Le point de rupture...

Forum dépression, déprime
happy_accident
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Inscription : 19 févr. 2021, 14:45

Le point de rupture...

Message par happy_accident »

Bonjour à toutes et à tous.

Je m’appelle Adrien, j’ai 26 ans et j’écris aujourd’hui cette « missive » par nécessité, de vider mon sac comme ont le dit. Cet écrit est important pour moi car j’atteins aujourd’hui un point de rupture, comme un barrage qui après des années d’assaut des vagues et autres éléments de la nature ainsi que de négligence humaines finis par se fendre et tout déversés. Ce barrage représente ma vie, une vie… une vie catastrophée où catastrophique au choix.

Alors voilà, comme je le dis ci-dessus j’atteins aujourd’hui le point de rupture, une série d’évènements douloureux, de déceptions… qui m’empêche de réaliser des projets qui sont pourtant à ma hauteur, ces projets aussi modestes et banals sont-ils, représentent pour moi un moyen de m’émanciper et de grandir en tant qu’homme. Mais je me les refuse à moi-même par peur, par angoisses, par appréhension.
Depuis petit, ma vie n’a été que dysfonctionnement et drames. Ma mère, elle-même une enfant au passé dur, était une femme battue, battu par mon drogué de père, qui n’a jamais eus la moindre considération pour elle. Je dis mon père mais le terme n’est pas mérité, disons plutôt mon géniteur…

Ainsi j’ai passé les premières années de ma vie, les plus cruciales dit ont, sous la violence quotidienne de mon père et les cris de ma mère qui le suppliai surement de stopper les coups ou d’arrêter de secouer le bébé, ce bébé c’était moi... J’ai bien des bribes de souvenirs de cette époque lointaine mais le reste est brumeux, peut être qu’il vaut mieux cela après tout. De mes 0 à mes 4 où 5 ans peut être j’ai vécu à Châtellerault dans cette maison de l’horreur, avant que ma mère ne finisse par la fuir en catimini. Je me souviens encore très bien de ce jour où j’ai été brusquement interrompu lors d’une classe de maternelle car ma mère était venue me chercher. Je me souviens de la hâte de ma mère dans la rue, me serrant fort le poigner pour ne pas que je la lâche.

Après Châtellerault moi et ma mère avons finis à Lieusaint dans l’Essonne, hébergé dans un foyer pour femmes battues. Quelques mois après notre arrivé dans la région ma mère va rencontrer mon ex-beau-père. C’est ici que notre nouvelle vie commença, moins violente certes mais pas moins tumultueuse.

Depuis lors je me sens en profond décalage avec les codes sociaux, qu’il s’agisse de la société au sens large, des préoccupations de la plupart des gens, de leur façon d’apprécier une situation, de la gravité (légère ou non) qu’ils prêtent aux événements, jusqu’aux fonctionnement ce qu’on appelle l’amour. Je me sens « à part », dans un monde qui m’est en quelque sorte perpétuellement étranger et dont je ne saisis pas la complexité, les aspirations et les limites et si cette sensation n’est pas nouvelle, elle s’est amplifiée avec les années. L’impression aussi d’être le fruit de deux être dysfonctionnel que sont ma mère et mon géniteur.

En plus de cette sensation de décalage un sentiment d’infériorité m’accable encore et toujours. Il faut dire que j’ai eu une scolarité catastrophique, je n’ai jamais eu plus de la moyenne et bien souvent en dessous de celle-ci. Pour des raisons qui aujourd’hui me paressent plus clair, je pense bien avoir de multiples soucis d’ordre psycho-cognitifs.

Je n’ai pas le Bac ni même le brevet, pourtant donné dit ont… Ma mère m’a fait passer un test de QI enfant et il en ait ressorti un quotient plutôt digne d’un enfant dit « Doué » étonnement. Je ne serais donc pas un simplet et pourtant les difficultés que j’ai accumulé ça et là semblent me dirent le contraire. De la Primaire au Lycée j’ai accumulé retard et soucis, malgré tout je n’ai redoublé que le CP bien que mon niveau demandé de multiple redoublement au fil. J’ai fini par arrêter les frais et poser un stop à cette mascarade en seconde professionnel. J’ai quitté le système scolaire et n’y suis pas revenue si ce n’est 3 ans après pour tenter dans un « micro-lycée » de passer un Bac sans succès hélas…

Durant ma scolarité certains profs on était compréhensif, d’autres moins, certain m’on reconnut de grandes capacités inexploitées d’autres des difficultés alarmantes demandant expertise. Qui eut raison, qui eut tort, je ne sais pas, car ma mère à toujours refusé de tel expertises, jamais autorisée le moindre diagnostic différentiel pouvant expliquer mes difficultés.

Aujourd’hui et ce avec une bonne introspection et ce que je peux voir des difficultés de ma sœur, les variables manquantes de l’équation commencent à se dévoiler. Je soupçonne fortement un trouble dys- surement une dyspraxie associée à un trouble de l’attention et de la concentration (TDA) mais je ne suis pas médecin, un diagnostic serait bienvenu mais que m’apportais t’il après tant d’années perdu et une scolarité ayant touché à sa fin depuis une décennie ?

Pour ce qui est du social j’ai bien des amis, des amis dont certains ont fait des études prestigieuses ce qui me donne un sentiment d’infériorité à bien des occasions, mais le réconfort qu’ils me rapportent malgré tout est crucial, sans eux je ne sais pas si je serais encore là aujourd’hui.

Je n’ai jamais eu de petites amies, pas une seule et cela me pèse de plus en plus chaque jour, je comprends bien que mon état mental ne me le permet pas, mais en tant que jeune homme c’est très difficile à porter, 26 ans et toujours pas la moindre expérience amoureuse, pas le moindre rapport sexuel. Ou si une expérience charnelle, il y’a quelques mois, avec une fille un peu « particulière » mais rien de bien folichon. J’ai bien le sentiment que je serais pour toujours un solitaire sans âme sœur, car aucune femme ne voudrait jamais d’une homme tel que moi qui n’a pas la moindre confiance en lui ni volontés…

Fin 2019 j’ai voyagé pour la première fois tout seul, au Japon, voir mon meilleur ami qui y vit et même ici dans ce pays que j’aime tant, mon pays du cœur comme j’aime à le dire mon vécut et mes sentiments ne m’ont pas laissé de répit, me sentant à la fois émerveillé par le pays dans lequel j’étais et infiniment triste. Je me suis dit qu’en revenant en France, je donnerais tout pour m’en sortir et revenir au moins un an au Japon. A mon retour et après avoir postulé pour un service volontaire européens au Danemark, le covid à frapper, annulant le service volontaire et nous confinant pour ce qui m’a semblé être une éternité.

Je vis aujourd’hui encore chez ma mère et je suis sans emploi depuis plus d’un an, sans diplôme, sans permis et au RSA. Je ne sais plus que ou quoi faire, et la peur semble me dominer un peu plus chaque jours…
Tous les projets que j’ai eus jusqu’à présent depuis le début de la crise sanitaire et bien avant soyons honnêtes, je n’ai eu de cesse de les reculer, annuler par appréhensions, angoisses…

Chaque début de semaine, je me réveille, en me disant que celle-ci sera la bonne, que je commencerais des actions positives pour sortir de ma situation mais il n’en ait rien. Je n’ai jamais fait la moindre chose dont je puisse être fière dans ma vie et cela me ronge. La situation sanitaire ne fait qu’empirer mon état, je suis aujourd’hui en pleine dépression, si j’avais le courage de me jeter d’un pont ou sous un train je le ferrai mais je ne l’ai pas et je subis chaque jours mon état d’esprit d’un incroyable négativisme.

Je m’excuse de la longueur de ce message et si ce dernier peut paraitre décousu, pardonner la qualité de ma plume, je ne suis pas écrivain mais j’ai fait de mon mieux. Je voulais simplement vider mon sac et partager un peu de mon vécu et de mon expérience dans l’anonymat. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me lire.
Cerisier
Messages : 46
Inscription : 03 févr. 2021, 22:11

Re: Le point de rupture...

Message par Cerisier »

Bonjour,

C'est normal que vous vous sentiez aussi abattu et désespéré. C'est parce que vous avec vécu beaucoup dans l'insécurité et vous n'avez pas eu de repères.
Votre parcours scolaire et professionnel ne vous a pas aidé non plus. Vous vous sentiez moins capable, incompris, vulnérable, ... Mais il est sûr que si vous êtes en vie, c'est que vous avez votre place sur terre.
Mais selon moi, ce n'est pas une fatalité. Vous êtes encore très jeune. Vous devez retrouver confiance en vous et en la vie. C'est comme ça pour beaucoup de gens et c'est la mort qui viendra y mettre un terme. Enfin quand je dis mort, cela dépend de notre croyance pour ce qui arrivera après.
J'espère que vous pourrez suivre une psychothérapie ou voir un médecin compétent qui pourra vous conseiller pour traverser cette épreuve.
Je vous souhaite d'en sortir fort et épanoui.
Courage
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