La communication orale et écrite s’améliore sur le plan verbal (la phonologie est meilleure, mais la difficulté à trouver leur mot persiste ; ils ont moins de difficultés dans les notions abstraites) et sur le plan écrit, on note une dysorthographie plus ou moins importante.

3/ La dysphasie réceptive : difficultés principalement au niveau du décodage.
Trouble phonologique. Petits, ils sont inintelligibles. Ils ont du mal à différencier certains sons : ils n’ont pas d’image auditive claire et précise.
Trouble de l’expression syntaxique. Leur langage devient dyssyntaxique en situation dirigée.
Manque du mot. Ces enfants ont du mal à trouver leur mot aussi bien en situation dirigée qu’en spontanée.
Trouble important de la compréhension.
Leur langage est peu informatif. Leur discours est incohérent et redondant.
Au fil des années, ils vont utiliser des compensations. Le déficit au niveau du vocabulaire persiste. Ces sujets sont rivés au concret. Le langage écrit reste longtemps non-fonctionnel.

4/ La dysphasie lexicale-syntaxique (ou mnésique) :
Pas d’hypospontanéité.
Pas de trouble phonologique.
Pas de troubles oro-faciaux.
Manque du mot. Ces enfants sont en permanence à la recherche de leurs mots et de la structure de leurs phrases.
Trouble de l’expression. Informativité et syntaxe sont perturbés.
Trouble de la compréhension. Il est dépendant de la longueur des énoncés.
Ces enfants apprennent à lire mais restent gênés par leur problème de mémorisation et par leurs difficultés à trouver leurs mots.

5/ La dysphasie sémantique-pragmatique : en situation dirigée
Un choix de vocabulaire adéquat.
Un trouble de compréhension.
Un trouble de l’informativité.
Le discours restera marqué par l’utilisation de formes plaquées.

Selon les différentes classifications, il existe plusieurs types de dysphasies, mais on retient surtout deux grands groupes :
Les dysphasies expressives et les dysphasies réceptives
1/ Les dysphasies expressives
Les dysphasies expressives sont les plus fréquentes, elles touchent les composants de l’expression de façon variable :
– la mise en sons des mots: l’enfant omet ou transforme, de façon classique ou inhabituelle, les sons composant un mot, ce qui rend sa parole inintelligible, exemple : «!feu bipui!» pour «je veux un biscuit!».
– la recherche du mot en mémoire ou la production du mot même si celui-ci appartient à son vocabulaire, exemple : recherche le mot fourchette, ne le trouvant pas, il dit « couteau », ou, n’arrivant pas à produire le mot, il dit « frouchette »
– l’utilisation à bon escient des mots
– l’organisation des mots en phrases : l’enfant n’utilise pas les mots grammaticaux, les conjugaisons, il n’a pas acquis les notions de genre et de nombre, l’ordre des mots n’est pas respecté. De ce fait, il produit des phrases courtes et de style télégraphique, exemple : « il joue moi poupée » pour « elle joue à la poupée avec moi ».
Dans tous ces cas, l’enfant comprend mieux qu’il ne s’exprime, et il cherche à établir la communication par tous les moyens possibles (gestes, regards, attitudes, mimiques, dessins…). Cependant sa compréhension n’est pas parfaite.

2/ Les dysphasies réceptives
Les dysphasies réceptives sont plus difficiles à diagnostiquer et aussi plus graves.
Elles touchent la compréhension de l’enfant qui ne parvient ni à segmenter la chaîne parlée, ni à lui attribuer un sens. Il possède un langage social suffisant pour se faire comprendre mais défaillant pour la subtilité notamment pour les choses abstraites : sens figuré, difficulté à manier les concepts à l’oral et à l’écrit.
Des difficultés expressives sont souvent présentes mais jugées secondaires par rapport aux troubles de la compréhension.
Cependant, sa compréhension non verbale (situation, gestes, logique…) est satisfaisante.
Ce sera un enfant qui prélèvera le maximum d’indices visuels, qui communiquera beaucoup par le regard et les gestes, qui aura tendance à utiliser le mime, à copier sur son voisin, …

Le diagnostic de la dysphasie
Poser ce diagnostic n’est jamais simple. Pourtant, la dysphasie de développement peut être diagnostiquée dès l’âge de 3-4 ans si les troubles sont d’importance moyenne et qu’il n’existe pas de troubles associés.
Mais elle l’est souvent plus tardivement car il n’est pas toujours facile de repérer une dysphasie chez un jeune enfant en raison des difficultés ajoutées : difficultés psychologiques, troubles du comportement prédominants, existence d’un degré de déficience associée, existence d’une surdité associée, …
D’autres raisons s’ajoutent aussi : l’enfant compense ses difficultés quand la forme est mineure, la dysphasie reste encore très mal connue voire inconnue des écoles, des médecins, de la famille et de la société en général, il est difficile de retrouver des critères de déviance quand l’enfant ne parle pas à l’exception des troubles de compréhension verbale et des praxies bucco-phonatoires (difficulté à reproduire des mouvements de la face et de la langue que l’on pourrait trouver chez un enfant dyspraxique, par exemple).
Le diagnostic peut alors nécessiter du temps et la répétition des bilans orthophoniques à six mois d’intervalle.

Conséquences et comorbidité
Troubles co morbides:
1/ Les troubles constamment associés à la dysphasie :
– Troubles de la mémoire auditive: votre enfant éprouve des difficultés à retenir ce qu’il entend, ce qui le perturbe dans tous les apprentissages alors qu’il mémorise beaucoup plus facilement ce qui lui est présenté visuellement.
– Troubles de l’organisation temporelle: votre enfant se repère difficilement dans le temps (il ne connaît pas les jours, les mois, les saisons).
2/ Les troubles non constants:
– Troubles psychomoteurs: votre enfant a marché tardivement, sa motricité globale (marcher, porter…) et sa motricité fine (tenir un stylo, par exemple) peuvent être perturbées.
– Troubles praxiques: votre enfant ne peut ni concevoir ni réaliser un geste alors qu’il ne présente ni paralysie, ni difficultés motrices. Il rencontrera par exemple des difficultés à manipuler des objets, à écrire, à dessiner et à effectuer des gestes dans la vie quotidienne (habillage, repas…).
– Troubles de l’organisation dans la vie quotidienne ou dans les problèmes de mathématiques
– Troubles d’abstraction et de généralisation : votre enfant a des difficultés de représentation mentale, avec le sens figuré, les mathématiques. Il a des difficultés à aborder une notion nouvelle dans un contexte nouveau.
– Troubles de l’organisation spatiale : il n’intègre pas les termes spatiaux comme « sur, sous, devant, derrière, …».

Les conséquences sur les apprentissages, liées à leur trouble :
Pour les dysphasies expressives :
Dyslexie: retard de dix-huit mois à 2 ans par rapport à l’âge chronologique, dans l’acquisition de la lecture, chez un enfant présentant une dysphasie.
Dysorthographie : difficulté d’apprentissage de l’orthographe.
Pour les dysphasies réceptives:
Troubles de la compréhension de la lecture: bien que le déchiffrage se mette en place, l’enfant ne comprend pas le sens de ce qu’il lit.
Dyscalculie : trouble spécifique du développement de l’apprentissage du calcul.
Les troubles du comportement:
En raison de ces difficultés à exprimer et partager ses émotions, il peut présenter une grande agitation voire une instabilité. Il se concentre difficilement et ne maintient son attention sur une activité que très peu de temps. Il peut être inhibé et/ou anxieux, il peut s’isoler. Toujours pour les mêmes raisons, il peut avoir des troubles de l’alimentation, du sommeil, du contrôle sphinctérien. Il y aura lieu de consulter un psychiatre et/ou un psychologue.

Dysphasie : quelles rééducations ?
Pour la dysphasie, il faut intervenir au plus tôt, dès 2ans et demi, 3 ans si cela est possible.
Les séances d’orthophonie doivent être fréquentes et intensives, au moins jusqu’à 7 ans et demi. Elles pourront ensuite être plus espacées.
C’est l’orthophoniste, après bilan approfondi et chiffré, qui étudiera sa compréhension, notamment sa compréhension verbale ainsi que son expression et les moyens qu’il utilise pour se faire comprendre s’il ne parvient pas à bien parler (gestes, mimiques, dessins…).
L’orthophoniste évaluera aussi le décalage par rapport aux autres enfants.
Lors de cette rencontre, l’orthophoniste doit vérifier la présence d’anomalies spécifiques à la dysphasie de développement : l’enfant ne retrouve pas un mot qu’il connaît pourtant (manque du mot), il n’utilise pas ou peu les petits mots comme les articles (un, des, la, les…) et les prépositions (sur, avec, par, pour, en, à…) dans ses phrases, il juxtapose les mots sans conjuguer les verbes(agrammatisme ou dyssyntaxie), il comprend difficilement voire pas du tout ce qu’on lui dit (trouble de la compréhension verbale), il parle peu et pas facilement.
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Re: État anormal

Message par Dubreuil »

Que faire si aphasie

Aphasie : quand paroles et pensées ne sont plus en phase
Le langage permet de traduire la pensée en parole. Quand on souffre d'aphasie, on perd partiellement ou complètement cette capacité à communiquer.
L'aphasie résulte d'une lésion située dans les zones du langage. Chez la plupart des personnes, ces zones du langage sont situées dans l'hémisphère gauche, dans les aires de Broca et de Wernicke. L'aire de Broca est située au niveau du lobe frontal, tandis que l'aire de Wernicke est située à l'arrière du lobe temporal tout près du cortex auditif qui reçoit les sons.
La zone de Wernicke joue le rôle d'un récepteur qui participe à la compréhension des mots qu'il perçoit, alors que l'aire de Broca fonctionne comme un émetteur chargé de produire les mots, comme lorsque l'on doit répondre à une question. Notre langage articulé est conçu par la zone de Broca mais exécuté par une autre partie du cerveau, qui commande les mouvements de la langue et de la mâchoire.
Il existe différentes sortes d'aphasies en fonction du siège de la lésion. Quand elle survient au niveau de la zone de Broca, c'est-à-dire au niveau de l'émetteur, la personne a du mal à parler. Elle n'arrive pas à prononcer les phonèmes, ni à les assembler en mots. En revanche, elle comprend parfaitement le discours qu'elle entend.
Quand la zone de perception (Wernicke) est atteinte, la personne peut parfaitement parler, mais elle perd la capacité à trouver ses mots. Elle ne peut plus nommer les objets, ni retrouver le nom des personnes qu'elle connaît. Dans ce type d'aphasie, la personne a tendance à beaucoup parler mais ses phrases n'ont plus aucun sens.

L'aphasie est la perte partielle ou totale du langage. La parole et la pensée ne sont alors plus synchronisées. Dans la prise en charge de l'aphasie, la rééducation orthophonique est primordiale pour aider le patient à communiquer autrement en s'adaptant à son handicap. Lorsque la personne est encore fatiguée et fragile, dans l'impossibilité de se déplacer, l'orthophoniste peut proposer des séances de rééducation à domicile.

Après un AVC
Après un AVC, ce patient souffre d'aphasie.
La prise en charge de l'aphasie passe obligatoirement par de la rééducation avec un orthophoniste.
La rééducation orthophonique a deux objectifs : restaurer les capacités à parler et comprendre. Mais si l'on ne peut pas tout récupérer, elle sert aussi à trouver des stratégies compensatrices.
Des ateliers "théâtre" à destination des personnes aphasiques
Il existe des ateliers de théâtre spécialement réservés aux personnes aphasiques. Un bon moyen de travailler sur la communication et de poursuivre le travail mis en oeuvre par les orthophonistes.
Le cours de théâtre commence toujours par un échauffement où une à une, toutes les parties du corps sont stimulées. Une étape importante pour les personnes aphasiques qui souffrent pour la plupart de troubles de la mobilité et d'un manque d'expressivité.
"Les ateliers théâtre sont bénéfiques pour les aphasiques parce qu'ils permettent un travail sur l'expression vocale et sur l'expression corporelle via des exercices de mimes, de textes, de voix", explique Manuel Lambinet, professeur de théâtre et membre de la Fédération nationale des aphasiques de France.
Les exercices de mimes se mêlent à des performances vocales. L'objectif est de travailler la communication sous toutes ses formes. À la fin de la séance, les plus aguerris s'attaquent à des textes plus compliqués. Un exercice difficile qui demande beaucoup de concentration et un effort de prononciation. L'objectif des participants étant d'être prêts pour un spectacle de fin d'année.
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Re: État anormal

Message par Dubreuil »

Et que vous vous reconnaissiez ou non dans ces symptômes, si ce que vous avez écrit n'est pas exagéré, allez tout de même consulter un NEUROLOGUE. Lui seul pourra vous dire si vous êtes en état dépressif, ou si vous avez en effet un trouble psychomoteur
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Re: État anormal

Message par manongv »

J'ai ces symptômes:
– la recherche du mot en mémoire ou la production du mot même si celui-ci appartient à son vocabulaire
- discours plus ou moins construit, manque de mots, compréhension partielle du langage oral…
- et trouble de l'informativité

J'ai toujours parlé très peu durant mon enfance à cause d'une timidité accrue et même aujourd'hui. Quand je suis un cours j'aurai du mal à me souvenir des grandes bases, et maintenant je dois rendre un devoir j'ai écris 6 lignes en 2h... Bref ça me fait très peur de souffrir de ces problèmes à mon âge, quand je parle on ressent que j'ai peur et que je n'ai pas confiance du tout aussi.
Pour l'écriture c'est peut-être un blocage que j'ai créé seul en me disant que je ne réussirai pas mon année
Dubreuil
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Re: État anormal

Message par Dubreuil »

Bref ça me fait très peur de souffrir de ces problèmes à mon âge, quand je parle on ressent que j'ai peur et que je n'ai pas confiance du tout aussi.
*** Le plus dur est passé, rien d'autre ne pourra vous arriver puisque vous êtes adulte, et que vous avez tous les résultats dans leur finalité. Donc, pas d'angoisse, allez tout simplement consulter un neurologue qui vous donnera la marche à suivre pour retrouver votre confiance en vous.
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Re: État anormal

Message par manongv »

Re Bonjour,
Mon état s'aggrave de plus en plus, hier je n'arrivais plus à comprendre le sens des phrases de mon livre, je ne parviens plus à être performante dans une tâche. C'est comme si le temps s' arrête à chaque instant, quand je suis avec quelqu'un je ne suis pas là non plus. C'est comme si inconsciemment je fuyais la vie, j'aimerai être dans la réalité. J'ai toujours eu une pensée et des paroles très lentes, mais en ce moment même parler me fatigue donc j'ai arrêté.
J'ai pensé à faire de la sismotherapie car je pense que les antidépresseurs ne seraient pas assez efficaces
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