Je tente de me cerner moi-même

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BertheBab
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Je tente de me cerner moi-même

Message par BertheBab »

Bonjour,

avant toute chose, j'aimerais signifier que j'ai rendez-vous avec une psychologue dans les prochaines semaines.
J'ai eu deux rendez-vous avec une autre il y a quelques semaines, ça ne m'a pas convenu.
ça fait longtemps que j'aurais dû consulter, mais la vie est compliqué.
Non seulement, ça devient aujourd'hui urgent parce que je vieillis (j'ai 23 ans), que j'ai le sentiment de n'avoir plus de temps à perdre à essayer de m'en sortir seule, mais en plus aujourd'hui j'ai tous les moyens à ma disposition pour rendre une thérapie possible. Je suis disponible, à tout niveau.

J'ai eu une vie compliquée ces quatre dernières années, j'ai dû surmonter ce que j'ai ressenti comme de véritables drames et déchirures, de façon répétée, comme une interminable litanie de souffrances.
Bon, je suis toujours là. Les phases d'idées suicidaires, les moments passés sur des bords de ponts, de précipices, de fenêtres, les éraflures à coup de rasoir, n'ont pas eu raison de moi.
Les dépressions qui ont duré des mois, les black out, les échecs répétés, n'ont pas eu raison de moi.
Les gens haineux et agressifs qui ont essayé de me faire du mal, n'ont pas eu raison de moi.

Je suis toujours là, l'espoir chevillé au corps, une saine énergie, des projets et des ambitions plein la tête, un grand potentiel (je crois, parfois). J'avance dans ma vie, avec un peu de retard par rapport au reste de ma génération certes.

Sauf que, (trop) souvent encore, je suis prise d'accès de faiblesse incontrôlables. une tristesse insoluble, un désespoir profond, les idées noires, le défaitisme, la peur, l'angoisse, un sentiment atroce de honte et de culpabilité, l'impression que je suis la pire des personnes, mauvaise, insignifiante, ridicule, l'idée que je n'ai aucun avenir, que mon passé me prouve bien que je n'arriverai jamais à rien, que je serai à jamais un poids mort pour mes proches, que je ne réaliserai aucun de mes rêves, que je ne suis capable de rien. Durant ces périodes, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours (à une certaine époque, c'était des semaines voire des mois), des souvenirs me reviennent, que pourtant je m'acharne à ne pas cultiver, des souvenirs douloureux qui surgissent, des images très nettes, des sensations de manque terrible, de la rage... Je crois que cette fois ça a commencé quand j'ai lu, sur les réseaux sociaux, un grand nombre de personnes évoquer le malheur du confinement, en période de pandémie. ça m'a renvoyé à mon propre isolement. Je suis sociophobe depuis dix ans. Je réapprends tout juste (depuis trois mois) à sortir de chez moi pour faire mes courses, me promener, après 9 mois enfermée entre quatre murs. Je n'ai plus aucun ami, l'isolement, le confinement je connais. Je ne vais pas retrouver une vie de joies et d'interactions sociales après le confinement, car la pandémie n'a vraiment pas bouleversé mon quotidien. Je trouve ça difficile à encaisser. De savoir que les gens ont beaucoup perdu à cause du confinement, qu'ils sont tristes de ne plus pouvoir voir leurs amis, et qu'ils vont bientôt les retrouver.
Cette seule pensée à suffi à m'entrainer loin, de plus en plus loin dans l'obscurité de mon esprit. J'ai sombré pendant dix jours.
Ce matin je me suis réveillée en forme, ça fait deux-trois jours que j'y travaille. Analyse, méditation, occupations de toute sorte, divertissement sensé me faire arrêter de penser.... c'est ma technique pour refaire surface.

Entre temps, malheureusement, j'ai pris du retard. J'ai pris du retard sur mes études (que j'effectue à distance, incapable de retourner dans une école physique).

J'aimerais vraiment savoir si je suis malade, ou si c'est dans mes gènes, si je souffre de quelque chose qui n'est pas de mon ressort, que j'ignore. Ou si je suis seulement faible, fainéante. J'aimerais comprendre pourquoi je ne parviens pas à prévenir puis surmonter rapidement ces pics de tristesse, et savoir pourquoi ils continuent de surgir, régulièrement, en faisant tant de dégâts.

J'aimerais avoir un diagnostic. J'espère que la psychologue que je vais rencontrer m'apportera des réponses.
J'ai assez vu de mauvais "thérapeutes".

Merci d'avoir pris le temps de me lire,

Berthe
Tristana—
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par Tristana— »

J’ai tout lu ;)
Vous ne parlez pas des raisons de votre mal être.
Cela m’aurait aidé à comprendre.

Concernant les psychologues (à moins que ce soit d’un autre thérapeute dont il s’agit) vous avez pris une bonne initiative.

Je suis aussi tombée sur pléthore de mauvais (erreur de diagnostic, pas d’écoute) thérapeutes.

Les bons psychologues doivent pouvoir se trouver. Je vous déconseille un psychiatre.

Vous qui essayez de « vous cerner », comment vous diagnostiqueriez-vous ?
BertheBab
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par BertheBab »

Bonjour Tristana ! Merci d'avoir pris le temps de me répondre.

Il me semble que ça prendrait des heures de lister les évènements plus ou moins traumatisants que j'ai vécu ces dernières années. Même si je voulais éviter d'entrer dans le détail, ce serait long.

J'ai par contre évoqué mes problèmes majeurs : sévère phobie sociale depuis dix ans, dépressions

A l'heure actuelle, après des années d'auto-analyse, de remise en question permanente, après avoir tenté toutes les stratégies diverses et variées pour me connaître, me comprendre, me contrôler, j'ai passé l'étape de demander un peu d'aide.
Il ne s'agit plus pour moi de m'auto-diagnostiquer. Je suis consciente d'absolument tout ce que je suis, dans tout ce que ça a de paradoxal, contradictoire, complexe, subtil etc... Je suis très lucide, j'ai tout sous les yeux. J'avance. Je ne dois tout ça qu'à mon propre travail, je n'ai reçu l'aide de personne. Il y a un an j'ai voulu me lancer dans les thérapies, j'ai vu un psychiatre d'hôpital qui ne m'écoutait pas, ne se souvenait pas de ce que j'avais dit au rendez-vous précédent, s'acharnait à vouloir "traiter" un sujet unique (la phobie) au détriment du reste. j'y suis allée trois fois puis plus jamais.
J'ai vu une "hypnotiseuse" avec qui il était agréable de parler, qui m'a fait du bien mais qui un jour a estimé que j'étais "guérie". C'était ridicule, mais ça tombait bien, j'avais fait le tour de ce qu'elle pouvait m'apporter et j'avais trop rapidement cerné les failles de sa personnalité.
Dernièrement j'ai vu une psychologue. Elle m'a demandé de raconter ma vie. Elle ne prenait pas de notes, comment aurait-elle pu se souvenir de quoi que ce soit ? J'étais dubitative mais j'y suis retournée une seconde fois. Elle a voulu m'expédier au bout de 40 minutes, je lui demandé si elle avait déjà pu établir une sorte de protocole (vu que je l'ai contactée pour soigner la phobie sociale), elle m'a répondu que "libérer ma parole" suffirait à régler mes problèmes, puis s'est paraphrasée pendant 5 minutes. J'ai compris qu'elle ne pouvait rien pour moi.
J'ai pris rendez-vous avec une autre psychologue mais le RDV a dû être déplacé à cause du confinement.

Ce dont j'ai besoin c'est d'un diagnostic professionnel, pour savoir si oui ou non je souffre de pathologies, troubles ou condition médicalement identifiables. J'ai besoin de soins, de traitement, d'une vraie stratégie de guérison.
Il ne s'agit plus pour moi de déterrer mon "complexe d'infériorité causé par l'absence de ma mère" et autres niaiseries superficielles.
J'ai subi des traumatismes à répétition, des évènements difficiles, je suis sociophobe et j'aimerais comprendre la nature de ma dépression. Est-ce bien une dépression ? Une dépression chronique ? Un trouble bipolaire ? Suis-je autiste ? "neuro-atypique" ? Est-ce une fatalité héréditaire ? Ma personnalité ? Suis-je malade, ou suis-je "comme ça" ?

J'ai un besoin viscéral de comprendre.

En attendant de voir la psychologue, avec qui j'espère de tout coeur commencer une véritable et impliquée thérapie, j'aurais aimé trouver quelques débuts de réponse ici.
Tristana—
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par Tristana— »

Vous vous exprimez très bien ;)

Vous estimeriez avoir besoin de médicaments ?
Si oui lesquels ?
Dubreuil
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par Dubreuil »

Dernièrement j'ai vu une psychologue. Elle m'a demandé de raconter ma vie.
*** Ce n'est pas ainsi que ce présente une thérapie. On ne raconte pas sa vie sur commande… on parle de ce que l'on veut, sans avoir besoin d'éclairer le psy sur son passé ou son avenir…


Ce dont j'ai besoin c'est d'un diagnostic professionnel, pour savoir si oui ou non je souffre de pathologies, troubles ou condition médicalement identifiables. J'ai besoin de soins, de traitement, d'une vraie stratégie de guérison.
*** Là encore, ce n'est pas le travail d'un psy, mais d'un médecin psychiatre. Il faut donc bien définir qui sera votre interlocuteur.
Il n'y a que vous qui sachiez ce dont vous avez besoin. Vous venez voir un psy non pas avec des questions, mais déjà une réponse ( votre mal-être ) le travail sera donc de retrouver " les bonnes questions ", celles qui ont mal été posées et occasionnent votre souffrance morale.


Il ne s'agit plus pour moi de déterrer mon "complexe d'infériorité causé par l'absence de ma mère" et autres niaiseries superficielles.
*** Vous appelez cela " des niaiseries ", alors que se pourrait bien être une perte identitaire importante…

J'ai subi des traumatismes à répétition, des évènements difficiles, je suis sociophobe et j'aimerais comprendre la nature de ma dépression.
*** On ne va pas acheter du pain chez un coiffeur, commencez par accepter que le thérapeute… c'est vous !

Est-ce bien une dépression ? Une dépression chronique ? Un trouble bipolaire ? Suis-je autiste ? "neuro-atypique" ? Est-ce une fatalité héréditaire ? Ma personnalité ? Suis-je malade, ou suis-je "comme ça" ?
*** voici VOS REPONSES, et pour comprendre, il faut repartir dans vos souvenirs, et surtout VOUS ECOUTER PARLER A HAUTE VOIX, face à un tiers qui n'est pas intéressé par un nom à mettre sur vos symptômes, mais à prêt à vous accompagner dans vos propres questionnements existentiels.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pas de consultation via internet, ni d'appel téléphonique, ni de mail. Merci de votre compréhension.
BertheBab
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par BertheBab »

Je dois avouer que je suis plutôt déçue des réponses qui m'ont été apportées.

Il ne me semble pas que je sois ma thérapeute et il me semble que j'ai effectivement besoin d'un diagnostic médical, scientifique et d'un protocole de soins adapté à mes troubles.

Ceux qui m'ont répondu, ont-ils vraiment lu ce que j'ai écrit ? On me pose des questions auxquelles j'ai déjà répondu, on persiste à me dire qu'il me faut "parler à voix haute" et "trouver mes propres réponses", or j'ai bien répété qu'en quatre ans de solitude méditative, j'ai eu bien le temps de faire le tour de mes questionnements introspectifs, existentiels etc....

L'exemple en référence à la mère absente était une invention, un sarcasme renvoyant aux clichés des troubles psychologiques. J'ai eu le temps de vivre d'autres traumatismes bien plus signifiants et se contenter d'en parler ne va certainement pas m'aider à avancer. La phobie sociale se guérit, à ce que j'ai pu lire ou entendre, grâce à des thérapies spécifiques. On m'avait aussi suggéré de réaliser un panel de test en vue de comprendre mon fonctionnement propre, et ainsi d'adapter la thérapie audit fonctionnement cérébral.
On avait également voulu me prescrire des médicaments pour aider à calmer les attaques de panique liées à la phobie sociale.

ça, c'est ce que j'appelle un protocole de soins. J'imagine qu'il en existe bien d'autre. Mais qu'on ne me sorte pas, au stade où j'en suis (c'est à dire d'un haut degré de conscience de soi) que ma seule alternative c'est la parole à voix haute !


J'avais une seule question, adressée à un.e professionnel.le : quelle est la nature de ma dépression, s'il s'agit bien d'une dépression ?


je ne pense pas que ce soit là une question sujette à un débat d'opinion, un questionnement existentiel ou bien à mon "impression profonde", non c'est une question qui n'a qu'une réponse, factuelle, scientifique.

Si tous les psychologues se font payer grassement pour écouter des gens parler sans rien leur apporter d'autre, merci bien, je ferais aussi bien de m'offrir des services plus agréables, quitte à payer pour de l'attention...

La seule chose qui aura été utile c'est le conseil de se tourner vers un psychiatre, peut-être qu'effectivement c'est ce vers quoi je vais m'orienter.
Oh, il y a les bouquins de développement personnel, si j'ai envie de lire d'autres banalités je me tournerai plutôt vers eux, ça me coutera moins cher.


Là où je suis "rassurée" en revanche, c'est en me disant que la dernière "psychologue" que j'ai vue, finalement devait être pile dans la règle de ce à quoi on peut s'attendre en s'adressant à ce type de "thérapeutes".
Dubreuil
Psychologue clinicien
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par Dubreuil »

[quote="BertheBab"]Je dois avouer que je suis plutôt déçue des réponses qui m'ont été apportées.
*** C'est qui est dérangeant qui fait réfléchir, donc évoluer..

Il ne me semble pas que je sois ma thérapeute et il me semble que j'ai effectivement besoin d'un diagnostic médical, scientifique et d'un protocole de soins adapté à mes troubles.
*** Pourtant, vous seule avez en vous la raison de votre mal-être, le psy ne fait que vous aider à le mettre en lumière, et vous accompagner pour y trouver " VOS REPONSES " personnelles, adaptées à votre personnalité.

or j'ai bien répété qu'en quatre ans de solitude méditative, j'ai eu bien le temps de faire le tour de mes questionnements introspectifs, existentiels etc....
*** La méditation est silencieuse, et c'est de " l'autre " dont vous avez besoin, pour ne plus resasser.

L'exemple en référence à la mère absente était une invention, un sarcasme renvoyant aux clichés des troubles psychologiques. J'ai eu le temps de vivre d'autres traumatismes bien plus signifiants et se contenter d'en parler ne va certainement pas m'aider à avancer.
*** Quel dommage d'avoir si peur de vous trouver.

La phobie sociale se guérit, à ce que j'ai pu lire ou entendre, grâce à des thérapies spécifiques. On m'avait aussi suggéré de réaliser un panel de test en vue de comprendre mon fonctionnement propre, et ainsi d'adapter la thérapie audit fonctionnement cérébral.
On avait également voulu me prescrire des médicaments pour aider à calmer les attaques de panique liées à la phobie sociale.
*** Certes, et après ? Est-ce que faire un inventaire est la solution aux manques, aux vols, aux besoins ?

ça, c'est ce que j'appelle un protocole de soins. J'imagine qu'il en existe bien d'autre. Mais qu'on ne me sorte pas, au stade où j'en suis (c'est à dire d'un haut degré de conscience de soi) que ma seule alternative c'est la parole à voix haute !
*** C'est un professionnel qui prend le temps de vous répondre, donc considérez que sa réponse n'est pas anodine.
Faites un essai, ECOUTEZ-VOUS !

b]J'avais une seule question, adressée à un.e professionnel.le : quelle est la nature de ma dépression, s'il s'agit bien d'une dépression ?[/b]
*** La nature, il l'ignore, il n'est pas vous !
Et qu'allez-vous faire si vous mettez le mot " dépression " sur vos symptômes ?

je ne pense pas que ce soit là une question sujette à un débat d'opinion, un questionnement existentiel ou bien à mon "impression profonde", non c'est une question qui n'a qu'une réponse, factuelle, scientifique.
*** C'est bien de cette rigidité intellectuelle que vient l'enkystement de votre douleur morale. Descendez de votre piédestal, soyez plus " humble ", ouvrez-vous à la parole de l'autre...

Si tous les psychologues se font payer grassement pour écouter des gens parler sans rien leur apporter d'autre, merci bien, je ferais aussi bien de m'offrir des services plus agréables, quitte à payer pour de l'attention…
*** Vous ne me réglez rien, puisque je prends gracieusement de mon temps pour me faire insulter.

La seule chose qui aura été utile c'est le conseil de se tourner vers un psychiatre, peut-être qu'effectivement c'est ce vers quoi je vais m'orienter.
Oh, il y a les bouquins de développement personnel, si j'ai envie de lire d'autres banalités je me tournerai plutôt vers eux, ça me coutera moins cher.
*** C'est sûr, être prise en charge financièrement par la sécurité sociale, est dans le même cursus que celui de ne pas vouloir ( pouvoir ) se remettre en question personnellement.

Là où je suis "rassurée" en revanche, c'est en me disant que la dernière "psychologue" que j'ai vue, finalement devait être pile dans la règle de ce à quoi on peut s'attendre en s'adressant à ce type de "thérapeutes".
*** Hum, je ne comprends pas cette réflexion, mais elle laisse présager qu'elle a peut-être répondu comme vous le souhaitiez. Et ce n'est pas cela qui vous aidera à évoluer.

PS. Vous pouvez toujours m'écrire les réponses que vous souhaitez, je vous les recopierai, et ainsi vous serez apaisée… et toujours en statu-quo !

R E F L E C H I S S E Z...
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
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*** Pas de consultation via internet, ni d'appel téléphonique, ni de mail. Merci de votre compréhension.
Dubreuil
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par Dubreuil »

POURQUOI ENTREPRENDRE UNE THERAPIE ?
La première raison qui me vient à l'esprit dans le fait d'entreprendre une thérapie quand on se sent " perturbée ", ( mais aussi quand on se sent bien, alors que l'on veut devenir un Professionnel de la Psychologie ), est d'ordre vital. Il parait évident à chacun de boire et de manger pour se maintenir en vie. Il me parait évident à moi de m'occuper de mon bon fonctionnement mental pour maintenir en vie " ma vie psychique " et mon équilibre psychologique.
L'esprit et le corps font un tout qui définit la personnalité de chacun. Avant même que de désirer aider les autres, il me semble essentiel de s'occuper de soi pour en avoir la force, les potentialités et les moyens adéquats.
Dès l'enfance nous étudions des matières propres à nous faire découvrir le monde où nous vivons, la terre, les animaux, le fonctionnement de notre corps, celui des animaux, des végétaux, etc.. quoi de plus naturel que d'étendre notre connaissance à ce qui se passe dans notre esprit, à comprendre les mécanismes de nos pensées, de nos rêves ?
Avant toute nécessité d'oeuvre charistique ( ou non ) l'étude de notre psychisme et l'utilisation des moyens proposés pour l'appréhender relève d'une curiosité naturelle et légitime.
Le " moi-je " en tant qu'individualité doit être appréhendé par son propriétaire, connu, accepté, habité le plus pleinement possible, compris enfin, pour devenir réceptif à l'autre, sensible à un dialogue tendant le plus possible vers une authenticité permettant alors, et seulement, une véritable écoute, un véritable échange, une aide, si telle se présente la demande de l'interlocuteur.
Aider. La notion d'aide est très complexe. Aider pourquoi ? Aider comment ? Aider pour qui ?
Dans son livre " la technique psychanalytique " Freud conseille :
- " une analyse didactique à tout futur analyste ( psychologue ) afin d'apprendre à connaître ce qui est en lui et acquérir ainsi des " impressions, et des convictions, qu'aucun ouvrage, aucune conférence n'eussent été capables de lui donner. "
Il dit également que :
- " toute personne sachant apprécier le prix de la connaissance et de de la domination de soi ainsi acquises, continue ensuite à s'analyser et reconnait de bon gré qu'elle ne cesse jamais de découvrir en elle-même, comme en autrui, des éléments nouveaux.
Au contraire, le psychologue qui aura négligé de se faire psychanalyser en sera puni, non seulement par son incapacité à dépasser un certain niveau de connaissance en analysant ses patients, mais par le risque encore plus grave de nuire à autrui. Car il cèdera facilement à la tentation d'attribuer à ses propres particularités qu'il perçoit obscurément, une valeur scientifique générale, jetant ainsi le discrédit sur la psychanalyse et induisant ainsi les patients en erreur."

Du côté du psychologue clinicien ( et non du médecin-psychiatre )
Aider donc. Mais en définissant d'abord quelle aide demande la personne. Si elle a effectivement besoin de cette aide. Ne pas induire, parler ou projeter chez elle notre propre désir de secourir, notre propre besoin d'être secouru, aidé, compris.
On ne se sert pas de l'autre pour se guérir. Pour faire l'économie de notre propre thérapie.
Face au patient, notre propre analyse, quand elle est menée au terme de ce qui a été défini à son commencement, nous éloigne de la projection ou de nos situations conflictuelles non résolues. Elle nous apprend à faire la part du réel, de l'imaginaire, du fantasmatique, et la part qui est à " l'autre " qui ne nous appartient pas.
Aider comment ?
Par l'apprentissage de notre propre expérience en thérapie dans ce qu'elle comporte parfois de déprimant, d'exaltant, de culpabilisant, puis de pardonnant, de mortifère, de vivifiant..
C'est la compréhension de notre vécu, son acceptation, sa résolution, qui va nous permettre d'aborder celui de l'autre.
Ne plus se définir comme interlocuteur souffrant à sa place ou soucieux de lui donner des conseils, va lui restituer sa parole. Sa vraie parole, elle qui le rendait " malade " faute de ne pouvoir s'exprimer dans un lieu neutre et bienveillant.
Il pourra parler en son propre nom, se définir sans crainte d'être mêlé à des peurs ou des élans projetifs qui ne le concernent pas. Il fera sa propre guérison avec ses propres moyens, ses propres projections, son propre transfert.
Le Psy restant simplement un repère, un guide, un " recentrage."
Et si le psy n'a pas été aidé lui-même, s'il n'a pas fait sa propre thérapie auparavant, cette fonction sera impossible.
C'est également tout au long de notre propre analyse que nous prenons conscience de ce qui la constitue. D'une part dans ce " nous même " que nous lui apportons, mais aussi dans la technique du travail de l'analyste.
Au delà de sa remise en cause, le patient découvre une trame, un travail, une " connaissance " de la part de son analyste. Il perçoit peu à peu ses règles, ses impératifs, ses aspirations, ses buts. Qui sont ensuite dissociés de lui et deviennent structures de " sa " propre cure analytique.
C'est à cela, à ses connaissances psychologiques passant tout autant par la théorie que la pratique, au vécu de sa propre analyse, de ses propres " résistances ", de ses propres victoires, qu'un être peut prétendre en aider en autre dans sa mesure, sa dimension, dans son originalité, son unicité.
Aider pour qui ?
Parlant bien sûr en mon nom, je dirai que tout être qui s'interroge sur son existence, ses comportements, sa façon d'être avec lui-même et les autres, est déjà en thérapie. Son questionnement le place déjà " en auto-thérapie ".
Aller ensuite plus profondément en soi avec l'aide de techniques analytiques selon ses aspirations, ses goûts et ses besoins, démontre alors le respect que l'on se porte à soi-même. Et par truchement le respect que l'on porte à l'autre, le souci de vouloir véritablement sa propre harmonie, ainsi que l'authenticité des rapports que l'ont désire instaurer avec ceux que nous rencontrons.
Faire une thérapie, c'est d'abord s'occuper de soi, c'est nous aider en priorité, pour ensuite aider les autres pour eux-mêmes. C'est découvrir que nous sommes uniques et cependant multiples, partie intégrante de l'univers.
Pour ma part, souhaiter devenir " entier ", cohérent, conscient entre nos pensées et nos actes, c'est prendre soin de nous, de notre équilibre, et par extension, de celui de tous les autres hommes.
S'occuper de soi pour s'occuper ensuite de l'autre, c'est également s'occuper du devenir de l'humanité.
Aider l'autre, pour l'autre, sans projections, en ayant fait sa propre psychanalyse, l'aider dans ses besoins de réassurance, ou dans le marasme d'une dépression, l'enchevêtrement d'un état pathologique, c'est bien sûr savoir que nous sommes " vivant " et utile, mais surtout se sentir lié à une humanité qui avance et dont chaque membre est indispensable.
Parce qu'au delà de ce que nous sommes, de ce qui se dit, ne se dit pas, se fait ou ne se fait pas, existe une conscience universelle, un devenir qui nous dépasse, mais dont nous avons chacun en nous le début et l'aboutissement.
Et la responsabilité de mettre au monde, si nous en avons pris connaissance
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Dubreuil
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par Dubreuil »

J'AI PEUR D'ALLER ENCORE PLUS MAL SI JE VOIS UN PSY
Se sentir délogé de soi-même par un(e) inconnu(e) qui ne parle pas " notre langue ", se retrouver décalé(e) dans ses propres certitudes ou croyances, peut nous sembler en effet insupportable.
On a peur d'aller jusqu'à la sensation de chaos, de perdre les repères que l'on s'était construits pour survivre à notre douleur morale.
La " résistance " mise en opposition au travail thérapeutique est une façon désespérée de repousser le spectre de la perte de notre identité, la terreur que nos propres remparts bétonnés sur un sol mouvant, ne se dérobent sous nos pieds, et que plus rien ne soit là pour nous préserver de ce que nous appelons trop vite, et bien à tort, " la folie " !
Pourtant, est fou celui qui ne sait pas qu'il est fou, qui croit que ce sont les autres qui le sont.
Ainsi donc, si nous pouvons parler du pire, n'est-ce pas parce qu'il est derrière nous, et que le meilleur serait à venir ?[/quote]
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Dubreuil
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Re: Je tente de me cerner moi-même

Message par Dubreuil »

QUAND ON EST PAS D'ACCORD AVEC CE QU'A ECRIT LE PSY ?

- Savoir que si ce qu'a écrit le psy vous interpelle c'est que vous l'avez pris pour vous, sur un point ou un autre.Il vous a nécessairement touché là où vous aviez quelque chose à régler avec vous-même ou quelqu'un d'autre. Sinon cela serait resté dans l'état.
- Savoir que les mots d'un professionnel sont ceux d'une expérience clinique, et s'ils vous paraissent insupportables pour l'autre, c'est vous qui devez alors vous demander où cela vous fait mal. Vous ne pouvez parler que de vous, qu'en votre nom, puisque c'est de vous dont viennent vos émotions.
- Savoir que les propos et termes choisis par le psy sont issus d'une expérience clinique, et que si le " raccourci " est trop abrupte, il vous appartient de demander la signification d'un mot, ou le sens général de la phrase en question.
- Savoir que la plupart du temps, les psys ont poursuivi d'autres études après leur diplôme basique de fac. Ils ont souvent des spécialisations, des qualifications autres. Quand ils parlent de techniques, c'est qu'ils les ont la plupart du temps expérimentées sur eux-mêmes.
- Savoir que vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord avec ce qui se dit, mais que la langue française possède des milliers de mots pour rester poli et courtois.
- Savoir que parce que vous pensez que l'autre a tort, vous n'avez pas nécessairement raison.
- Savoir que les mots " psys " écrits par un psy ne correspondent pas toujours à ce que l'on a l'habitude de lire, ou d'interpréter. D'où la nécessité de ne pas hésiter à demander au professionnel ce qu'il a voulu dire.
- Savoir qu'il faut laisser à la personne à laquelle vous donnez votre point de vue, ( et surtout pas votre conseil ! ) la possibilité de réfléchir à sa propre réponse. Sinon, si vous écrivez à sa place, vous lui créez une dette symbolique, vous l'infantilisez en quelque sorte, lui faisant valoir qu'il, ou elle, n'est pas en capacité de trouver tout(e) seul(e) ses propres arguments.
- Savoir que sa façon de s'exprimer, de riposter va lui permettre d'extérioriser des émotions enfouies qu'elle seule est en capacité de connaître et ressentir. Ecrire en son nom c'est en quelque sorte lui " ôter " sa parole.
- Savoir que ce n'est pas en quelques lignes qu'un psy peut accompagner un questionnement. Vous ne pouvez non plus, lui donner en quelques phrases toutes les émotions et les explications nécessaires à son entendement. Donc soyez compréhensif. Et si sa réponse ne vous semble pas adaptée, Il suffit de mieux vous exposer, et il réorientera ses propositions.
- Savoir que quand un psy répond il ne donne pas des ordres. Il propose une, ou des solutions. Vous avez toute latitude de prendre ce qu'il vous convient dans ses réponses.
- Savoir qu'un psy est en capacité de vraiment tout lire. Rien ne le blesse venant de son patient. Il sait qu'il n'est pas concerné. Il est le " révélateur " d'une souffrance qui s'exprime parfois contre lui mais dont il n'est pas l'artisan ( cela s'appelle le transfert )
- Savoir que l'expérience de l'analyse permet à un psy de vraiment se différencier professionnellement de son interlocuteur. Il a appris à rester neutre et ne pas se sentir " entamé " par la souffrance de l'autre.
- Savoir que le psy n'est en aucun cas un sorcier ou un devin. Il ne sait de vous que ce que vous allez lui dire. C'est à partir de ce que vous lui direz que ses connaissances et son expérience clinique lui permettront de vous donner un éclairage différent sur vos problèmes. Des propositions d'interprétation différentes de celles que vous aviez jusque là l'habitude d'entendre, ou d'élaborer.
- Savoir qu'un psy reçoit autant de ses patients que ce qu'il leur donne. La façon dont réagit un patient peut lui permettre de se remettre en question, tout autant que d'aborder un autre patient d'une façon différente.
- Savoir qu'un psy a un superviseur qu'il va voir régulièrement pour parler de sa pratique, et justement ne pas " rentrer " dans l'histoire de l'autre. Ce qui ne lui permettrait plus de l'accompagner dans la prise de conscience de son propre désir d'évolution.
- Savoir que dans un forum le " psy " reste un professionnel quand il intervient dans un post, il est en son lieu et place, et doit être respecté en tant que tel.
- Savoir qu'il est évident et logique que le psy supervise les écrits des internautes, et qu'il efface tout écrit glorifiant des comportements ou des pensées contraires au respect des valeurs de la morale, et de la psychologie.
- Et le plus important, savoir qu'il n'intervient pas sur ce forum pour se faire dénigrer ou insulter,... sans être payé !
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pas de consultation via internet, ni d'appel téléphonique, ni de mail. Merci de votre compréhension.
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