Mon baluchon

Pour parler de tout et de rien en dehors de la psychologie.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
Aujourd'hui, j'ai vu Dr Dufour, mon psychiatre de l'externe, et pour vrai, il m'a agréablement surpris point de vu thérapeutique. Il m'a dit qu'il me connaissait depuis un an et demi, et qu'à chaque fois que je me suis ramassée hospitalisée, je vivais un gros chamboulement émotionnel... et que peu importe la médic qu'on ne donnait pour essayer de m'aider, souvent, c'était lorsque le problème se réglait que je commençais à prendre du mieux.

Au lieu de parler du trouble alimentaire, de la visite de la nutritionniste ce matin, de mon nouveau plan alimentaire, il m'a dit qu'on allait parler du noeud du problème, c'est-à-dire ce que je veux faire par rapport au mariage à ma soeur. Ce foutu événement... j'ai ressorti le travail que j'avais fait la semaine dernière comme balance décisionnelle... les points positifs et négatifs à y aller ou pas... ce que je risque et ce que je gagne. J'ai vraiment beaucoup de mal à me positionner. On a parlé de ce dilemme pas mal toute la rencontre. Il m'a dit qu'il me croyait que c'était souffrant ce que je vivais, mais comme je le sais déjà, mon trouble alimentaire est seulement là pour masquer une souffrance plus profonde... c'est une grande mascarade que ma tête trouve pour se protéger de quelque chose de trop douloureux... et je me dis que ça doit être vraiment douloureux parce que c'est vraiment intense ce que je vis!

Il va venir me voir demain. Il m'a demandé de faire un travail... qui sur le coup, je me suis dit que ça allait être ok à faire... mais il me demande de me projeter vraiment dans l'événement... ce week-end là! De la visualisation. Qu'est-ce que je vois, comment je me sens, qu'est-ce qui arrive... faire un scénario que je suis au mariage, ou l'autre où je ne suis pas au mariage pendant que ça se passe.

Après la rencontre, je me suis retirée à ma chambre pour penser un peu... et là, l'intensité est montée à son apogée... juste à essayer de penser comment je me sentirais, peu importe lequel de ces scénarios. En quelque part, j'ai le feeling que je me sentirais pas en sécurité, peu importe. Ça va être intense peu importe. J'ai commencé à me sentir super agitée... à avoir besoin de bouger. Je suis allée prendre un calmant. Je sentais que j'étais pour décompenser, me mettre en danger... mais au fond, c'est que j'ai peur. Je ne veux vraiment pas aller là. En quelque part, je sens peut-être que je ne peux pas aller là...

J'ai revu le psychiatre. Je lui ai demandé s'il allait être fâchée si je ne le faisais pas au complet... ou si j'en faisais juste un des deux scénarios... je lui ai dit que je sentais que ma tête m'amenait dans des millions de directions. Que j'allais faire les bons choix mais que c'était plus dur que ce que je pensais quand il me l'a proposé. Il m'a dit qu'il n'allait pas être fâché peu importe, et que je ne devais pas me soucier de lui, je devrais plutôt tenter de me soucier de moi et de mes émotions. C'est un bon point quand même.

Ce n'était pas comme avec Dre Robichaud mais pour vrai, j'ai senti qu'il m'a challengé sur un plan que je comprends... comme s'il parlait mon langage depuis toujours. Pas depuis toujours mais depuis que je me sens plus rationnelle par rapport à ma situation.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
Je suis encore hospitalisée, mais je crois que je vis avoir mon congé bientôt.
J'ai passé la semaine à essayer de prendre une decision... prendre la bonne décision! Dr Dufour me disait que je tournais en rond dans un sens et que si je ne prenais pas de décision, ça ne servait à rien de me garder hospitalisée. Je comprenais quand même son point, mais en même temps, j'ai comme senti de la pression, ou bien peut-être qu'il était tanné de m'entendre tergiverser... à tous les jours, même plusieurs fois par jour, je changeais d'idée... ça m'arrive rarement ça quand même. Mercredi, je pensais que j'avais pris une décision, que je n'y allais pas. Mais j'ai voulu mettre ça concret en appelant ma soeur... et devant sa réaction, je n'ai pas été capable de m'affirmer. Je m'en voulais après. Je me trouvais nulle... pas capable de décevoir personne. Le lendemain, j'avais un rendez-vous avec ma psychologue en matinée. Elle m'a fait la lecture de l'évaluation psychologique qu'elle allait envoyer à l'ivac. Ouff! Ça l'a été tellement difficile à entendre. Je suis devenue super fébrile encore cette journée là!. Je passais d'un état dissocié à un état agité physique et mental... j'ai eu une hallucination auditive en faisant du casse-tête... bref!
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
Ça va un peu mieux, quoique j'ai l'impression de faire une dépression ou je ne sais trop quoi... en fait, Dre Robichaud est revenue de vacances, je l'ai rencontré hier. Elle m'a demandé de faire un travail pour reconnaître mes besoins, pour donner une ligne directrice a l'hospitalisation je crois...

J'ai trouvé ça difficile à faire, encore une fois.
Je me surprends à trouver des devoirs difficiles. En fait, j'étais incapable de discerner quels étaient mes besoins vs quels étaient ceux des autres. En fait, je suis capable de dire, dans toutes les sphères de ma vie,comment je devrais réagir ou me comporter pour répondre aux attentes, mais j'ai vraiment de la difficulté à savoir pourquoi je fais les choses et qu'est-ce que je veux vraiment... qu'est-ce que j'ai besoin... je dirais que j'ai juste besoin de ne pas me mettre de pression en ce moment. Je sens que je croule sous des tonnes de pressions... je me sens coupable pour tout.

Et je regardais ce qui s'en venait pour moi. Ce qui est étrange c'est que je me sens éteinte. La passion pour la danse, l'excitation pour ce projet que je veux concrétiser, je ne la ressens plus. Je n'ai pas hâte de commencer l'école et je ne vis aucun plaisir à juste me projeter là-bas... alors qu'il n'y a pas si longtemps, c'était LA chose que je voulais faire pour moi. Il y a plein de changements d'envergure qui s'en viennent. Mon sans-solde au travail, mon déménagement, la fin de mon suivis SIV avec Evelyne, qui je ne sais pas trop a servi à quoi finalement... mon éloignement de l'équipe de psychiatrie. Ils ne changent pas mon dossier de place avec mon déménagement parce que je garde mon pied à terre ici... je vais revenir dans mon appartement! Mais je ne suis pas excitée par rien. Je dois faire mes boîtes, je dois avancer... et je suis juste en train de m'effacer de partout... j'ai l'impression que je me perds de plus en plus... c'est comme si je m'effaçais de la job, anyway, je ne serai pas là pour une année... je crois que je trouve la transition difficile... et que ça crée une genre de perte de repère.

Habituellement, je devrais me sentir tellement joyeuse d'aller concrétiser ce projet. Je ne comprends pas pourquoi j'y vais à reculons.

J'ai comme une perte de sentiment de plaisir, une grande culpabilité, une faible estime de moi, la concentration c'est pas facile... donc je ne sais pas si c'est juste de la dissociation... ou si c'est que je suis down... ou si c'est que les restrictions que j'ai imposées à mon corps ont eu un effet sur mon cerveau et les neurotransmetteurs!?

Bref, j'aurais aimé pouvoir voir Dre Robichaud aujourd'hui mais elle était à l'urgence. Je fais un gigga transfert maternelle par rapport à elle et ça me fâche qu'elle ne soit pas ma psychiatre à l'externe. J'ai peur que ça me pousse à rester plus longtemps à l'hôpital... je ne veux pas que ça m'influence. J'en parle avec elle de ce transfert. Je crois que c'est ok que j'aborde ça avec elle. Je sens que j'ai l'espace pour le.faire.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

J'ai besoin d'avoir le droit.
Voici ce qui est sorti de ma rencontre avec la psychiatre cet après-midi. Quel était mon besoin affectif... qu'on me donne le droit. Le droit à ne pas aller au mariage de ma soeur, mais aussi par rapport à mon diplôme en danse. Je vis avec ce profond sentiment que je n'ai pas le droit. Je n'ai jamais eu le droit de danser... et ce, depuis vraiment longtemps! Du plus loin que je me souvienne, la danse n'était pas reconnue chez moi... c'était un gaspillage de temps et d'argent. On ne me supportait pas dans mes rêves, mes passions.

Qu'est-ce qu'il s'est passé quand je suis revenue de voyage... parce qu'on dirait que la flamme à l'intérieur de moi s'est éteinte à ce moment là... il y a eu la demande de congé sans solde au travail... mais ça concorde aussi avec la réception du courriel de ma mère. C'est comme si j'avais intégré les messages de mes parents à l'intérieur de moi. Je me fais violence toute seule et je suis conditionnée à un point tel que je ne me permets pas de vivre tout le positif qui vient avec mon projet.

Alors je fais quoi... pour me donner le droit??
C'est juste moi qui peut me donner ça. J'en suis consciente. Mais on commence par où? Pourquoi est-ce que j'attends l'approbation de ma mère, inconsciemment? Par moi-même, je sais comme pas.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour!
Je travaille vraiment fort sur moi en ce moment!
Lors de mon avant dernier rendez-vous avec la psychiatre, j'avais dissocié solide à la fin, sans savoir pourquoi.

Dre Robichaud m'avait demandé de travailler sur un plan de sortie de l'hôpital et aussi de rester ouverte pour essayer de trouver la signification de ma dissociation. Elle me disait que ça pouvait popé dans un rêve ou en faisant de l'écriture libre, que je devais être à l'écoute. Donc, pendant 24h, j'essayais vraiment d'être ouverte, j'ai beaucoup écrit... beaucoup beaucoup.

Je parlais beaucoup de mes parents... je zonais out une fois de temps en temps. Ce que je me suis rendue compte, c'est que c'était souvent quand je ressentais de la colère que ça flanchait. Je ne laisse pas beaucoup ma tête se donner le droit pour ressentir de la colère envers les autres. Envers moi, c'est plus facile. Mais la colère que je ressens envers ma mère est assez intense... et envers mon père aussi. Mais on dirait que j'en veux plus à ma mère qu'à mon père, de m'avoir fait vivre beaucoup de violence psychologique et de rejet alors qu'elle était consciente de ce qu'il se passait et qu'elle ne me protégeait pas. C'est comme si elle m'avait trahie encore plus. Elle aurait pu faire différence et elle ne l'a pas fait. J'ai eu besoin de parler de mes souvenirs. Que je me rappellais encore de plein de détails, des minis détails très précis, dans plein de situations... des siuvenirs heureux, des souvenirs plus difficiles. J'ai parlé du fait que quand mes parents racontent ce que j'ai vécu en changeant des détails... et en disant que j'ai un monde parallèle. Comment je peux me rappeler de trucs aussi précis pour qu'on me dise après que je ne me souviens pas de la bonne chose... je sais que ça peut être une technique des agresseurs pour ne pas prendre la responsabilité de leurs actions... le faire porter à la victime et se sauver dans un sens! Mais ça provoque chez moi une colère tellement grande. Une invalidation en bloc de ce que j'ai vécu qui me cause un doute par rapport à moi et à ma vie.

J'ai fait un rêve que j'ai trouvé traumatique, c'est le feeling que j'avais, je me suis réveillée tellement fébrile encore. Il y avait une petite fille de 5 ans qui me chargeait et me rentrait dedans avec son épaule à répétitions. Elle était hystérique et je la contentionnais en full basket sur le sol jusqu'à ce qu'elle se calme. En expliquant le rêve, Dre Robichaud m'a demandé alors pourquoi est-ce que c'était traumatique ou générateur de fébrilité. J'ai dit que je pensais que c'était moi la petite de 5 ans... et je me suis mise à raconter la fois que je me suis ouvert le genou à 7 ans... encore mes 7 ans! Et je ne voulais pas que personne me touche ou me soigne. On a eu beau me geler localement, me donner des calmants, j'étais hystérique. Ils m'ont contentionné dans une couverture et ils étaient 7 adultes à me tenir sur la table pendant qu'on me faisait des points de suture... et Dre Robichaud m'a demandé pourquoi est-ce que je rapportais cette histoire... j'ai dit que j'avais 7 ans et finalement, j'avais peut-être crié plus fort que je le pensais, à 7 ans, pour essayer d'exprimer qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond... j'ai toujours pensé que l'anorexie avait été ma manière d'alerter quelqu'un... mais finalement, j'avais sûrement fait autre chose... je n'étais peut-être pas juste une victime silencieuse... j'ai sûrement essayé de d'autres manières... la petite de 5 ans, c'était sûrement une partie de moi qui aurait aimé se faire faire un full basket. La technique du panier, ou full basket, c'est comme la technique de la maman ours pour calmer les jeunes en crise, de manière non violente et enveloppante.

J'étais très calme en racontant tout ça. Pour vrai, je me sentais importante parce qu'il était 17h15, un vendredi soir, ça faisait une heure que je parlais avec elle et elle ne me faisait pas sentir que je prenais trop de temps ou qu'elle voulait être chez elle, pour la fin de semaine. Elle a été là, disponible... accueillante et bienveillante. La seule chose qui me fait sentir triste, c'est qu'elle n'est pas là en externe, juste en interne. Mais elle est toujours là!
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