Je culpabilise chaque fois que je parle de mes « problèmes »

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SwanEternelle
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Je culpabilise chaque fois que je parle de mes « problèmes »

Message par SwanEternelle »

Bonsoir, moi c’est Swan, une ado comme les autres.
Si j’écris sur ce site, c’est parce que je vois pas d’autres moyens de me libérer. Je ne suis pas très fan des forums et je suis relativement pudique, émotionnellement et sentimentalement parlant, mais j’en ai besoin. Comme quoi, « se cacher derrière des écrans pour réaliser des choses qu’on ne ferait pas dans la réalité » a du bon. Parce que je suis totalement incapable d’en parler vraiment à quelqu’un. Parce que dès que je parle, je culpabilise. Dès que je me dis que j’ai besoin d’aide, je culpabilise. Je reste enfermée dans ma tête, si on peut dire ça. Écrire mon histoire ici me demande beaucoup de courage, parce que je crois qu’inconsciemment, je demande un peu d’aide. Même si je sais que je vais culpabiliser en écrivant, je vais le faire comme même. Je vais me permettre de raconter mon histoire ici.

Je ne connais pas ma mère. Je ne saurai jamais qui elle est. Le jour de ma naissance, elle a faussé les informations la concernant et elle a dégagé le plus vite possible. C’était au Vietnam, l’équivalent de l’accouchement sous X.
J’ai été adopté par une famille, avec qui j’entretiens actuellement une relation, pour le moins, compliqué.
Je n’ai presque pas de souvenirs, je les oublie régulièrement. Je garde en mémoire que ceux qui m’ont traumatisés et qui m’ont rendu heureuse. Ainsi, je ne me souviens pas de mon enfance. Tout ce que je sais quasiment, ce sont des anecdotes. J’ai cependant le souvenir d’une enfance joyeuse, avec des parents formidables.
Dans mon école, j’étais la petite fille « chinoise », qui était naturellement intelligente. J’ai récolté le surnom de « intello de la musique » parce que j’étais souvent seule et que je chantais souvent. On aimait bien se moquer de moi, cela me blessait mais ce n’était pas si horrible. C’est en CM2 que ma vie a pris un tournant. Je revenais de 4 mois de scolarité en Espagne et je ne voulais plus être seule. Alors je m’étais intégré dans la bande de « populaires » de ma classe. J’étais relativement heureuse, mais en vérité c’était un peu moins drôle. On se moquait tout le temps de moi, je me souviens profondément des paroles d’une fille du groupe «  tu es faible, jamais tu ne réussiras à lever ce cartable avec un doigt, comparé à moi » . Cette phrase s’est ancrée au fond de moi et elle me poursuit encore aujourd’hui. J’étais la « gentille » Swan, qui ne ripostait pas trop et qui était faible.
Leur jeu après les cours ? Me donner des petits coups, parfois douloureux, parce que j’essayais de rendre la pareille. Sauf que j’en étais incapable. Ce jeu, il a duré un petit moment. Moi, j’en pouvais plus. J’aimais mes amis, mais j’en avais marre. Mes parents ? Quand ils ont entendu parler de cette histoire, tout ce qui m’ont conseillé c’était d’ignorer et de laisser passer les paroles et les coups sans riposter, car ils pensaient que cela s’arrêterait. Ils me disaient de chanter « paroles » de Dalila.
Un soir, j’ai chanté. Je ne me souviens plus parfaitement de la suite, mais il semblerait que je me sois prise un coup plus fort que les autres. Alors pour me venger, j’avais donné un coup de pied dans le dos d’un mec et j’avais fondu en larmes.
Actuellement, je n’aime pas utiliser le mot « harcèlement » car il me fait culpabilisé. Intérieurement, je minimise tout les actes, parce que dans mon école, utiliser ce mot c’était être une victime autoproclamée. Les personnes responsables de cet acte ne se sont jamais rendu compte de la situation, ils ont gardé l’image du jeu.

En 6e, j’ai eu quelques problèmes avec mes « meilleurs » amis de l’époque. On était dans la même classe, on s’entendait bien, on rigolait bien. Ils piquaient juste mes affaires tout le temps. Et pas n’importe quelle affaire, juste souvent mon porte monnaie, avec ma carte de cantine, de bus et tout le bazar. C’était le jeu du groupe. Sauf que c’était moi la principale victime. On m’aidait à tout récupérer mais je n’ai pas su stopper la situation. J’ai un scène profondément ancrée dans ma mémoire :
J’étais dans la cour de récréation. Un des garçons me pousse fortement sur l’autre. L’autre me repousse sur le premier garçon et ainsi de suite. J’étais la balle qui se renvoyait. Je les suppliais d’arrêter, ils n’arrêtaient pas.
Cette scène avait dû se produire une ou deux fois. Dans les rangs, ils me poussaient ou encore, me marchaient sur mes chaussures. C’était désagréable, chiant, soûlant. Mes parents n’ont pas réagi. Ils aimaient aussi faire ce style de blague : « -Hey Swan ! T’es moche ! - C’était une blague » ce genre de trucs qui me blessaient profondément.
Je ne pouvais rien faire, c’était mes amis et au nom de l’amitié je laissais tout passer. J’étais « en crush » sur un des mecs, et je lui laissais tout passer.

Sauf qu’en 5e, c’etait allé trop loin. Très peu de personnes connaissent cette histoire, parce que je pense qu’elle a traumatisé tout le monde. Enfaite, un soir, un de mes amis m’avait envoyé un message de mort. En gros, selon mes souvenirs, il disait «  tu es la déesse de la terre, et pour le salut du monde tu dois mourir ce soir ». Bon c’était un peu plus flippant que ça. Cette fois-ci, mes parents ont réagi et la situation avait été réglée. Depuis ce moment, la relation toxique s’était stoppée.
Durant la même année, j’ai traversé une belle phase de mal-être. De décembre à février, je m’étais mutilée le bras par période. Je me détestais, je me trouvais nulle. Je pense pouvoir dire que ma façon de penser n’a pas trop changé. Mes parents m’ont foutu chez le psychologue, et désolée de dire ça, j’ai pas aimé du tout l’expérience. J’ai inventé un plan et en 2ou 3séances, j’ai convaincu tout le monde que ce n’était plus nécessaire. Je n’arrivai pas à parler et cela énervait la psy, ce qui est compréhensible.
En 4e, j’ai radicalement changé de personnalité. J’étais plus froide, plus machiavélique, plus manipulatrice. J’étais arrogante, j’étais confiante, j’étais première de classe. Tout l’inverse d’avant. J’ai été imbuvable tout au long de l’année. J’allais mal, je stressai, je perdais les pedales. J’étais méchante, je blessai beaucoup. Mes parents ne faisaient que critiquer celle que j’étais en disant que c’était qu’un masque, sauf que moi j’avais l’impression que celle d’avant était un masque. Mes parents me disaient de maigrir, parce que c’était pour mon bien, pour que je m’accepte. J’avais pourtant un IMC dans la norme.
Mais des fois je m’adorais, des fois je me détestais. Et à un moment, je m’étais mis dans la tête qu’il fallait que je perde 5 kg. Je mangeai plus le soir, je faisais du sport. Mon corps allait mieux, mais moi non. Je me haïssais vraiment.
Pendant l’été, j’allais encore plus mal. J’étais souvent seule, dans le froid. Je voulais me tuer, je rêvais de me tuer. D’Aout à Septembre, souvent, je me voyais me tuer. Oh et bien évidemment, mes bras ont été mutilé, parce que j’avais besoin de sang, j’avais besoin de souffrance physique. J’essayais de perdre du poids, mais comme je perdais les pédales, je mangeais d’un coup énormément, même pas pour le goût mais juste pour manger et immédiatement je culpabilisais énormément. Pas un super moment. Et pendant ce temps, j’ai perdu des amies. Et c’était un peu de ma faute.

Actuellement, je vie dans le déni. J’ai des phases où je vais très mal, mais je veux pas en parler parce qu’on m’a reproché de faire souffrir mes amis. Chaque fois que j’ose penser que je vais pas bien, je culpabilise. Une voix dans ma tête, qui est là depuis la 5e, me dit ce que je dois faire et me dicte mes pensées. Et elle m’interdit de penser que je vais mal. Elle me dit que je ne mérite pas d’aide, que j’essaye juste d’avoir de l’intention. Elle me dit d’arrêter de m’inventer des problèmes, elle me dit que tout vas bien. Elle contrôle totalement mes actions.
Je ne sais plus qui je suis. Des fois, je suis sociable, humble et drôle. Mais très souvent, j’ai l’impression que c’est pas moi qui parle, parce que ce que je dis est faux, idiot. Parfois, je suis méchante, froide, machiavélique, arrogante. Dans ces moments là, je m’horripile, mais j’ai l’impression d’être plus ou moins moi. Souvent, je suis incapable de faire des choses. Enfaite, c’est surtout quand je suis seule. Je suis plus capable de travailler, mais juste de penser. Et dans ces instants là, j’ai l’impression d’être moi?. Dans ces instants où je suis une petite fille frêle, peureuse, qui ne contrôle plus rien, qui panique totalement et qui ressasse tout ses souvenirs douloureux. Dans ces moments où je peux pleurer intérieurement, où je peux souffrir. La voix me laisse la paix parfois quand je suis comme ça.
Je crois que c’est l’adolescence, mais chez moi, c’est plus qu’une recherche d’identité. Ce que je vais écrire va immédiatement me faire culpabiliser et la voix va m’ordonner d’effacer, mais je vais comme même l’écrire parce que c’est ce qu’un moi pense. A force de créer des masques pour me protéger, à force de vouloir tout contrôler, ces masques sont devenus des voix, des « moi »Des voix intérieures qui me dictent que je dois faire. Et moi je sais plus qui je suis. Des fois je suis ainsi, des fois je suis comme ça. Ce n’est pas moi qui choisi. Et des fois, la Swan que je suis me répugne et me donne envie de vomir, mais j’arrive pas à la changer.
Une des voix me dit de tout contrôler, de ne pas choir. Je sais qu’elle est là, j’ai une trace de son existence. Un jour où j’allais vraiment mal et où j’écrivais, elle m’a dicté ce que je devais écrire et m’a persuadé que tout allait bien.

Je vie dans le déni, l’incertitude. Ce que je pense, ce que je vois, sont souvent des illusions et je ne sais plus à quoi me fier. Je cherche une explication, tandis qu’une voix me dit qu’elles sont inutiles parce que tout est normal. A pars à certains rares moments, si je parle un peu, je me bloque et la voix m’ordonne de me faire en me faisant culpabiliser. Je sais plus quoi faire. Est-ce que j’ai vraiment besoin daide ? Est-ce que la voix a raison, je m’invente juste des problèmes ? Je sais plus quoi faire, si j’écris ce message, c’est parce que je sens que ça va mal, enfin la voix dit le contraire…

Je ne sais pas si c’est un témoignage, un appel à l’aide, une question.
Je suis désolée si je vous embête, mais ayez un peu d’indulgence, ça me demande beaucoup de courage d’écrire quand une voix m’insulte et me dit que je m’invente des histoires. J’ai juste envie de pleurer, elle est là et quoi que je écrive, elle trouve quelque chose à faire remarquer.
Bon j’y suis arrivée, merci d’avoir lu ce message. Désolée pour le pavé…
Swan Éternelle
Dubreuil
Psychologue clinicien
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Re: Je culpabilise chaque fois que je parle de mes « problèmes »

Message par Dubreuil »

斯旺, vous vous débattez comme vous pouvez dans vos traumatismes de l'enfance qui n'ont pas été entendus, et n'ont pu être résolus. Vous avez toujours été seule et fait face comme vous pouviez devant les méchancetés et les injustices.
Dans " vos voix " qui sont des dialogues intérieurs qui se sont instaurés pour justement ne pas sombrer dans la dépression, dites-vous qu'il y en a une qui est celle de votre passé ancestral, la seule, l'unique, qui représente votre lumière intérieure avec laquelle aucune autre ne peut rivaliser.
Elle est votre guide intérieur qui attend que vous la sollicitiez pour qu'elle vous vienne en aide. C'est cette partie de vous qui vous a permis de surmonter vos peurs et votre désespoir, d'être courageuse et volontaire alors que vous auriez pu vous effondrer.
Elle vous a déjà parlé. Retrouvez-la, et donnez-lui un nom. Devant elle aucune autre voix ne peut prétendre rivaliser.
Elle est votre alliée et vous protège silencieusement. Parlez-lui à haute voix, la vôtre, votre vraie voix humaine, demandez-lui de faire le tri en vous. Chaque matin en vous réveillant, et chaque nuit avant de dormir, demandez-lui de veiller sur vous.
Que nous soyons croyants ou non, nous avons tous en nous une énergie universelle, ou ce que nous appelons un " ange gardien ".
Quand vous aurez dialogué avec cette "force puissante et douce " qui est en vous, nous passerons sur un autre plan. Avant toute chose, il faut vous ancrer en vous-même.
Qualifications de Dubreuil : Educatrice spécialisée - Psychomotricienne - Psychologue clinicienne - psychanalyste
Glise Annabel Hypnothérapeute humaniste -Tél : 06 61 80 53 18
https://hypnotherapeutehum.wixsite.com/website
SwanEternelle
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Re: Je culpabilise chaque fois que je parle de mes « problèmes »

Message par SwanEternelle »

Merci pour la réponse.

Je vais essayer de dialoguer avec elle, même si elle a déjà un nom. Et ce nom, c’est Swan, (ce n’est pas mon vrai prénom dans la vie réelle), parce qu’elle est comme les cygnes, on les admire au loins et si on l’attaque, elle peut faire mal.
Elle est apparue en 5e, elle souvent. Actuellement, au moment où j’écris, elle n’est pas là, alors je peux écrire sans trop de culpabilité.
Lui donner le nom d’ange gardien serait trop fort, je pense, parce que même si je sais qu'elle fait tout pour me protéger, elle me fait aussi énormément de mal. En 4e, seule année où presque personne n’a pu me blesser, c’était parce qu’elle était là et que je l’avais écouté. Au point où mon comportement avait justement trop changé. Swan n’était pas méchante, juste sans scrupules. Elle voulait que je me sente forte, belle et intelligente. Je le suis devenue, parce qu’elle me guidait. Elle était dans ma tête et me disait ce que je devais faire. Et je la suivais jusqu’au bout. Mais depuis qu’en fin d’année, une amie que je ne voyais pas souvent, m’a reproché d’avoir fait énormément mal et d’avoir infligé ce que je n’aimais pas. J’étais la méchante, la classe la victime. Cette même classe qui m’avait mis une pression de dingue, cette même classe que je détestais. Swan, qui pensait avoir fait cela pour moi, pour mon bien, est tombée de haut.
Depuis ce jour, j’ai compris que Swan a deux facettes, elle peut aussi bien me rendre horrible que m’aider.
Je vais essayer de lui parler, de m’ancrer en moi, mais j’avoue que c’est pas trop ce que j’apprécie, parce que j’ai scellé tellement de choses au fond de moi qui m’assaillent dès que je converse trop profondément avec elle, parce que c’est elle qui est la clé et le cadena. Peut-être qu’un jour, elle saura seulement protectrice, mais ce n’est pas le cas pour l’instant.
Merci de la réponse ?
Je dois faire quoi quand j’aurai réalisé cela ?

(Swan n’est pas encore là, je culpabilise pas !)
Swan Éternelle
Dubreuil
Psychologue clinicien
Messages : 17134
Inscription : 03 août 2012, 17:28

Re: Je culpabilise chaque fois que je parle de mes « problèmes »

Message par Dubreuil »

斯旺,
il faut apprendre à bien lire ce qui est écrit.
Ce n'est pas Swan, bien évidemment !
Pourquoi parler d'elle, elle ne correspond aucunement à un guide intérieur.
Peut-être ne comprenez-vous pas .

Allez voir un psychiatre, si les voix sont menaçantes, vous avez besoin d'un petit traitement. cela ressemble à des symptômes schizophréniques.
Je n'écris pas pour alimenter votre délire.
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