Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

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MYTHES AU SUJET DES AGRESSIONS SEXUELLES
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Le mythe: Les violeurs agissent par frustration sexuelle.
Le mythe: Le viol, ça n’arrive pas souvent.
Le mythe: Les violeurs sont des individus affreux et bizarres qui vous sautent soudainement dessus.
Le mythe: Le viol peut être empêché en évitant certains endroits et en usant de bon sens.
Le mythe: Le viol au sein d’un mariage ou d’une relation est impossible.
Le mythe: Les hommes ne peuvent pas être violés.
Le mythe: La victime était sous l’influence de l’alcool ou de la drogue et n’a pas dit ‘non’. Ce n’était donc pas un viol.
Le mythe: La victime a la réputation de mener une vie dissolue, flirtait, portait des vêtements provocants, bref : elle l’a ‘cherché’
Le mythe: Seule une ‘certaine catégorie’ de femmes se fait violer. Ça ne m’arrivera jamais.
Le mythe: Le viol n’a pas de conséquences permanentes.
Le mythe: S’il n’y a pas eu de violence ou si la victime ne se défend pas, il n’est pas question de viol.
Le mythe: Si la victime est excitée sexuellement ou a eu un orgasme durant le viol, cela signifie qu’elle a ressenti du plaisir.
Le mythe: Seules les jolies jeunes filles se font violer.
Le mythe: Si les victimes se détendaient durant un viol, elles pourraient en profiter. Parce que sournoisement ou inconsciemment, les victimes apprécient le viol.
Le mythe: Les femmes fantasment sur le viol.
Le mythe: Une victime ferait mieux de ne pas continuer à se faire du mauvais sang au sujet du viol. Elle ferait mieux de l’oublier.
Le mythe: Les violeurs sont des ‘types louches’.
Le mythe: Le viol est un délit passionnel.
Le mythe: Les prostituées ne peuvent pas être violées.
Le mythe:
LES VIOLEURS AGISSENT PAR FRUSTRATION SEXUELLE.
La réalité: Il existe un mythe selon lequel les violeurs seraient des personnes frustrées sur le plan sexuel qui ne sont plus capables de refouler un besoin irrépressible de sexe, mais ce n’est jamais ou rarement le cas. Le sexe peut être l’un des mobiles du violeur, mais la frustration sexuelle n’est généralement pas la cause unique ou principale. Une grande partie des viols commis sont des viols de colère, où la violence sexuelle est une expression/instrument de colère, un acte impulsif, où le violeur outrepasse gravement les limites de la victime, sans que cela découle d’une frustration ou d’un manque de sexe.
Le mythe:
LE VIOL, ÇA N’ARRIVE PAS SOUVENT.
La réalité: Malheureusement, les agressions sexuelles arrivent très souvent, et dans toutes les classes de la population. Le risque que quelqu’un de votre famille ou de vos ami-e-s ait été victime d’une agression sexuelle est très élevé. Les chiffres officiels relatifs aux viols dans notre pays sont extrêmement élevés. En 2014, les statistiques de la police affichaient 3062 plaintes concernant des viols et 180 concernant des viols collectifs. Cela signifie qu’il y a 3 déclarations de viols collectifs par semaine dans notre pays, et chaque jour 8 plaintes pour viol et 10 pour attentat à la pudeur (3.567 en 2014). Le chiffre noir ou dark number est encore plus surprenant : plus de 90 % des agressions et des viols ne sont pas déclarés et par conséquent pas repris dans les statistiques de la police.
Le mythe:
LES VIOLEURS SONT DES INDIVIDUS AFFREUX ET BIZARRES QUI VOUS SAUTENT SOUDAINEMENT DESSUS.
La réalité: Trois auteurs d’abus sexuel vis-à-vis d’adultes sur quatre connaissent leurs victimes. C’est également le cas pour 62 % des victimes masculines. En ce qui concerne les femmes, l’agresseur est dans 48 % des cas le partenaire, dans 10 % des cas un membre de la famille, dans 13 % des cas une connaissance et dans 7 % des cas une personne faisant partie de l’entourage professionnel. Quant aux agressions sexuelles envers un-e mineur-e, la plupart du temps, l’agresseur est un membre masculin de la famille ou une connaissance. Seuls 15 % des auteurs d’abus sexuel envers des mineur-e-s sont des inconnus.
Le mythe:
LE VIOL PEUT ÊTRE EMPÊCHÉ EN ÉVITANT CERTAINS ENDROITS ET EN USANT DE BON SENS.
La réalité: Les personnes ne sont pas violées ou agressées parce qu’elles ne font pas preuve de ‘bon sens’. C’est le mythe populaire que l’on entend parfois. Ce mythe est toutefois totalement absurde. Les personnes sont violées ou agressées parce qu’elles ont eu la malchance de rencontrer un violeur ou un agresseur. Il est donc très important de dissiper ce mythe, parce que cela pourrait entraîner une limitation de la liberté de mouvement : par exemple, il n’est pas vrai que l’on provoque une agression sexuelle si on se trouve à l’extérieur à une heure tardive. La responsabilité incombe toujours entièrement à l’agresseur et jamais à la victime.
Le mythe:
LE VIOL AU SEIN D’UN MARIAGE OU D’UNE RELATION EST IMPOSSIBLE.
La réalité: Lorsqu’il est question de pénétration non consentante, il s’agit d’un viol, et ce également au sein d’un mariage ou d’une relation. On a toujours et partout le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles.
Le mythe:
LES HOMMES NE PEUVENT PAS ÊTRE VIOLÉS.
La réalité: Un homme ou un garçon peut également être violé. Les règles sont les mêmes que chez les femmes : il y a viol s’il y a une pénétration forcée. Tout comme une femme, un homme/un garçon peut également être victime d’un attentat à la pudeur.
Le mythe:
LA VICTIME ÉTAIT SOUS L’INFLUENCE DE L’ALCOOL OU DE LA DROGUE ET N’A PAS DIT ‘NON’. CE N’ÉTAIT DONC PAS UN VIOL.
La réalité: Le fait que la victime avait bu de l’alcool ou était sous l’effet de la drogue n’a aucune importance. Il suffit que l’agresseur n’ait pas eu de consentement pour qu’il soit question de viol. Les actes sexuels, même s’ils ont lieu pendant que la victime n’était pas ou peu consciente, sont punissables.
Le mythe:
LA VICTIME A LA RÉPUTATION DE MENER UNE VIE DISSOLUE, FLIRTAIT, PORTAIT DES VÊTEMENTS PROVOCANTS, BREF : ELLE L’A ‘CHERCHÉ’
La réalité: Le soi-disant fait de provoquer la violence sexuelle n’existe pas. Personne ne ‘mérite’ d’être violé. De plus, les violeurs ne choisissent pas leurs victimes sur base de leur physique, ils cherchent quelqu’un de vulnérable.
En tant que femme, vous pouvez vous habiller de manière provocante et vous pouvez flirter. Retenez qu’un homme sain peut être tout au plus excité mais ne commettra pas de viol. Le viol n’a rien à voir avec la passion (voir l’avant dernier mythe) et l’auteur est le seul coupable.
Le mythe:
SEULE UNE ‘CERTAINE CATÉGORIE’ DE FEMMES SE FAIT VIOLER. ÇA NE M’ARRIVERA JAMAIS.
La réalité: Les violeurs ne choisissent pas leurs victimes sur base de leur physique, de leurs vêtements, de leur âge ou de leur statut social. Un violeur cherche une personne dont il présume qu’il pourra abuser.
Le mythe:
LE VIOL N’A PAS DE CONSÉQUENCES PERMANENTES.
La réalité: Dans deux tiers des cas, les agressions sexuelles ont un impact permanent sur la santé (mentale) des victimes. Des experts considèrent les conséquences du viol comme un trouble de stress post-traumatique, tout comme c’est le cas pour les témoins d’une guerre. Un trouble peut surgir immédiatement après le viol, mais peut aussi s’extérioriser plusieurs d’années après les faits. C’est souvent le cas pour des personnes qui ont été victimes d’agressions sexuelles pendant leur jeunesse. Les symptômes sont souvent très divers : irritabilité, crises de colère, troubles du sommeil, troubles de la concentration, vigilance démesurée, vives réactions d’angoisse, réactions physiques et mentales dans des situations similaires, revivre les faits, dissociation, cauchemars, éviter certaines situations ou activités, amnésie, problèmes pour exprimer ses sentiments, sentiment de désaffection, accoutumance à la drogue ou à l’alcool, etc.
Le mythe:
S’IL N’Y A PAS EU DE VIOLENCE OU SI LA VICTIME NE SE DÉFEND PAS, IL N’EST PAS QUESTION DE VIOL.
La réalité: Un viol ou une agression est un événement violent très angoissant. Il est impossible de savoir comment on réagira au moment-même. Il n’existe donc pas de réaction ‘correcte’ ou ‘incorrecte’. De plus, la plupart du temps, les victimes ne se défendent pas, afin de limiter au maximum la violence utilisée contre elles. Durant l’agression, la victime peut ressentir une telle angoisse que le corps se fige. S’opposer ou dire ‘non’ devient alors impossible. C’est ce que l’on appelle tonic immobility ou paralysie. Il s’agit d’une réaction naturelle et involontaire du corps lors de situations de stress extrême. Cela ne signifie pas que l’agresseur est innocent. Tant qu’une personne ne consent pas clairement à avoir une relation sexuelle, il s’agit d’un viol.
Le mythe:
SI LA VICTIME EST EXCITÉE SEXUELLEMENT OU A EU UN ORGASME DURANT LE VIOL, CELA SIGNIFIE QU’ELLE A RESSENTI DU PLAISIR.
La réalité: Certaines victimes ont une érection ou un orgasme durant une agression sexuelle, ce qui peut être troublant, et donner l’impression que c’était agréable . La plupart des personnes ne savent pas qu’une érection/un orgasme peut survenir durant un stress extrême. Il n’est donc pas question d’excitation sexuelle. Les filles et les femmes ont le vagin mouillé durant les activités sexuelles, cela peut également être le cas durant un viol. Il s’agit d’une réaction naturelle pour protéger le vagin contre les blessures ; elle peut donc aussi se produire lorsque l’activité sexuelle n’est pas désirée. Que la victime ait le vagin mouillé ne signifie nullement qu’elle soit consentante ou qu’elle en ait envie.
Le mythe:
SEULES LES JOLIES JEUNES FILLES SE FONT VIOLER.
La réalité: Des femmes de tout âge sont violées. Beaucoup de femmes estiment qu’elles ne seront jamais violées, parce qu’elles n’appartiennent pas à une certaine catégorie de femmes. Les chiffres contestent cette croyance. Les statistiques comptent des femmes et des filles de tout âge, de toute classe sociale, de toute culture et de toute race. Le fait d’être jolie n’a pas d’influence non plus. Pour le violeur, ce n’est pas le physique qui prime. Il ou elle cherche une personne qui lui paraît vulnérable.
Le mythe:
SI LES VICTIMES SE DÉTENDAIENT DURANT UN VIOL, ELLES POURRAIENT EN PROFITER. PARCE QUE SOURNOISEMENT OU INCONSCIEMMENT, LES VICTIMES APPRÉCIENT LE VIOL.
La réalité: Aucun homme et aucune femme, aucun garçon et aucune fille n’aime le viol. Il s’agit d’une violence brutale, aussi bien au niveau mental que physique. Le viol n’est pas synonyme de sexe voulu, il se passe sous la menace, par violence ou par manipulation.
Le mythe:
LES FEMMES FANTASMENT SUR LE VIOL.
La réalité: Certaines femmes peuvent fantasmer sur des situations sexuelles à caractère agressif ou humiliant, mais dans ce cas, la violence prétendue peut être arrêtée à tout moment. Lors d’un viol, la victime n’a aucun contrôle.
Le mythe:
UNE VICTIME FERAIT MIEUX DE NE PAS CONTINUER À SE FAIRE DU MAUVAIS SANG AU SUJET DU VIOL. ELLE FERAIT MIEUX DE L’OUBLIER.
La réalité: Ce type de ‘conseil’ part généralement d’un bon sentiment mais il est impossible à mettre en pratique. Toute victime doit pouvoir parler des faits avec sa famille, ses ami-e-s ainsi qu’avec des professionnel-le-s. Les victimes qui ne peuvent en parler avec personne ont beaucoup plus difficile à gérer le traumatisme. De plus, le traumatisme peut ressurgir après plusieurs années, même si le lien avec le viol n’est pas toujours établi. Il est important de continuer à soutenir la victime.
Le mythe:
LES VIOLEURS SONT DES ‘TYPES LOUCHES’.
La réalité: Un violeur n’est pas forcément un type louche. Il peut être médecin, agent de police, avocat ou le voisin sympa. On ne peut donc pas reconnaître un violeur à son physique. Il peut avoir l’air tout à fait normal. Beaucoup de violeurs sont même jeunes, mariés et ont des enfants.
Le mythe:
LE VIOL EST UN DÉLIT PASSIONNEL.
La réalité: Le viol est un acte violent qui n’a rien à voir avec la passion ou l’amour. La majorité des viols ne se passent pas spontanément, mais l’idée du viol se développe dans l’esprit de l’auteur On ne parle donc pas de passion incontrôlée. Les auteurs peuvent facil
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Message par Dubreuil »

LA PENSEE MAGIQUE

Gardez-vous de ces phénomènes anticipés du pire où l'homme fabrique des croyances inconscientes pour justifier la conduite négative qu'il prépare à son insu. Cette tendance inconsciente impose à votre conscient un présage qu'elle provoque, ou qu'elle crée de toutes pièces comme une sentence, une fatalité où vous en venez à croire vos propres divagations, jusqu'à ne plus souhaiter y survivre, comme un effacement, ou encore l’ordre d’une « fidélité généalogique ». Engendré par des sentiments enracinés d'une quelconque infériorité personnelle, d'un état dépressif, ou de tout autre avatar, le présage guide obscurément la personne vers le point du danger inévitable.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

MESSAGE D'UN INTERNAUTE
Orientation professionnelle

Il y a un an, j'ai obtenu mon diplôme en gestion d'entreprise et je me suis demandé ce que j'allais faire comme emploi. Et puis, un jour, j'ai vu sur Internet un coach qui partageait l'ennéagramme ! Je ne savais pas ce que c'était au début, du coup je me suis renseigné. J'ai ensuite fait le test et cela m'a beaucoup aidé, surtout à m'orienter professionnellement car selon notre type de personnalité, il y a un type de travail qui nous est adapté comme expliqué ici : https://relax-et-vous.fr/taches-attribu ... nneagramme. J'ai en effet l'ennéagramme type 1, donc je suis un perfectionniste ! J'ai donc décidé de devenir responsable qualité.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

LES COLERES DU PERVERS NARCISSIQUE

Les manipulateurs pervers narcissiques ont beaucoup de mal à supporter tout ce qui est frustration, cela explique leurs colères. Mais pas que…
La colère va leur servir à vous faire peur, à vous empêcher d’agir comme vous l’entendez. Ils vous effrayent avec leur irritabilité afin de vous soumettre, mais ça ne signifie pas que vous ayez tort et que vous deviez cesser d’avoir tel comportement. Attention, leur résister n’est pas sans risque ! Le manipulateur pervers narcissique (pn, homme ou femme) déteste que vous preniez le dessus, que vous fassiez des choses en dehors de son « script », c’est-à-dire autrement que ce qu’il avait prévu. C’est aussi pour vous faire croire que vous êtes en tort, c’est pour vous culpabiliser, c’est une manière de vous manipuler.
Le pn peut aussi éprouver de la colère devant votre gentillesse (eh oui !) car lui ne fait rien de gentil sans avoir un but derrière, une arrière-pensée, alors, il va penser que vous êtes en train de le manipuler, que vous tirez quelque chose de lui, même s’il ne voit pas quoi…
Tous les évènements heureux vont le mettre possiblement en colère, les échanges affectifs entre les gens également, et toute marque de bienveillance, d’intérêt, d’amour, d’amitié envers sa victime de la part d'autrui va lui être insupportable. La réussite des autres, leur mise en lumière vont le gêner. Il est en concurrence avec toute personne autre que lui, qui pourrait recevoir de l’attention. Pour exister, il a besoin d’être au centre de tout.
Chaque fois que vous vous défendez, que vous défendez quelqu’un d’autre, ou qu’on vous défend, le pn va en prendre ombrage. Si vous lui imposez vos limites, si vous restez loyal(e) à vos valeurs, vous le mettez en échec, et il peut donc s’énerver.
Lorsqu’un évènement imprévu oblige un pn à sortir de « son script », il va pester ! Une visite inattendue (mais opportune pour la victime) qui va mettre à mal son plan, une personne qui intervient dans sa vie de couple, ou en faveur de son enfant… il ne peut pas supporter l’autorité extérieure de quelqu’un d’autre (voisin, parent, police, juge…), c’est une offense pour lui et ça aura comme conséquence de le mettre dans une colère noire. Il va alors être obligé d’avoir une communication claire et il déteste ça. Son intelligence déficiente apparaît. Il voit que sa victime, soutenue, n’a plus peur. Et surtout, il ne supporte pas de voir son vrai visage dévoilé.
Quand vous contrôlez vos émotions, quand vous ne montrez plus au pn qu’il vous fait mal, qu’il vous cause de la peur, qu’il vous rend triste, quand il ne comprend pas vos réactions à l’opposé de ce qu’il avait prévu, si par exemple vous riez quand il pense vous blesser, il va se sentir humilié et va avoir la sensation qu’il perd son pouvoir sur vous, tout ça risque de l’énerver et de provoquer sa colère.
La colère peut avoir pour but de vous signifier qu’il a quelque chose à vous reprocher, mais ce n’est pas dit clairement (il va vous laisser mariner : « Cherche bien, tu trouveras ! ») et vous vous creusez la tête. Le pn veut vous faire douter, vous instiller de la confusion. Tant que vous doutez, vous n’osez pas agir et vous allez vous laisser faire (c’est là le nœud de la manipulation).
Si vous résistez à son intimidation, si vous « sortez du rang », vous êtes sur le chemin de la libération, le pn voit que vous lui échappez, il va dissimuler sa colère pourtant bien réelle et il va alors agir autrement : il va essayer de vous amadouer dans un premier temps pour tester si vous êtes encore sensible à son charme, à ses belles paroles trompeuses, puis si ça ne fonctionne pas, il va tenter à nouveau de vous soumettre (en se servant de vos valeurs morales comme arguments), et en cas d’échec, il va faire intervenir d’autres personnes pour vous manipuler, pour vous influencer (Concept des singes volants). Je vous mets le lien vers l’article qui explique ce stratagème tout en bas. Et en désespoir de cause, il va aussi essayer de vous attendrir en affichant une fragilité, dans le but de vous apitoyer. Ce sera peut-être dur de résister à tout cela, mais il faut le faire…
Quand la victime est en passe de se libérer, le pn perd pied et il déteste ça. Il voit aussi que sa proie va mieux. Son pouvoir ne marche plus… En réalité, le seul pouvoir que le pn a, c’est celui que nous lui donnons : en croyant ce qu’il raconte comme mensonges, d'une part et d'autre part, en nous pliant à ses arguments culpabilisants quand il utilise nos propres valeurs (qu’il faut être gentil avec tout le monde, par exemple, ou que c'est mal de divorcer...), il faut bien le comprendre. Le fait que le pn se mette en colère quand sa victime se rebelle et ne fonctionne plus comme il l’entend, est la preuve qu’elle est sur le bon chemin pour se dégager. Peur et haine vont cohabiter chez le pn, prenez garde à vous. Le pn est très rusé, mettez hors de son atteinte, chez une personne de confiance, toute preuve que vous conserveriez pour la justice. Faites la sourde oreille aux méchancetés qu’il dit uniquement pour actionner la prison émotionnelle qu’il a construite autour de vous grâce à vos croyances, afin de vous faire réagir à son bénéfice. Il vous connaît par cœur ! Ne vous faites pas avoir !
Quand vous quittez un pn, vous n’êtes pas fou (folle), mauvais(e) et méchant(e) comme le pn le prétend. Faites-le en cachette, ou bien accompagné(e) de témoin(s) pour éviter les coups physiques éventuellement et pour disposer de témoignages si ça se passe mal (insultes, menaces...).
Attendez-vous à ce que le pn revienne vers vous à l’assaut régulièrement pour vérifier si vous campez toujours sur vos positions, il faudra alors rester ferme.
Face à la colère du pn, son arme, essayez de rester stoïque, ce n'est certes pas agréable, mais ne vous laissez pas déstabiliser, car tel est son but.
Nous ne sommes pas responsables de la colère ni de la folie d’un pn. C’est lui qui s’énerve tout seul.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

LA PERSONNALITE PERVERSE

Les pervers consultent rarement. Ils ont traditionnellement été approchées par le biais des perversions sexuelles. Cette approche parcellaire est insuffisante, car les déviations sexuelles ne sont qu'un aspect clinique des personnalités perverses qui se manifestent surtout par des traits de caractère spécifiques. La personnalité perverse est une personnalité bien définie du pôle intermédiaire (entre névrose et psychose), qui se différencie des personnalités limites (états-limites).

L’enfance
Elle n'est pas très caractéristique. Assez souvent c'est un enfant adulé par la mère, avec un père peu présent. Ce peut être des enfants délaissés vivant en marge de la famille.
Chez certains on note des troubles du comportement précoces sous forme de passages à l'acte (vol, fugue), troubles du caractère, associant agressivité et provocations.
Il n’y a aucun trouble intellectuel.

Le caractère
Au premier abord rien ne distingue ces personnes. Le contact immédiat est facile, la réalité, au sens ordinaire du terme (le concret, le social) est correctement perçue. La sociabilité est normale et parfois excellente. Ce sont des aspect ténus qui attirent l'attention. Au fil des conversations, on s'aperçoit qu'il y a du flou, des réponses à côté, une rhétorique visant à convaincre sans rapport avec la vérité. La fréquentation des personnalités perverses provoque un malaise difficile à définir.
Le pervers est égoïste, se considère comme supérieur et trouve normal d'utiliser les autres. Il est manipulateur par utilité et par plaisir.
La loi normative (les lois civiles et pénales, les règlements) n'est respectée que superficiellement et subit des transgressions diverses. Il n'y pas de respect de la parole donnée des engagements et le pervers applique la formule "les promesses n'engagent que ceux qui les croient". Il n'a ni remords ni de crises de conscience par rapport aux nuisances qu'il occasionne. Il n'endosse jamais la responsabilité de ses actes et la rejette systématiquement sur autrui.

Ce qui rend le diagnostic difficile, c'est que le pervers a deux faces et souvent deux vies. Avec les uns il peut être normal, consciencieux, respectueux en apparence, mais avec les autres il se montre cruel, méprisant, tyrannique, sans humanité.

Les conduites caractéristiques
Le pervers n'a pas d'inhibition, car pas d'interdit. Rien ne vient entraver l'action et les passages à l'acte délictueux se font d’autant plus facilement que les circonstances s’y prêtent. Selon sa position sociale les épisodes antisociaux se manifestent sous des formes différentes : délit d'initié, abus de biens sociaux, tricherie, vol, viol, agression, meurtre.
Sur le plan sexuel, il y a une vivacité et la recherche de satisfaction par tous le moyens. Dans de nombreux cas, mais pas systématiquement, on note des déviations sexuelles majeures : bisexualité, voyeurisme/exhibitionnisme, sado/masochisme, pédophilie, viol/meurtre dans les formes graves. Sur le plan clinique, les variations de la sexualité perverses sont infinies. L'activité choisie devient parfois exclusive et ritualisée, mais pas forcément, certains pervers restant plurivalents.
Qu'elle soit exotique ou proche de la norme, il s'agit d'une activité homoérotique et non hétéroérotique. L'autre est ignoré dans ses désirs propres, le pervers ne cherchant que sa jouissance personnelle. Le partenaire est considéré comme un personnage de la mise en scène du scénario pervers.
L'utilisation de toxiques avec ou sans addiction est très fréquente. Elle concerne le tabac, l'alcool, les amphétamines, la cocaïne, l'héroïne. Le jeu, les conduites à risques (délinquance, sports dangereux) sont constantes. Les pervers les affectionne elles marquent sa toute puissance. Là encore la séparation des modes de vie fait que ces conduites peuvent rester longtemps cachées.
Les modes relationnels typiques
Les relations affectives sont instables, car le pervers ne s'attache pas. L'autre est vu comme un moyen et donc de manière variable selon les circonstances. Facilité, immédiateté dominent, avec une tendance à la manipulation et à l'utilisation. Les liens sont labiles motivés par l'utilitaire et se rompent facilement. Les relations amoureuses sont des relations de séduction, domination et de manipulation.
Pour manipuler les autres le pervers utilise tous les moyens à sa disposition supériorité hiérarchique, dépendance affective ou financière. Il joue de divers ressorts psychologiques (culpabilisation, dévalorisation) ou utilise la violence verbale, physique et/ou psychologique. Assez souvent le pervers fascine son entourage et ses victimes, car outre son aisance, son sentiment de supériorité. Il donne une impression de liberté apparente à laquelle aspirent beaucoup de personnes .

La manière de faire constante et caractéristique consiste à abaisser l'autre pour se valoriser. Le pervers se valorise au dépends des autres, comme s'il y avait des vases communiquant entre son narcissisme et celui d'autrui : la baisse du niveau de l'autre fait monter le sien. Lorsque cet aspect est prévalent, on a affaire à un "pervers narcissique". " Le pervers-narcissique se fait valoir aux dépends d'un autre" (Racamier P.C., Les schizophrénies, Paris, Payot, 1978). La différence avec les personnalité narcissique égoïstes ou encore "pervers narcissiques" est parfois ténue (voir l'article sur les personnalités narcissiques ).
Compréhension d'ensemble
Une approche compréhensive permet de repérer des problématiques existentielles caractéristiques du pervers. Le pervers nie la différence des sexes et des générations ce qui explique toute une série d'attitudes transgressives dont les perversion sexuelles. Il ignore la finitude et de la mort ce qui provoque des conduites à risque et lui permet des entreprises osées et aventureuses. Le pervers se situe hors-la-loi, il l'ignore ou bien l'interroge sans cesse en la transgressant. On trouve toujours le besoin d'agresser, dominer, asservir, se valoriser à son détriment de l'autre. Le rapport humain est entaché d'une haine détournée.

L’évolution
Avec l'âge, il y a pas de changement notable.

2. Théorisation

L'anamnèse montre de problèmes pendant la seconde phase structurante, celle qui suit la sortie de l'archaïque et précède la phase œdipienne. Les problèmes ont porté à la fois sur la lignée narcissique et la lignée libidinale et sur la structuration du surmoi.
Le pervers a buté sur l'écueil de la différence des sexes
La sexuation (l'adoption d'un genre) se heurte à la différence des sexes vécue comme castration qui entraîne une privation de jouissance, angoisse, dépit et renvoie à la problématique de la finitude. Le pervers déni cette différence, d'autant que le rapport à l'autre comme référent objectal (l'autre désir) est purement instrumental. Il reste à un stade homoérotique, c'est-à-dire tourné vers lui, son propre corps, sa propre satisfaction.

Sur le plan libidinal un certain nombre d’indices donnent à penser que les attitudes parentales ont provoqué une activation de l'excitation trop importante. L’entrée dans l’œdipe ne se fait pas et le problème de la castration ne peut être résolu. Il y a une survalorisation des problématiques anales et phalliques. Le problème de la castration étant irrésolu la différence des sexes n’est jamais vraiment intégrée.
Le clivage explique le double vie du pervers Il sépare scinde en toute facilité les divers aspects de son fonctionnement psychique. Il fonctionne tantôt sur un mode, tantôt sur l'autre.
Les tendances sexuelles prégénitales restent puissamment investies.

L'enfant n'est pas un pervers polymorphe comme a pu le dire Freud (1905, trois essais sur la théorie de la sexualité). Le terme de polymorphe convient, si l'on veut dire que l'enfant est dans le domaine libidinal plastique, maléable, pluripotent. Mais, si pervers implique une transgression de la loi, l'enfant n'est pas pervers, car il ne la connait pas. Il est sans règle. Si rien ne vient le guider, ni aucune loi le limiter, les évolutions libidinale possibles sont quasi infinies. Elle sont le fruit de fixations dues au hasard des incidents relationnels. Le pervers peut emprunter n'importe quelle voie.
La régression névrotique vient d'un interdit excessif qui empêche d'avancer, la perversion vient d'une absence d'interdit qui empêche de progresser. La névrose est le négatif de la perversion a pu écrire Freud. (Trois leçons sur théorie de la sexualité). Elle manifeste ce qui est refoulé par la névrose. D'où l'effet de fascination du pervers sur le névrosé qui croit voir en lui son idéal de libération.

Le pervers n'a pas secondarisé le surmoi.
Le surmoi archaïque est transformé par l'acquisition de la loi constitutive. On relève généralement des carences éducatives et une particulier un père absent ou n'assurant pas la fonction paternelle. La loi constitutive, symbolique, n’est pas intégrée et le surmoi en tant qu’instance interdictrice ne se secondarise pas.

Il reste des traces du surmoi archaïque qui joue un rôle interdicteur uniquement devant un risque de rétorsion. Dans cette organisation psychique, la capacité cognitive permet une compréhension de l'ordre symbolique de la loi constitutive, mais son intégration ne se fait pas. Bien que connue la loi est étrangère au pervers qui ne reconnait pas son bien-fondé.

Ce surmoi archaïque non secondarisé par l'intégration de la loi constitutive explique que le pervers suive uniquement "la loi du plus fort" et soit à son aise dans les organisations hiérarchisées de type mafieuses, sectaires, paramilitaires.
La faille narcissique a trouvé une défense efficace
L'attitude éducative a induit une incertitude narcissique chez le sujet pervers. Cela se manifeste de manière chronique par un sentiment d'insuffisance qui se compense au détriment du narcissisme des autres.
Comment cela est il possible ? Il s'agit du rapport entre imago de soi et imago de l'autre. L'investissement de l'une se fait au détriment de l'autre. Cela sous-entend une perméabilité entre les deux, ce qui implique un fonctionnement psychique archaïque. Ce fonctionnemnt comporte un mécanisme de défense qui est nommé "identification projective". C'est la projection dans l'imago de l'autre d'affects négatifs. Le drame de l'identification projective est qu'elle "marche" (a une efficience relationnelle) assez souvent, et ce d'autant plus que la personne visée a un soi fragile. En effet de par l'attitude du pervers à son égard, la personne, se sent effectivement mauvaise et rabaissée.
Chez le pervers le moi (instance régulatrice et adaptative) est efficace alors que le soi est mal constitué. L'adaptation à la réalité, la maîtrise, sont assurés, mais sont mis au service du soi instable et la libido régressive.
Conclusion
L'organisation psychique perverse comporte une instabilité du soi compensée par une défense utilisant la dévalorisation de l'autre. La structure libidinale n'est pas génitalisée, ce qui vient de problèmes pendant la seconde phase structurante et la phase œdipienne. Une telle constatation doit nous orienter vers le pôle intermédiaire. L'orientation vers la perversion plutôt que vers une forme limite tient à l'efficacité du moi, la relation particulière à l'autre. Cette dernière est occasionnée par l'absence d'intégration de la loi constitutive et le mécanisme de valorisation au détriment de l'autre.

Patrick Juignet, Psychisme, 2013.
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COVID

Nous devons apprendre à prendre la "température" de nos émotions. Dans le contexte actuel, de nombreuses personnes commencent à somatiser la peur et la panique au point de ressentir bon nombre des symptômes associés au coronavirus.
Somatisation des coronavirus : j'ai tous les symptômes !
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J’ai perdu mon odorat et mon goût. Je tousse et je crois même que j’ai le souffle court. Cette symptomatologie associée à la COVID-19 commence à être ressentie par un bon nombre de personnes qui n’ont pas la maladie. Ils ne seront positifs à aucun test car ce dont ils souffrent, en réalité, est un effet psychologique du contexte actuel : la somatisation du coronavirus.

Les troubles psychosomatiques se produisent plus normalement qu’on ne le pense et dans les circonstances actuelles, leur apparition sera plus importante. La raison ? Dans un contexte dominé par la crainte persistante de la contagion, par l’incertitude et l’angoisse psychologique de “ce qui va se passer” ou de “si je suis infecté, je serai sûrement admis à l’hôpital“, tout un vivier émotionnel se forme. De telle sorte que, tôt ou tard, des symptômes physiques apparaissent.

La somatisation n’est pas la même chose que l’hypocondrie. La somatisation, ce n’est pas inventer ce qui n’existe pas. Ce n’est pas non plus fabuler et encore moins perdre la tête. Nous devons comprendre que cette condition est décrite dans le DSM-V (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Il s’agit d’une réalité que tous les médecins ont tendance à voir quotidiennement.

Migraines, douleurs articulaires, épuisement, problèmes digestifs, tachycardie, vertiges… Toutes ces réalités cliniques sont très fréquentes. Les patients les subissent, mais les déclencheurs ne sont autres que nos émotions et nos traumatismes, l’anxiété, la frustration constante… Dans un contexte de pandémie, il est non seulement normal que la somatisation apparaisse, mais il faut aussi s’y attendre.

La somatisation des coronavirus chez un homme
Somatisation des coronavirus : un autre effet de la pandémie
La situation est presque toujours la même. Vous commencez à sentir une toux, un mal de tête, de la fatigue, vous mettez votre main sur votre front et vous êtes plus chaud que d’habitude. Le plus inquiétant est lorsque, soudainement, un poids apparaît sur votre poitrine et qu’il semble que vous ne respirez plus.

Face à ces symptômes, nous allons tous immédiatement sur Google pour découvrir quelque chose d’évident. Ces caractéristiques coïncident avec le COVID-19. Evidemment, le pire est arrivé.

Il est fort probable que si une personne qui vit cette somatisation utilise un thermomètre, sa température sera tout à fait normale. Cependant, le mal de tête sera réel, tout comme la toux et cet épuisement persistant. Parce que c’est ainsi que fonctionne la somatisation. Comme l’explique la neurologue Suzanne O’Sullivan, experte en la matière et auteur du livre It’s All in Your Head, chacun de nous est susceptible d’en souffrir une fois qu’il a franchi le seuil de la détresse.

Le stress quotidien, l’anxiété qui n’est pas gérée et devient chronique, les émotions qui se nouent et ne nous laissent pas respirer… Tout cela agit comme un déclencheur. Tout cela va du niveau émotionnel au niveau physique sous forme de maux de tête, dyspepsie, troubles respiratoires, insomnie et fatigue chronique. Et au-delà de ce que l’on peut penser, il n’est pas du tout facile de faire face à ces réalités cliniques.

En temps de crise, les troubles somatiques augmentent
Une étude réalisée à l’université de Hambourg, en Allemagne, par le Dr Bernard Löwe, a révélé quelque chose d’intéressant.

Après une enquête dans 15 centres de santé où le PHQ-15, une échelle permettant d’identifier les symptômes somatiques, a été appliqué, il a été constaté que près de 50% des patients souffrent de troubles anxieux. Tous présentaient des problèmes psychosomatiques.

Nous savons donc que la relation entre l’anxiété et la somatisation est évidente. Mais comme l’explique le médecin français Gilbert Tordjman dans son livre Comprendre les maladies psychosomatiques, celles-ci se développent plus intensément en temps de crise. Des problèmes au travail, des problèmes relationnels, la souffrance provoquée par un deuil…

Il est donc évident que la somatisation du coronavirus est un phénomène presque attendu à l’heure actuelle.

Somatisation du coronavirus, puis-je en être atteint ?
Une chose qui est claire pour nous dans le domaine de la psychologie est que dans le contexte actuel, il est essentiel de s’occuper également de la santé mentale. Désormais, nous sommes constamment exposés à toutes sortes d’informations liées au COVID-19.

Nous avalons les données et ne les digérons pas. Nous voyons des images sans cligner des yeux. Et nous lisons sans filtrer. Le virus a changé nos vies. Nous sommes confinés. Et le pire, c’est que nous ne savons pas ce qui se passera demain.

Le bilan émotionnel de ces processus est immense. De plus, il y a une réalité indéniable : nous n’avons jamais vécu une telle chose auparavant.

La somatisation du coronavirus est un autre effet de la pandémie et de nombreuses personnes en souffrent. Les mêmes personnes qui contactent leurs centres de soins primaires pour décrire une symptomatologie qui correspond au millimètre près au virus lui-même.

Étant donné le manque de tests, il est très probable que plus d’une personne passe par un confinement recommandé en pensant qu’elle a effectivement le virus. Mais soyons clairs sur un aspect : la somatisation peut générer des douleurs et de la fatigue, mais pas de la fièvre. C’est un signe qui devrait nous aider à discriminer la présence ou non d’une infection.

COVID-19 écrit avec des médicaments
Faites attention à la “température” de vos émotions
Bien que votre corps ne combatte pas la charge virale du COVID-19 en ce moment, votre esprit combat un autre ennemi : la peur. Vous avez le droit de la ressentir, c’est vrai. Cette émotion a pour but de nous protéger du danger et de nous mettre en sécurité.

Mais parfois, si nous nous laissons emporter par la détresse la plus aiguë, la “fièvre psychologique” va monter. Les pensées négatives s’enflammeront en prenant le contrôle de votre réalité. La panique viendra, la douleur viendra, et tous les symptômes de la somatisation des coronavirus.

Nous devons apprendre à prendre la “température” de nos émotions pour éviter qu’elles ne nous mènent à la limite, qu’elles ne rendent notre corps et notre santé captifs.

Il s’agit d’une tâche quotidienne qui implique une grande responsabilité. Car ce qui se passe avec les troubles psychosomatiques, c’est que beaucoup de gens refusent d’accepter que cette douleur ait une origine émotionnelle. Et dans certains cas, ils persistent à poursuivre des traitements médicamenteux qui n’aident pas ou ne servent pas.

Accordons la priorité à notre bien-être émotionnel, à notre santé mentale.
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Sigmund Freud

Le déni
Le déni est un mécanisme par lequel le sujet refuse de constater, de considérer, de voir l’évidence. Ce mécanisme porte sur le réel, plus exactement sur le réel d’une perception. Il peut se résumer à ceci : le refus de la réalité d’une perception. Le déni provoque chez celui qui en est le témoin l’idée d’une injustice, rappelant le traditionnel « déni de justice », quand bien même il s’agirait plutôt d’un sentiment de tromperie dû au refus pour le sujet de considérer ce qui est de l’ordre d’une réalité observable. Le contraste ramènerait ainsi ce mécanisme du côté du psychotique.
Originellement, c’est le mécanisme psychique par lequel le petit enfant se protège de la menace de castration ; il refuse alors, il désavoue, il dénie donc l’absence de pénis chez la fille, la femme, la mère et va croire pour un temps à l’existence du phallus maternel, sorte de remplacement qui pourra plus tard être considéré du point de vue symbolique comme un fétiche.

Elaboration du concept de déni chez Freud
Si le terme de déni apparaît pour la première fois en tant que tel en 1925 dans Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes, il est déjà question de ce mécanisme dans d’autres écrits de 1905 et de 1908 : « L’enfant refuse l’évidence, refuse de reconnaître l’absence de pénis chez la mère. Tous les être humains sont comme lui, pourvus d’un pénis. » L’enfant pensant à ce moment que le pénis va se développer ultérieurement.
Plus tard, dans L’Organisation génitale infantile (1923), Freud est encore plus explicite : « Pour l’enfant, un seul organe génital, l’organe mâle, joue un rôle : c’est le primat du phallus.«
Mais Freud affirme que le déni, « normal » durant la phase phallique (phase où le petit enfant témoigne d’une ignorance par rapport à la nature des organes génitaux féminins), devient problématique à partir du moment où il se prolonge au-delà de cette phase.

Fétichisme
Il arrive que l’enfant persiste dans sa croyance en le pénis de la femme, ou, plus précisément, il conserve sa croyance en l’existence du phallus maternel et, dans un même mouvement de pensée, il l’abandonne et le remplace par le fétiche.
Le fétiche sera ainsi le témoin que la réalité constatée, bien que déniée, n’en a pas moins joué un rôle ; le fétiche apparaîtra alors comme un substitut du phallus maternel.

Déni et clivage du moi
Freud inaugure dans l’article de 1927 sur Le Fétichisme la notion de « clivage du moi ». Il donne l’exemple de deux personnes dont l’analyse révèle une ignorance, plus exactement, dans notre idée de déni, un refus de la mort de leur père, tout comme pour le fétichiste, une méconnaissance à l’endroit de la castration de la femme. Il y avait chez ces jeunes hommes deux courants psychiques contradictoires qui coexistaient : l’un fondé sur la réalité (la mort du père), l’autre sur le désir (envers le père) ; l’un tenait compte de la mort du père, l’autre ne la reconnaissait pas.
Freud note que si dans le cas des névroses, le processus à l’oeuvre est le refoulement, dans le fétichisme et les substitutions de cette nature, il s’agit bien du déni, où l’on a affaire à ce paradoxe psychique qui est que certains sujets savent, ont connaissance de quelque chose et à la fois ne savent pas, ou, bien entendu, ne veulent rien en savoir.

Le pervers
Le pervers réalise la négation de la différence de l’autre, en vue de le contraindre à partager sa propre vision du sexuel ou de la relation, de manière violente, sur le fond et sur la forme, et il fait unilatéralement de l’autre un objet, au sens trivial du terme, lui déniant ainsi le statut de sujet. C’est d’ailleurs un procédé commun aux pathologies narcissiques que de faire de l’autre un « objet ».

La dénégation
La dénégation est un mécanisme par lequel le sujet refuse d’accepter, d’admettre, de reconnaître l’évidence. Ce mécanisme porte sur des contenus intra-psychiques, tel le refus d’avouer, de reconnaître ce qui répond cependant aux caractéristiques de la réalité constatable, à savoir une certitude. Il peut se résumer à ceci : le refus d’admettre une vérité. En cela il impliquerait plutôt à considérer l’ordre du névrotique.

Le refoulement
Ce mécanisme consiste à refuser de reconnaître comme siens une pensée, un désir ou un sentiment, sources de conflits intra-psychiques inacceptables dans l’instant de cette pensée, de ce désir, de ce sentiment. C’est l’attitude psychologique qui consiste, pour un sujet, à refuser, en la niant, telle pensée, ainsi qu’il pourrait en être avec tel lapsus, qui fonctionne ainsi comme un acte manqué, par lui énoncée.
Originellement, Freud, employant die Verneinung, signifant d’abord la négation (1925, Imago, traduit en 1934, RFP), la négation étant liée au refoulement, lequel peut par exemple la forme d’une association spontanée. Car en effet, si une personne nie quelque chose dans un jugement, cela signifie que ce quelque chose, cette personne préfère le refouler, le jugement étant alors, du fait de son caractère apparemment définitif, le substitut intellectuel du refoulement.

Le jugement
Freud va montrer le rôle de la négation dans la fonction du jugement. Par le symbole de la négation, la pensée se libère des limitations du refoulement. Freud considère d’abord les deux décisions possiblement incluses dans la fonction de jugement :
– le jugement qui attribue ou refuse une propriété à une chose,
– le jugement qui reconnaît ou qui conteste à une représentation une existence dans la réalité.
Pour le premier, le jugement d’attribution, le plus ancien critère pour attribuer ou refuser, est le critère du bon et du mauvais. Dans cette phase, il ne s’agit pas encore de sujet. A partir d’un moi indifférencié, le moi du principe de plaisir se constitue, le dedans étant lié au bon, le dehors au mauvais.
Pour le second, il concerne le moi de la réalité définitif, qui se développe à partir de ce principe de plaisir. Cependant, c’est l’épreuve de la réalité qui est ici convoquée. Dans cette phase, il s’agit de savoir si quelque chose de présent dans le moi comme représentation peut aussi être retrouvé dans la perception de la réalité.

Plaisir et réalité
Du point de vue du principe de plaisir, la satisfaction pourrait venir d’une « hallucination » de l’objet. C’est pour parer à cette tendance à halluciner, c’est-à-dire à ne pas vouloir (ne pas vouloir désirer) la réalité des faits que l’intervention du principe de réalité se révèle nécessaire. Ici apparaît le critère de l’action motrice ou de la confrontation au réel. Celles-ci mettent fin à l’ajournement de la pensée. Elles font passer à l’action, le jugement devant être alors considéré comme une approximation motrice, avec faible décharge. Le moi va dès lors en quelque sorte goûter les « excitations » extérieures pour se retirer à nouveau après chacune de ses tentatives bégayantes.

L’accomplissement de la fonction de jugement n’est rendu possible que par la création du symbole de la négation. D’où son indépendance à l’égard du refoulement et du principe de plaisir. Aucun « non », dit Freud, ne provient de l’inconscient.

Nicolas Koreicho – mars 2017 – Institut Français de Psychanalyse©
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Message par Dubreuil »

Être sujet, c’est autre chose que d’être un regard devant le regard de l’autre...

Jacques Lacan

Comment se pose la question de l’autre et du face à face, de la rencontre avec le regard de l’autre ? Nous énoncerons que c’est dans l’évocation de l’effroi d’une part et du registre de l’obscènité d’autre part, que se pose la question de l’altérité en tant qu’impossible rencontre des regards. Les grecs mettent en scène le registre de l’obscènité comme adossé à celui de l’effroi à travers deux figures féminines, Baubô et Méduse. L’histoire de Baubô est associée à la déesse Déméter qui, desespérée de l’enlèvement de sa fille Perséphone, errait à la surface du monde qu’elle vouait à la sécheresse et à la famine.La tradition présente Baubô comme une vieille femme, un peu commère, qui offrit l’hospitalité à la déesse et lui proposa un potage que celle-ci dans sa douleur ne voulut pas accepter. Désemparée, Baubô eut alors ce geste : elle retroussa ses vêtements et montra son sexe à la déesse. Ce que Baubô fait voir à Démeter, par le dévoilement de son bas-ventre, c’est un sexe maquillé, dit-on, un visage en forme de sexe, le sexe fait masque. Elle profère aussi des obscènités, des plaisanteries graveleuses. Cette scène obscène provoque alors le rire de Démeter qui sort ainsi de sa mélancolie dont elle couvrait le monde. L’effet libérateur de l’obscène opère en une monstration indécente dans et par le langage. Baubo, c’est l’obscènité qui fait front à une autre obscènité, à la féminité funeste de Démeter.

D’un autre côté, Méduse est cette face à l’œil terrible, un trou d’épouvante, l’impossible objet de regard. C’est ce qui ne peut être regardé sans y laisser sa vie. Dévisager Méduse, « c’est dans son œil perdre la vue et se transformer en pierre »[2] ; trouver le point de son dé-visage. L’œil fascinant de Méduse rend impossible la formation du regard et tout sujet du regard. « Regarder Méduse dans les yeux c’est se trouver nez à nez avec l’au-delà dans sa dimension de terreur, croiser le regard avec l’œil qui ne cessant de vous fixer est la négation du regard »[3]. Le champ fascinant de Méduse se réfère à sa facialité opposée à l’humanité du visage. Dans ce face à face de la frontalité, ce qui se joue est une jouissance de mort, « l’horreur terrifiante d’une altérité radicale » et ce qui se pose dans la facialité de l’autre est la question du féminin assimilé à l’abîme, l’absolu autre. Méduse, c’est un obscène qui porte le malheur, le mauvais œil, un œil hors-visage. A contrario l’obscène de Baubo sollicite un regard qui rejoint un visage, un visage-sexe. La mise en jeu de l’obscène en sa portée terrifiante ou libératrice participe de la construction/déconstruction du visage. De Méduse à Baubo se mène une lutte d’obscénités d’où procède le sujet. Contre le cri, la parole, contre la face grimaçante de Méduse, le visage rieur de Baubo

Interessons-nous un instant au mythe de Persée qui, avec l’aide des dieux, osa affronter Méduse, aller à la rencontre de son regard mortel et en sortit victorieux. Persée va au devant de Méduse en connaissant son pouvoir, il sait ce qu’il ne doit pas faire, la regarder de face.Toute sa stratégie va consister à la « loger » et capturer son regard par un effet de détournement en utilisant le reflet de son bouclier qui lui permettra de lorgner, si l’on peut dire, l’image de Méduse. Il voit Méduse sans avoir à la regarder et de son glaive la décapite. Cette tête qu’il cache dans sa besace, il pourra, en se plaçant de profil, la brandir devant ses ennemis et les transformer en pierre. Par ce mythe, ce qui ne peut être, c’est regarder le regard, regarder être regardé.Tout un champ de l’obscène se situe là. Persée détourne l’obscène de Méduse à son profit en s’en emparant comme image dans le miroir-écran. Il voit l’obscène dans le miroir mais strictement ne le regarde pas. Il en fait, dirons-nous un visage pour s’échapper du face contre face. L’impossible, c’est que les regards se croisent. Par le miroir, Persée introjecte une part de Méduse et s’en préserve. L’obscène est l’image inversée de l’horreur. Persée se tenant devant le miroir capte l’image de Méduse en même temps qu’il s’y voit. C’est lui-même à présent comme moi-masque : sa personne et son visage, le champ du visible, du possible visible.La tête décapitée de Méduse est hors du possible visible.Enfermée dans le sac de Persée elle est, dirons-nous, à sa main mais barrée de son regard. C’est en ce sens que les regards de l’un et l’autre se décroisent. C’est ce lieu d’invisibilité dans la relation de sujet à sujet qui isole les champs du regard. Le sujet ne regarde l’autre que sur le mode de l’évitement et d’une illusoire rencontre. Du regard de l’autre il n’a que l’effet d’un masque dont il fait les marques de son propre visage, de sa propre visibilité. Un temps originaire et mythique de dualité et de non-séparabilité nous informe d’un premier narcissisme qui s’achève ou plus réellement tombe avec la tête de Méduse dans le sac de Persée, dans l’invisible d’un lieu qui conservera en lui-même son pouvoir de mort, celui du premier regard. Persée sort de son épreuve pour accéder à lui-même dans le miroir de son bouclier dans l’instant d’un glissement : la disparition de la tête de Méduse, sa mise hors-cadre. Il occupe alors dans le miroir la place imaginaire de la tête de Méduse, la vacance de son regard. C’est ici que nous précisons ce que nous avons nommé une lutte d’obscènités et par laquelle s’élabore le champ du visible.

Un etrange lien analogique semble relier le montage du mythe de Persée et celui du schéma optique de Lacan, autrement désigné schéma des idéaux de la personne. Sans pouvoir ici approfondir ce rapport, nous évoquerons que le modèle théorique de Lacan nous met en présence de deux images – i(a), i’(a) image réelle et image spéculaire – par lesquelles le sujet se pose et tient dans sa relation aux autres. Ce qu’il faut retenir est que le sujet n’accède à l’image réelle que par l’image spéculaire. L’image réelle (représentée dans le schéma par le miroir concave) est perdue ou plus strictement rendue invisible par la déviation du miroir plan qui situe la place du sujet parlant comme aliéné à la position de l’autre. Autrement dit la première image de soi n’est pas seulement inconsciente, elle est non-visible, recouverte, enfermée par la seconde, métaphore de la tête de Méduse dans le sac de Persée.

La fonction apotropaïque de l’obscène

Dans l’espace du regard, l’obscène occupe une fonction qui est celle d’une mise à distance du regard de l’autre et de son enfermement. La monstration de l’obscène vise à fixer ce mauvais œil qui est regard sans visage, un regard errant. Voici le sens apotropaïque de cette catégorie qui prenait une place centrale dans les sociétés anciennes et qui était au cœur du lien social. Montrer l’obscène, le mettre en mots constituait un rituel social. Les Latins accordaient au phallus que l’on appelait fascinus un pouvoir magique. Son image se rencontre partout au seuil des maisons ou suspendue au cou des enfants. « Dans les champs, écrit Pierre Grimal, les paysans la dressaient comme sauvegarde des récoltes et, jusque sur le char des triomphateurs, le même symbole témoignait de la même foi dans la vertu bénéfique d’un organe qui apparaissait comme le lieu de vie par excellence. Le phallus était le talisman le plus efficace contre toutes les puissances mauvaises, les maléfices, tout ce qui empêche ou contrarie la croissance et l’épanouissement heureux des êtres, hommes, animaux ou plantes. À son image n’était attachée aucune honte »[4]. Le phallus était porté en procession pour assurer de bonnes récoltes et pour l’accompagner chacun employait le langage le plus obscène. « Ces propos que l’on échangeait donnèrent naissance à des formules quasi rituelles, rythmées, qui prirent le nom de “vers fescennins”, et que les spectateurs, au passage d’un cortège nuptial ou d’une procession triomphale lançaient aux participants »[5]. Mais l’obscène n’est pas simplement un voir et un faire voir, un dire et un faire dire, c’est aussi un rire et un faire rire.La scène obscène donne lieu à la provocation du rire et à son déploiement. La fonction du rire est indissociable de la fonction de l’obscène langagier. Le rire survient au surgissement de l’obscène comme un cri qui marque une délivrance. Ce autour de quoi joue le lien social, c’est l’obscène langagier et le rire. Nous savons que Priape, une autre formule du phallus exposé, est un dieu risible, emprunt de ridicule et c’est en cela qu’il est libérateur. On se rappelle aussi le rire de Déméter devant la jupe relevée de Baubo, comme si le sexe devait devenir risible, ridicule pour qu’on puisse en jouir, pour ordonner du désir.

L’hypothèse à défendre est que l’on se sort du face à face avec le regard de l’autre, avec l’autre médusant, que par la mise en signifiants de l’obscène. L’obscène est ce par quoi se règle le rapport avec l’autre. L’obscène n’est pas un signifiant, c’est une catégorie à l’intérieur de laquelle se regroupent des signifiants. Il exerce un pôle gravitationnel et se définit comme occupant une place à l’intérieur d’un système, sans laquelle s’effondre ce système. Nous dirons qu’il occupe une fonction, celle de faire tenir la relation à l’autre. Notre recherche voudrait suivre ce mouvement : procéder à une certaine analytique de la notion avant d’en rechercher aujourd’hui sa fonctionnalité. Quelle est la fonction actuelle de l’obscène ? Quelle est par exemple la fonction de l’obscène dans un langage qui ne peut être qu’injurieux ? Une manière d’être devant l’autre pour lutter contre sa face, sa fascination. L’autre n’est que face, il ne devient pas un visage. Seul le rapport au visage permet de soutenir le regard.

Sur le regard

Depuis notre analyse du mythe de Persée et de son dispositif de détournement du regard, nous savons qu’un sujet ne produit son regard que dans l’instant où il échappe à celui de l’autre. Les êtres se voient mais ne se regardent pas. Le regard de l’autre est insaisissable mais il me poursuit. Nous sommes contraints par le regard de l’autre. Un regard est porté sur moi qui me menace et qui m’y attache, m’assume même de mon être en m’échappant. Je ne peux voir ce regard qu’en un visage, qu'en un cadre. Je vois le regard, c’est-à-dire je le suis à la trace : il fait trace dans la formation du visage sans jamais restituer une rencontre. Le rapport au visage, au sien propre comme à celui de l’autre constitue une sortie du face à face, de l’œil pour œil. Je me sais regardé et par là-même reconnu mais sans que je puisse localiser une place fixe à ce regard qui me cerne. Le regard de l’autre est une évanescence. Mais aussi, si je regarde, si je suis un être regardant, c’est pour autant que je sais ne pas être repéré, assigné comme regard par un autre regard. Sait-il d’où je regarde et où je regarde ? La relation amoureuse ou hypnotique, pour reprendre cette analogie freudienne, est peut-être ce moment où je m’éprouve comme regard retenu, attaché en un point extérieur qui me tient et me dépossède.

Parce que je ne sais d’où je suis regardé, je ne peux qu’être surpris par le regard de l’autre, sous sa menace. Telle est la portée de l’étude magistrale de Sartre sur le regard qu’il nous semble nécessaire de rappeler. « Par le regard d’autrui, je me vis comme figé au milieu du monde, comme en danger, comme irrémédiable. Mais je ne sais ni quel je suis, ni quelle est ma place dans le monde, ni quelle face ce monde où je suis tourne vers autrui… Autrui est l’être vers qui je ne tourne pas mon attention. Il est celui qui me regarde et que je ne regarde pas encore, celui qui me livre à moi-même comme non-révélé, mais sans se révéler lui-même, celui qui m’est présent en tant qu’il me vise et non pas en tant qu’il est visé ; il est le pôle concret et hors d’atteinte de ma fuite, de l’aliénation de mes possibles et de l’écoulement du monde vers un autre monde qui est le même et pourtant incommunicable avec celui-ci »[6]. Ce qui permet de saisir en quoi le surgissement de l’autre dans et par son regard est une présence absente.Sans doute est-il un sens ou une direction mais il est impossible de faire correspondre autrui à un regard qui l’objectiverait, à un objet-regard. « En aucune façon, autrui ne nous est donné comme objet. L’objectivation d’autrui serait l’effondrement de son être-regard… Dans le phénomène du regard, autrui est, par principe, ce qui ne peut être objet… Dans l’épreuve du regard, en m’éprouvant comme objectité non-révélé, j’éprouve directement et avec mon être l’insaisissable subjectivité d’autrui »[7]. Sartre procède ainsi à un décollement du regard de toute forme objective d’où il émanerait, de sa source qui serait l’œil. Le regard se détache de l’œil, se disjoint de son support de chair. Dans l’éprouvé du regard d’autrui disparaissent les yeux d’autrui qui le manifestent comme fondamentale inadéquation. « Loin de percevoir le regard sur les objets qui le manifestent, mon appréhension d’un regard tourné vers moi paraît sur fond de destruction des yeux qui me regardent : si j’appréhende le regard, je cesse de percevoir les yeux… Nous ne pouvons percevoir le monde et saisir en même temps un regard fixé sur nous ; il faut que ce soit l’un où l’autre »[8]. Notre perception du monde est toujours en deça du regard, un raté du regard, et le regard n’est pas un objet perçu. Il y a dans le regard présence diffuse : hantise, écoulement de l’autre à la surface de mon être qui le font défaillir. La honte, comme défaillance est, par exemple, le mode essentiel sous lequel m’apparaît le regard d’autrui, comme si ce regard opérait une déchirure à la surface de mon moi-masque. Le regard d’autrui soutient ma honte et ma honte me constitue devant ce regard. « Si je suis tout entier à ma honte par exemple, autrui est la présence immense et invisible qui soutient cette honte et l’embrasse de toute part, c’est le milieu de soutien de mon être révélé »[9]. Par cette honte je suis le témoin d’un dehors qui me tient et que j’ignore.

C’est cette disjonction de l’œil et du regard qui va permettre à Lacan de désigner la coupure par laquelle un sujet dans le champ scopique se détermine dans un rapport à un objet insaisissable. « De tous les objets dans lesquels le sujet peut reconnaître la dépendance où il est dans le registre du désir, le regard se spécifie comme insaisissable »[10]. Le regard, objet a en son algèbre, vient à représenter un point de fuite, un manque central exprimé dans le phénomène de la castration. Le regard de l’autre est celui dont se détourne Persée dans son bouclier-miroir. Le regard de l’autre n’est pas un regard regardé, mais un regard construit, imaginé au champ de l’autre qui ouvre à la formation du visage en sa fonction d’écran. « Dans notre rapport aux choses, énonce Lacan, tel qu’il est constitué par la voie de la vision, et ordonné dans les figures de la représentation, quelque chose glisse, passe, se transmet, d’étage en étage, pour y être toujours à quelque dégré éludé. C’est ça qui s’appelle le regard »[11]. Ainsi, le manque central dans le champ du visible, c’est le regard, et s’il est admettre que le sujet regarde quelque chose en son dire, c’est cependant ce qui ne peut pas se voir. Rejoindre le regard de l’autre par la voie même de son propre regard est un point d’abîme. Ce que nous avons pu dire de la catégorie de l’obscène, du registre obscène de tout rapport du sujet à son monde, marque le registre de la parade et de l’occultation à l’avant du regard de l’autre qui contient toujours un fond de malédiction, un appel fascinatoire. « L’homme, en effet, sait jouer du masque comme étant ce au delà de quoi il y a le regard. L’écran est ici le lieu de la médiation »[12]. Et nous voudrions avancer en montrant comment une théorie de la médiation peut se conjuguer à la question du visage.

Sur le visage

Reprenons notre thèse à ce point d’énonciation : du regard de l’autre, le sujet n’a que l’effet d’un masque dont il fait les marques de son propre visage, de sa propre visibilité. Ainsi admettons-nous que le visage est un espace construit par où se dialectise, s’arrange l’impossible croisement des regards où nous avons situé une opération de coupure de l’œil et du regard. Ce qui résulte de cette opération de coupure est la formation du visage, métaphoriquement, la tête de Persée lorgnant vers son bouclier-miroir. La victoire de Persée sur Méduse, c’est le reflet de la tête de Persée qui vient en recouvrement, en sur-face de la tête de Méduse disparue, strictement mise en sac. Du visage, la psychanalyse n’a pas fait jusqu’à présent un sujet. « Cette anthropologie du visage reste à faire, a écrit P.Fédida. Des philosophes ont ouvert la voie et c’est de leurs écrits qu’il faudrait repartir, car une anthropologie du visage, avant de pouvoir être une sociologie des manifestations et, a fortiori, une typologie physiognomoniste, doit prendre en compte le visage dans le même champ problèmatique que le langage et le temps. Comme le rêve, le visage touche au mort. Deuil et visage portent la même temporalité »[13]. Des philosophes, donc, principalement E. Levinas et G. Deleuze.

La relation avec le visage est chez Lévinas fondatrice, c’est-à-dire que le visage apporte, instaure toute possibilité de signification. Il fonde en quelque sorte le langage comme ce par quoi je suis avec l’autre en humanité. Lévinas parle « du visage de l’autre homme comme étant le lieu originel du sensé… La proximité de l’autre est signifiance du visage »[14]. Le visage apporte la première signification, le surgissement même du rationnel. La relation avec le visage est d’essence éthique ; ce surgissement du visage dans l’ordre de l’apparaître, « son épiphanie », m’assigne à responsabilité face à cet autre qui contient la « mort invisible » qui cependant me regarde, me dévisage, me fait être devant elle. C’est le visage de l’autre dont j’ai à repondre qui me fait dire quelque chose de l’autre. « Cet en-face du visage dans son expression – dans sa mortalité – m’assigne, me demande, me réclame : comme si la mort invisible à qui fait face le visage d’autrui- pure altérité, séparée, en quelque façon, de tout ensemble- était mon affaire… C’est précisément dans ce rappel de responsabilité par le visage qui m’assigne, qui me demande, qui me réclame, c’est dans cette mise en question qu’autrui est prochain »[15]. Sans doute faut-il insister sur l’extension que Lévinas attribue à la notion de visage. Ainsi le visage ne doit pas être entendu de manière étroite, « il peut prendre sens sur ce qui est le contraire du visage. Le visage n’est donc pas couleur des yeux, forme du nez, fraîcheur des yeux… Il peut venir de la nudité d’un bras sculpté par Rodin »[16]. Je suis regardé de l’autre au delà de qui fait ordinairement visage. Le visage excède la forme-figure. Toute une question qui s’ouvre est que le visage-figure peut se désolidariser du regard. Le regard est même ce qui est partout, qui échappe à l’assignation d’un seul visage. Ce qui nous interesse de dire est que le regard voyag sur la surface du corps, il est regard corporéisé, ou encore pour employer un néologisme qu’on retrouvera chez Deleuze, le corps est visagéifié. Nous pouvons appeler visage de l’autre cette partie, ce partiel de l’autre qui nous relie, ce qui nous regarde de lui pour constituer notre regard. Le visage de l’autre, c’est un point de l’objet qui rejoint le sujet, qui l’attache à son désir. C’est ainsi que tout objet pour se constituer visée d’un désir se visagéifie. Il existe un visage de l’objet. C’est l’image de l’autre qui fait capture du regard et de son impossible rencontre qui constitue un visage. C’est le regard en tant qu’encadré, restitué en un cadre, une forme qui fait visage. L’image du corps doit être conçue comme un visage pour autant qu’elle procède de cette mise en jeu du regard en scission de l’œil, mais au delà en scission de la figure. Peut-on alors avancer que l’image inconsciente du corps, c’est l’image inconsciente du corps de l’autre en tant que visage ?

Avec Deleuze, le visage de l’autre peut être entendu comme l’écran, le guide optique qui permet aux signifiants dans le langage de trouver leurs voix aussi bien que leurs voies. « Le visage construit le mur dont le signifiant a besoin pour rebondir, il constitue le mur du signifiant, le cadre ou l’écran. Le visage creuse le trou dont la subjectivation a besoin pour percer… »[17]. Mais le visage n’est pas simplement partie du corps. Est-il même un corps ? Les visages concrets naissent d’« une machine abstraite de visagéité » dit Deleuze, c’est-à-dire un principe de mise en forme, de codage subjectif, d’une origine même par lequel notre monde se visagéifie. Aussi faut-il comprendre que chez Deleuze une autre disjonction vient recouper celle du regard et de l’œil, c’est la coupure entre la tête et le visage. « Le visage ne se produit que lorsque la tête cesse de faire partie du corps, lorsqu’elle cesse d’être codée par le corps, lorsqu’elle cesse elle-même d’avoir un code corporel polyvoque multidimensionnel, lorsque le corps, tête comprise, se trouve décodé et doit être surcodé par quelque chose qu’on appellera Visage »[18]. Ainsi, c’est le corps tout entier qui pour advenir à l’autre doit être visagéifié. C’est situé en une origine un principe signifiant de visagéification qui affecte toutes parties du corps : « la main, le sein, le ventre, le pénis et le vagin, la cuisse, la jambe et le pied seront visagéifiés »[19], mais aussi tous objets qui composent le monde en sa signification pour nous. Pour que nous ayons un rapport au monde, faut-il que celui-ci nous regarde, que ça nous regarde. Ce mouvement par lequel le monde se visagéifie est nommé « mouvement de déterritorialisation ». Il transporte le visage d’une strate à une autre, visagéifie les objets, les affecte d’un degré premier de signifiance. C’est ce rapport entre l’ordre du signifiant et un principe originel de mise en visage qui nous semble ouvrir un angle nouveau de recherche quant à la question vertigineuse de l’existence d’un sujet.

Si les visages concrets procèdent d’un principe de visagéité qui les produit en même temps qu’il donne au signifiant son fond d’impression, est-il possible d’envisager que les visages se défassent ? « Au point, dit Deleuze, que si l’homme a un destin, ce sera plutôt d’échapper au visage, défaire le visage et les visagéifications »[20]. Un visage n’est-il pas toujours sur le point de se brouiller, de nous éloigner de sa familiarité ? Est terrifiant un visage connu dont nous échapperait soudain ce lien d’intimité qui nous le faisait aimer ou encore haïr. Une expression, un trait qui soudain nous apparaissent comme issus d’un ailleurs, qui ne nous attachent plus à l’autre. Ne plus reconnaître le visage de l’autre, mais aussi bien le sien, est un commencement de terreur. La psychose peut être souvent comprise lorsque le visage de l’autre verse dans l’inconnu, dans l’inconnu de son origine. Il me devient inhumain et par là-même me déshumanise. « Défaire le visage, ce n’est pas une petite affaire. On y risque bien la folie : est-ce par hasard que le schizo perd en même temps le sens du visage, de son propre visage et de celui des autres, le sens du paysage, le sens du langage et de ses significations dominantes ? »[21].

Remarques théoriques et cliniques

Paul Abely dans un article un peu oublié s’interessait à ce qu’il nommait « le signe du miroir » dans la démence précoce. « Ce signe consiste en un besoin qu’ont certains sujets de s’examiner longuement et fréquemment devant une surface réfléchissante. Ils utilisent le plus souvent des glaces, les miroirs. Leur examen porte surtout sur leur visage, mais aussi sur l’ensemble du corps… On peut supposer que certains sentiments d’inquiètude et de transformation de la personnalité poussent ces malades à contrôler leur visage et l’expression de leur physionomie »[22]. Ils semblent médusés devant le miroir à la recherche de leur visage ou dans l’impossible de sa fondation. Le syndrome de Cotard ou « délire des négations » offre à la litterature psychiatrique un tableau qui nous apparaît comme un paradigme clinique de ce mouvement de dé-visagéification. Marcel Czermak, dans son approche de la signification psychanalytique du syndrome de Cotard, évoque le cas d’une patiente qui avait le sentiment de perdre ce qu’elle appelait sa vision, c’est-à-dire ce « rapport entre la pensée et le fond des yeux ». Cette perte de vision mentale s’éprouve comme l’impossibilité de se représenter les objets présents, non pas en tant qu’ils sont absents mais en tant qu’ils sont désaffectés, en rupture d’adresse. « C’est ne rien éprouver en les regardant, dit la patiente, ne rien ressentir… Le regard est mort, je vois les couleurs mais ça ne me fait penser à rien. Je ne vois rien, je vois des taches, certains visages comme ça, mais rien ne signifie plus rien… »[23]. Il y a vision mais le regard fait défaut. L’acte de voir n’a plus de sens parce qu’il n’est supporté par aucun regard. Les objets, en somme, ne la regardent plus. C’est parce que le patient Cotard n’a pas constituer en l’autre le regard comme perdu (objet a), c’est-à-dire à retrouver et à poursuivre, que son monde est sans visage, un monde devenu horrifiant. Il est alors lui-même pur regard, un seul regard devant le néant. Nous insistons sur cette idée si embarrassante d’identification à l’objet a : être en objet a sous l’angle d’être un regard pur. Dès lors que le sujet est ce pur regard, son monde advient comme extériorité esseulée, un monde étrange, plus encore, a-formé. Ce qui nous soutient dans le visible, dans cette opération de visagéification du monde, c’est le regard qui est au dehors, manqué et manquant. C’est cette opération disparue qui fige le patient Cotard dans son interminable détresse.

Ce que nous avons appris à nommer avec Lacan « la mort du sujet » comme caractère central de la psychose, nous la repérons ici comme effet de la perte de la dialectique des regards. Les regards ne s’échappent plus, ne se cherchent plus. Le regard du sujet n’est plus suspendu à du regard dans l’autre ; c’est ainsi que le monde perd son visage. Le syndrome de Cotard nous montre l'avènement d’un monde dévisagéifié. À cet effondrement du visage du monde correspond une rupture du temps comme support, socle à partir de quoi est possible le sens de la durée et de toute histoire. Ne plus voir, être dans l’horrible perte de la vision mentale, revient pour un patient Cotard à ne plus se sentir lié au temps d’une histoire, que ce soit la sienne ou celle du monde. Il échappe au temps. L’horreur consiste en cette plongée dans une fin du temps, dans un hors-temps. « Chez le Cotard, énonce Czermak, l’angoisse dont il s’agit, c’est celle de la vie éternelle : la mort du sujet, la disparition de son énonciation, le plante face à cette seconde mort dont Lacan parle à maintes reprises. Ce n’est pas tant la mort qui est redoutable, dit-il, que l’idée que la vie puisse se constituer définitivement, dans cette zone qualifiée de “l’entre-mort” »[24]. Nous postulons ainsi qu’un lien unit dialectique des regards, formation du visage et constitution du temps. La dimension du temps est coextensive à la dimension du visage.

Le signe du miroir est une façon de mettre un mot sur cet indicible champ du fascinatoire qui est tentation du néant, du dé-visage. De cette tentation, tout sujet peut en ressentir l’éclat, l’impression angoissante en certains laps de temps qui bousculent notre durée ; nous visons ici le sentiment d’inquiétante étrangeté ainsi défini par Freud : « Lorsqu’on doute qu’un être apparemment vivant ait une âme, ou bien à l’inverse, si un objet non vivant n’aurait pas par hasard une âme ». Ce rapport trouble de l’animé à l’inanimé est déconstruction passagère du rapport au visage. Soudain un sujet ne sait plus ce qui fait visage. Dans l’inquiétante étrangeté, le monde peut se faire voyeur. Il nous donne l’impression de nous tenir à l’œil, il dévisage à partir de tout et rien. Tout fait visage à l’inverse du Cotard par lequel plus rien ne fait visage. Nous sommes ainsi portés à situer un espace théorico-clinique qui rendrait compte de ces processus de dé-limitation et de dévisagement au-delà même du champ de la psychose. En cette perspective, mention doit être faite du travail récent de Sylvie Le Poulichet quant à ce qu’elle nomme une psychanalyse de l’informe ainsi présentée : « L’informe en psychanalyse désigne à la fois des processus inconscients sous-jacents à des vacillements identificatoires et les formations symptomatiques qui en résultent, depuis la perte temporaire de la perception du visage ou de contours du corps jusqu’à des sensations d’auto-absortion ou de cadavérisation corporelle partielle et différentes formations addictives »[25]. Ces processus limites révéleraient une clinique de l’informe et du dé-visagement en tant que problématique du passage du visible à l’invisible, du dedans au dehors, du moi au non moi.

Pour conclure, rassemblons les différentes perspectives de cette réflexion qui donneraient comme le programme de notre recherche en cours :

Le visage est une construction psychique, un espace construit par où se dialectise, s’arrange l’impossible croisement des regards.

Le visage est au principe de l’écart entre l’œil et le regard.

Il existe un principe originel de visagéification qui affecte sujet et objet, en quoi il est possible de concevoir le visage comme concept.

Le visage est un temps du stade du miroir à penser comme le temps même de ce stade.

Le visage est le lieu du sensé, de ce par quoi il y a du sens possible.

L’image inconsciente du corps, c’est l’image inconsciente du corps de l’autre en tant que visage.

Il est à penser et construire une psychopathologie du rapport au visage. Les troubles de l’image du corps sont des troubles du visage du corps.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

Re: Jalouse après le comportement de son homme
Message par Antony » 22 nov. 2020, 12:06

Bonnad a écrit : ↑22 nov. 2020, 06:30
" Merci d'avoir pris le temps de donner votre avis.
Super, en gros le monde est constitué de 100% d'hommes qui n'ont ni considération ni respect pour leur femme (90%+10%)"

Antony :
" Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Les hommes sont "VISUELS"
C'est le fondement de toute la pub au point de vous vendre un tracteur agricole avec une femme semi-dénudée ! Mdr ! Il suffit de regarder les pub pour les parfums féminins etc.....
S'il y a autant de visiteurs au Crazy Horse, Au lido, au moulin rouge, etc..... c'est qu'il y a un public
S'il y a autant de porno sur internet, c'est qu'il y a un public ....

A moins de crever les yeux, à tous les hommes, vous ne pouvez pas supprimer le sens visuel aux hommes.
Après, il y en a qui vont sublimer la femme, il suffit de regarder les sculptures ou les peintures au Louvres. D'autres vont dégrader la femme en la traitant de chienne, de salope .....
Les nuances sont aussi nombreuses que les couleurs de l'arc en ciel.

Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain !
Ensuite, le comportement de votre homme, lui est propre, et ne peut-être généralisé. Certains vont aimer la nudité sous le manteau de fourrure, d'autres les bas résilles, d'autres les seins, d'autres les fesses, d'autres les vulves, les rondes, les maigres, les blondes, les brunes, les fouets, les martinets, en gros tout ce qui est BDSM etc.... il y en a pour tous les goûts et tous les goûts sont dans la nature. La liste n'est pas exhaustive."
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

Re: Blocage à débloquer 🙂
Message non lu par Antony » 16 déc. 2020, 17:03

Bonjour,
Vu de ma fenêtre c'est l'effet Coolidge au féminin.
https://fr.vivat.be/couple-sexualite/l- ... olidge_604

http://rage-culture.com/leffet-coolidge ... er-ta-vie/

selon ma vision des choses, la solution est à chercher du côté du tantra et du massage tantrique.
Cela apportera un peu de renouveau dans la relation.
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