Mon baluchon

Pour parler de tout et de rien en dehors de la psychologie.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
J'ai eu mon rendez-vous avec Kathia ce matin. On est allé marcher au parc. Je me suis trouvée bonne parce que j'ai quand même été capable de lui nommer mes émotions et mes inquiétudes sans tomber dans la dramatisation... et c'est peut-être con, mais ça n'a pas été facile.

Être capable de nommer ce que je vivais, sans montrer que je le vivais par des actions qui pouvaient me nuire. Ce qui est difficile c'est de sentir que le message passe... sans avoir besoin de crier.

Mais qu'est-ce que j'avais besoin de mentionner... de crier justement! J'avais besoin de dire que les services auxquels j'ai accès en ce moment m'aident énormément... et que j'ai peur d'avoir de la difficulté à fonctionner sans. En fin de semaine, j'ai eté capable de tolérer la détresse que je vivais, en me disant que je savais qu'on allait m'entendre... que je n'avais pas besoin de monter le son d'une coche... je pouvais attendre... avant, je n'aurais pas été capable, dans un moment de panique, de me calmer ou d'attendre... j'aurais capoté... je me sens dans une urgence nationale dans ce temps là, c'est vraiment difficile de tolérer l'attente, comme si ma vie en dépendait.

Mais là, étrangement, Kathia m'a dit qu'elle m'entendait. Est-ce que je pourrai lui faire confiance? J'ai été capable de nommer que dans mes suivis, il me restait elle, et ma psychologue... et que les deux travaillent des choses vraiment différentes. Avec Kathia, je suis dans le concret. Dans mon plan de match de comment je gère mes émotions. C'est un peu plus psychoéducatif, c'est au niveau de mon fonctionnement général. Avec ma psychologue, je parle de trucs plus profonds. Moins concrets... comme si ce n'était pas important le ici et maintenant. C'est sûrement pas le cas, mais il y a toute une question abstraite... comme si le plus important, c'était dans ce qui ne se disait pas... jamais je parle de ma routine ou de mon quotidien avec ma psychologue... je vais parler de ce qui m'a fait réagir dans mon quotidien. Parfois c'est un mot, qui décrit quelque chose qui a été important, qui me fait parler de plein de trucs, qui se mettent à avoir un sens. À faire du sens, à faire des liens.

Je sais que le suivi va se terminer dans 3 mois avec Kathia, et ce que je voulais, ce n'était pas pour que Kathia choisisse de prolonger le suivi. Je sais que je n'aurai pas le choix d'affronter ces sentiments. Et je l'ai répété plein de fois à Kathia, que je n'avais pas envie qu'elle me dise que je le savais depuis le début que le suivi était de 2 ans. Comme si ça pouvait faire en sorte que je n'avais pas le droit ou d'avoir peur ou d'être en colère, parce que je connaissais cette information depuis longtemps.

Elle a respecté ça... elle m'a dit qu'elle aimait travailler avec moi, que mon cheminement était beau. Elle m'a dit que sa job à elle, c'était de prendre les informations et d'apporter le tout à son équipe pour essayer de trouver des solutions. Elle m'a dit que je pouvais lui faire confiance. Que je ne devais pas crier partout, parce que de toute manière, tout le monde allait se référer à elle... mais elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas rien me promettre sur le résultat, mais qu'elle essaierait. Elle m'a dit qu'il y aurait peut-être un moyen d'avoir un suivi de première ligne, alors que le suivi d'intensité variable, c'est en deuxième ligne... mais qu'il y avait des services en santé mentale adulte, qui étaient plus accessibles...

On dirait que pour moi, qu'on me dise que si je fais une crise sans avoir de suivi... ben que je pourrai aller à l'urgence... il me semble que c'est de me proposer des solutions qui peuvent avoir beaucoup d'impacts négatifs pour moi... alors qu'en ce moment, je réussis à ne pas décompenser. De ne pas ressentir le besoin de décompenser et de crier... mais après ça... pourquoi est-ce que je cris... parce que je connais plus mes besoins.

Mais ensuite, mon besoin est-il fondé ou pas?
Et comment y répondre par moi-même... est-ce que de reconnaître que j'ai encore besoin d'aide peut être une force. Je crois qu'un jour je vais être capable de fonctionner sans aide. Mais je ne me sens pas encore là... et je trouve que c'est légitime.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Le coup de grâce...

Retour au point focal. Au vide total dans mon cerveau pour me protéger de ce qui me fait peur ou me fait mal. Je fixe un point au mur parce que je viens de recevoir un poing dans la face... bourdonnement dans les oreilles, sensation d'irréalité. Et tout ça, c'est de ma faute. C'est moi qui me suis mise dans le ring de boxe, devant des adversaires qui connaissent trop bien mes limites, mes fragilités... là où il faut frapper pour me faire tomber, pour me tuer d'un seul coup. Je me suis rendue vulnérable par mes choix, mes actions... donc, est-ce que je mérite ce que je vis en ce moment. Je l'ai cherché... je ne devrais donc pas me victimiser et je devrais assumer... mais je me sens sonnée en ce moment. Sonnée, mais je l'avais vu venir. Ce week-end, l'alarme sonnait déjà dans ma tête... j'étais déjà en hypervigilence, je me sentais déjà coupable, triste, ou mélangée... parce que je vois venir les choses, les événements... je fais de l'anticipation, sûrement, mais je ne suis pas tant à côté de la traque que ça. Je sais ce qui s'en vient... je le sais depuis longtemps.

Mon père aura 60 ans le 12 mars.
Je le sais... ce n'est pas une question que je ne m'en souvenais plus... je le sais depuis trop longtemps... que ça serait difficile pour moi. Il faut comprendre que dans ma famille, les anniversaires en chiffres ronds sont soulignées en surprise party... 20-30-40-50-60... et que je savais déjà que même si je ne suis plus en contact avec lui, j'ai eu un petit moment de faiblesse avec ma mère dernièrement en lui écrivant un texto... j'allais devoir vivre avec ma décision d'être présente ou absente et les émotions associées à cette décision là... ce week-end, je paniquais déjà, en sachant bien trop que j'allais recevoir une invitation... est-ce qu'elle allait transiter par ma mère, ma soeur, des amis de la famille ou d'autres membres de ma famille...j'en avais aucune idée... mais je savais que ça allait ressurgir. Je savais, même sans avoir reçu d'invitation, que j'étais pour avoir une pression sociale par rapport à mon choix. Je savais ce que mes parents souhaitaient... qu'en quelque part, le plus beau cadeau que je pouvais faire à mon père, c'était d'être présente à son party de 60 ans... que je brillerais autant par ma présence que par mon absence... c'est un peu la même chose qui me fait peur dans l'idée que ma grand-mère paternelle décède... elle est âgée... et même si elle est quand même en bonne santé, l'idée de devoir me rassembler avec tous les membres de ma famille... à soit, démontrer la réalité, que je ne leur parle plus, ou soit faire ce que j'ai toujours fait... préserver une image, faire comme si de rien n'était... comme la fois où j'avais croisé mon père chez l'optométriste, son cousin... et qu'il m'avait fait la bise... et que j'avais comme figé parce que ça faisait plusieurs mois qu'on ne se parlait plus... je m'étais sentie tellement mal. Comme si j'étais piégée... comme si je n'avais pas le droit de m'exprimer, de dire que je ne voulais pas lui parler et qu'il fallait qu'on préserve l'image...

Je savais que j'allais devoir vivre avec ça... avec le fait que j'allais savoir que j'allais prendre la décisison de ne pas y être... et que j'allais devoir vivre avec le fait que personne ne comprendrait... et qu'on me verrait plus comme l'enfant ingrate qui n'était pas là à l'anniversaire de son père, sans comprendre pourquoi... ou sans vouloir comprendre pourquoi.

Ce matin, j'ai reçu l'invitation officielle de la part de ma mère. Il y aura un surprise party zoom pour la fête à mon père. Dans son message, ma mère me dit que toute la famille et les amis avaient été invités... même mon oncle qui a abusé ma mère, et la soeur de ma mère qui est sa femme... j'aurais eu envie de crier qu'elle n'avait absolument rien compris...

J'ai tellement vécu une frustration...
J'avais envie de lui dire qu'elle n'avait crissement rien compris... et elle sait pourquoi je ne leur parle plus. Cette maudite inceste qui est acceptée dans la famille... ce choix de faire comme si de rien était... accepter n'inacceptable... ne pas se positionner.

Ce qui est fâchant, c'est d'avoir l'air de la mauvaise personne... alors que ce n'est pas moi qui suis mauvaise... que si quelqu'un demande où je suis... parce que ce n'est probablement pas tout le monde qui sait que j'ai coupé les liens avec mes parents, bien ils pourront se victimiser... nommer whatever quoi sur moi...passer ça sur mon trouble de santé mentale, nommer que j'ai des troubles du comportement... que je suis méchante, ingrate, après tout ce qu'ils ont fait pour moi et tout ce que je leur ai fait subir... et ça, ça me dérange aussi. Je savais que ça allait se produire... et ça me met tout croche. Ça me donne envie de crier et de me révolter. Ça me donne envie de me détruire, de ne plus exister parce que je suis tannée d'endurer ça... de savoir, de sentir, comme une névrosée, le sentiment de culpabilité en anticipant la situation, que je sais trop bien qui va finir par arriver... et ça arrive... et en quelque part, je me dis que je ne suis pas tant folle que ça... de savoir que ça s'en vient, comme si j'étais capable de prédire l'avenir.

Je me sens déjà à terre... fatiguée, épuisée...
J'ai envie de crier en ce moment... juste pour que quelque chose s'apaise. Parce que ça me pèse dessus comme la tonne de brique que je voulais me lancer sur les pieds à 8 ans... pour me broyer les os... pour qu'on arrête de me mettre de la pression pour jouer au soccer... parce que je n'étais pas heureuse et que les mots ne suffisaient pas... les crises d'angoisse ne suffisaient pas pour faire comprendre que je n'étais pas bien... j'étais bonne, j'étais une étoile et il m'utilisait...
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Le pouvoir des mots

Les dernières journées que j'ai passées ont été difficiles. L'intensité qui augmente quand je ne me sens pas entendue ou écoutée. Je me rends compte que j'ai vraiment une grosse crotte sur le coeur envers le système de santé et des services sociaux. Je ne sais pas si c'est ma fébrilité qui m'amène à avoir autant de colère contre le système, ou si c'est que j'ai accumulé beaucoup de déception et de ressentiments à travers les années. J'ai besoin de me faire entendre... je crois que c'est la fonction de mes troubles du comportement, liés à mon impulsivité et mon TPL peut-être...mais on ne m'entend pas.

La semaine dernière, je me suis sentie envahie par mon anxiété. Je me sentais vraiment chargée, et qu'au moindre petit truc, j'étais déclenchée... 2 choses me stressaient et me faisaient vivre de la détresse. La première, c'est l'histoire de mon suivi et de ce que j'avais perçu, il y a une semaine, de mon intervenante de l'hôpital... l'autre, ce fut l'invitation pour les 60 ans de mon père...

En fait, ce sont 2 événements qui m'ont fait vivre tellement plein d'émotions. De l'angoisse, ça c'est clair... mais aussi, beaucoup de colère... et dans tout ça, j'avais aussi ce sentiment de ne pas être entendue ou validée dans toute la souffrance que j'ai vécue...

Le sentiment de ne pas avoir de contrôle sur rien. J'ai perdu le contrôle de mes pensées... je me suis mise à ruminer et revoir en boucle tous les éléments qui faisaient en sorte que je n'avais plus de contact avec mes parents... on dirait que cette cassette est partie pour me déculpabiliser de choisir de ne pas faire suite à cette invitation... mais j'avais besoin de me prouver à moi-même que je n'étais pas une mauvaise personne... et que j'avais raison... sauf que ces pensées/flashbacks sont devenus tellement envahissant... je n'étais pas capable de juste respirer et prendre un pas de recul... et, mélangé à l'anxiété de ma fin de suivi avec Kathia, et du fait que j'avais saisi qu'elle me proposerait une prolongation de mon suivi... ça m'a fait décompenser solide. En fait... j'ai senti que j'avais perdu ma contenance... et je me suis transformée en pieuvre feu d'artifice... j'ai cogné à toutes les portes, j'ai testé les limites... et je n'ai pas récolté ce que je voulais finalement.

J'ai eu l'air de la fille qui ne respectait plus du tout le cadre... en fait, c'est vrai que je ne le respectais plus... et que je m'enfonçais... quand j'ai eu la réponse du CLSC, qu'ils ne me donneraient pas d'informations ou de nouvelles parce que tout devait passer par Kathia, ça l'a mis le feu aux poudres... comment je pouvais faire confiance à Kathia, après ce que j'avais ressenti... donc, étant plus en crise, j'ai fait des demandes au centre de crise... puis là aussi, ils m'ont parlé de mon plan d'intervention... ils m'ont parlé des 3 appels de 15 minutes que je pouvais faire par semaine... ils m'ont coupé le sifflet... et je ne me rappelais comme plus à quel point ça ne m'aidait pas... comment j'avais plus le feeling de ne pas être écoutée... que lorsque je leur demandais de considérer mon cheminement et mes demandes d'aide adéquates, que j'avais grandi depuis 6 mois... je n'étais pas prise en considération. J'ai beau dire calmement ou crier que je ne suis pas d'accord... ça ne change rien. C'est toujours la même chose... je n'ai aucun pouvoir... mais c'est tellement contradictoire... parce qu'ils sortent quand ils veulent la carte que je suis compétente, que je suis intervenante, et que je ne devrais pas avoir besoin d'aide... que je sais quoi faire pour m'aider... comme si tous les intervenants n'avaient pas besoin d'aide... je suis peut-être obstinée... mais je sais que j'ai raison! Intérieurement, je ne traiterais jamais quelqu'un comme ils me traitent... quelqu'un qui dans son histoire, a dû se taire plus que moins... alors pourquoi ils font ça, pourquoi ils me provoquent comme ça? Alors... je m'arrange pour les provoquer? Je ne sais pas... je ne les provoque pas eux personnellement... mais je teste les limites. Dans mon état décontenancé... j'ai appelé partout. J'étais frustrée de ne pas avoir de réponses... que justement, on ne me rappelle pas en me validant et en apaisant mes souffrances... j'ai été capable de tolérer... puis est arrivé vendredi... et j'ai juste sauté quand le centre de crise m'a raccroché au nez en me disant que j'avais fait 4 appels... ne me laissant pas dire un mot... si j'avais été en passage à l'acte suicidaire et que ça avait été ma dernière tentative d'avoir de l'aide, je serais sûrement morte... mais bon!

Je me suis ramassée à l'urgence samedi soir... après avoir crié un peu trop fort... mais pour vrai, la seule chose qui faisait en sorte que je ne pensais ni à mes parents, ni au réseau, c'est quand je me voyais dans des millions de scénarios dans lesquels je me tuais... encore des trucs dans lesquels j'avais un sentiment de contrôle... là, au moins, c'est moi qui décidait, je ne subissais pas... mais à la force de juste ruminer... j'ai fini par en parler à un ami... et ça l'a dérapé un peu. Je n'arrivais pas à dire que je n'allais pas passer à l'acte... je voulais tellement que tout arrête et avoir un moment de répit. J'avais tellement besoin de juste que ça arrête... autant à l'extérieur qu'à l'intérieur de moi. Cette agitation... cette impulsivité. J'y avais goûté pas mal toute la semaine... j'ai écrit à du monde, j'ai appelé à des endroits où je savais qu'ils avaient moyen de rejoindre Kathia, même si moi, je n'arrivais pas à le faire... j'étais fâchée de sentir que je devais juste me taire et faire avec les inconsistances du réseau.

En fait, vendredi après-midi, j'ai finalement été capable de me calmer et de nommer à Kathia dans un message vocal que ce qui m'inquiétait, c'était le fait que je savais ce qu'elle allait faire... et qu'il ne fallait pas qu'elle me propose de prolonger mon suivi... que ce n'était pas une question relationnelle, mais une question de services, et que justement, si elle ne voulait pas me faire éclater, il fallait qu'elle entende mieux ma demande. Mais sans pouvoir lui parler, je ne savais pas si c'était clair... et si elle allait, elle, dépasser la limite... c'était très anxiogène tout ça...

Donc, dimanche soir, je suis sortie de l'hôpital. J'ai eu le sentiment de m'être arrêtée... en fait, de me mettre dans une boîte, 24h, ça m'a quand même calmé. Ça l'a baissé mes idées destructrices qui partaient aussi en vrille... et ma peur de passer à l'acte. Je me sentais engloutie... là, j'ai pu respirer... et après, j'étais correcte pour sortir...

Mais lundi, j'avais mon rendez-vous avec Kathia.
Puis bon... ma crainte était réelle... elle m'a proposé de continuer 3 mois avec elle... puis j'ai commencé à me sentir tellement en colère... je lui ai parlé du centre de crise, et là, elle me disait qu'il fallait maintenir les limites avec moi... mais what the fuck qu'elle ne respectait pas sa propre partie... je me suis sentie tellement mal... j'avais envie de me pitcher devant une voiture... ça faisait tellement mal en dedans de moi. Kathia s'est mise à dire qu'on ne pouvait rien faire avec moi quand j'étais dans cet état... qu'on était mieux de finir la rencontre... et que là, je devais faire attention de comment j'allais gérer mes 3 appels au centre de crise... mais j'étais en crise fuck... je suis arrivée dans mon auto... j'ai fixé un point... et je me suis mise à pleurer ma vie. La pression en dedans de moi... cette envie de disparaître...

La journée a été toff... j'ai pris de la médication pour me calmer... mais le soir, j'ai écrit à ma psychologue... je ne me rappelais même plus d'avoir écrit... je disais que j'allais me tuer en me coupant les veine... j'expliquais tout ce qu'il s'était passé...

Ce matin, je lui ai réécrit que j'étais correcte...
Et là, j'ai comme écrit que je sentais que j'avais envie que quelqu'un prenne le rôle de m'arrêter...
Puis en écrivant rôle... ça m'a fait penser au mot contrôle... ou contre-rôle... pourquoi est-ce que ça m'a comme frappé... le contrôle... c'est ce que j'essaie d'avoir. Dans les sphères de ma vie. Mais je souhaite tellement que quelqu'un prenne ce rôle... et quand je suis dans le contrôle... est-ce que je suis moi même contre le rôle...?? Est-ce que je peux être la personne qui me le donne... en même temps, quand je nomme mes besoins et que je me mets à demander de l'aide quand j'en ai besoin... est-ce que je suis vraiment contre le rôle? Ou je suis justement capable d'établir mes limites!?

Rôle et contrôle...
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour!
J'ai eu un rendez-vous avec ma psychologue ce matin... et ça m'a tellement fait du bien!! La semaine passée... j'étais complètement pognée... je n'étais pas capable de parler... j'avais trop le feeling que j'allais exploser. J'ai passé mes 50 minutes à éviter tous les sujets.

Cette semaine, j'avais écrit un courriel à ma psy, lundi soir, à 23h30... sous l'effet de la médication. J'étais quand même capable de bien décrire ce que je vivais... mais j'avais peur de ce que j'avais pu écrire. J'avais pseudo menacé de me tuer à la fin du message... donc mardi matin, première heure, je réécrivais un message à ma psy, lui disant que j'étais correcte et que je ne voulais pas qu'elle s'inquiète par rapport à ma sécurité, et qu'on allait en reparler ce matin.

Je me suis sentie accueillie. Je me suis sentie validée. J'ai senti à la limite que ce que j'avais vécu la semaine passée n'aurait pas dû être vécu... que mon feeling qu'on n'a pas été juste avec moi, que j'aurais dû être prise en considération... que j'avais le droit de demander de l'aide... était légitime. Ça m'a enlevé un poids de sur les épaules. Ça m'a vraiment fait du bien.

Je pense de faire une plainte.
Une plainte parce que je considère que mes droits n'ont pas été respectés. J'ai le droit de participer à mon plan d'intervention, j'ai le droit de consentir, ou pas, à mon plan de soin... et j'ai le droit de choisir qui sera en charge de mon plan de soin. Bref! À voir prochainement.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs
Dans l'eau laisse une trace
Dont les écumes font la beauté
Pris dans leur vaisseau de verre
Les messages luttent
Mais les vagues les ramènent
En pierre d'étoile sur les rochers
- Daniel Balavoine-

Je me sens comme ça...
Une fille qui jette une bouteille à la mer.
Mais la bouteille est vide et je souhaite qu'on entende mes cris et mes S.O.S.

Je suis déçue de ma présentation à mon conseil d'administration. Je me suis plantée... vendredi, c'est les 60 ans à mon père... ça me fait flipper.
Je fais beaucoup d'anxiété. Je cherche le contrôle sur tout... sur les services qui me sont offerts, sur mon alimentation... sur mes pensées.

Je crois que j'aimerais que ça s'arrête...
Bref!
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

On dirait que je ne sais plus quelle partie de moi croire.
Je ne sais pas laquelle joue. Comme au théâtre.

La semaine passée a été difficile.
Et c'est comme si je n'ai pas été vrai... mais en ce moment, je ne me sens pas plus vraie non plus... dimanche le 6 mars, je sortais de l'hôpital. J'avais passé un 48h à l'urgence. Je sentais que j'avais besoin de reprendre le contrôle, surtout sur mon anxiété. Le dimanche soir, la psychiatre décidait de me garder une nuit de plus mais j'ai réussi à avoir mon congé. Je voulais travailler, pour ne pas avoir des répercussions sur mon travail. Mais la première chose que j'ai faite en arrivant chez moi... c'est calculer, secrètement, le nombre de pillules que j'avais accumulées... qui, avec ma prescription que j'allais chercher le jeudi suivant, allait me servir pour me suicider... et là... tout s'est mis à faire du sens. Comme si je n'avais plus besoin d'être en contrôle de rien. J'avais cette paix intérieure. Ça me faisait vraiment du bien. J'avais mon planning, bien setté dans ma tête. J'allais travailler. J'allais chercher ma medic à la pharmacie... j'allais me chercher des côtes levées au resto... parce que c'est ça que j'avais envie de manger comme dernier repas alors que je suis végétarienne... c'était la possibilité de manger ce que j'aime mais que je m'interdits. Je n'ai pas eu peur, je n'ai pas voulu attirer l'attention. Je n'ai pas parlé de rien à personne. Et je me sentais calme. Kathia me disait que j'avais vraiment l'air en contrôle. J'aimais ça entendre ça. Quand elle etait venue chez moi, le mercredi, j'avais caché ma medic, au cas où! Jeudi est arrivé... tout s'est enfilé... je me suis retrouvée chez moi, la médication devant moi... tout pour y arriver... et j'ai figé. Je suis restée quasi 1h immobile. En me disant que je ne voulais pas exister vendredi... le lendemain... je ne voulais pas être vivante la journée des 60 ans de mon père... une partie parce que je me sentais coupable... et une autre parce que j'étais en colère contre lui et qu'en quelque part, me suicider pour son cadeau de fête était fantasmé par vengeance. Je voulais lui faire mal comme il m'a fait mal. J'étais fâchée de ne pas pouvoir être là, à son party de 60 ans... pas parce que je ne l'aime pas... on peut aimer une personne même si elle est violente, surtout quand ça joue sur ta sphère affective... mon père, je l'aimais tellement... mais il a triché... il n'a pas respecté les règles du jeu...

Et j'ai fini par pleuré ma vie. Par me sentir tellement seule. Seule avec mon secret, alors que j'aurais souhaité ne pas être dans cette situation... mais là, des issues, je n'en voyais pas...

Et ces derniers jours, je suis plus dans l'inverse. Ce week-end, je me suis sentie tellement loin de mes émotions. Comme s'il y avait eu une déconnexion... je n'étais pas dans mes pensées... ni dans mes émotions... vendredi, samedi, dimanche ont passé... comme si de rien était... et j'avais l'air top shape... mais je savais qu'il y avait quelque chose qui clochait.

Ce matin, c'était le retour au travail. Et j'ai eu une grosse journée, bien remplie... il y a des trucs stressants à la job. Je badtripais un peu en voyant lesquelles de mes collègues parlaient au téléphone ensemble. J'avais le feeling qu'elles parlaient contre moi... Sérieusement, il a fallu que je prenne un pas de recul... parce que j'allais reagir. J'étais fâchée... et j'aurais réagi de manière défensive... en allant rapporter, de manière très émotionnelle, ma perception de la situation, dans un contexte assez inadéquat. Je sens la tension à l'intérieur de moi mais je fais tellement d'efforts pour rester en contrôle. C'est difficile! Je ne veux pas que ça paraisse... j'ai peur qu'on ne veuille plus rien savoir de moi si des symptômes ressurgissent...

Puis la journée a fini par passer...
Ce soir, j'ai du mal à m'endormir. Il est quasiment minuit ici. Il faut dire qu'on a changé d'heure ce week-end. J'étais dans mon salon quand je me suis mise à entendre mon père qui se raclait la gorge. Mon père a ce tic nerveux... de se racler la gorge dans un petit toussottement... je ne me suis pas sentie bien donc je suis venue me réfugier dans ma chambre. Et là j'écris, en me disant que c'est un voisin ou mon imagination... et qu'il n'est pas là dehors, en train de regarder dans mon appart. Dans la nuit de vendredi à samedi passé... j'ai fait des cauchemars qu'il arrivait chez moi et qu'il me forçait à lui donner des objects qu'il m'avait donne en cadeau... disant que je lui devais beaucoup d'argent et beaucoup d'objets de valeurs. Et je pleurais en voulant juste qu'il s'en aille... je ne savais pas comment il avait fait pour me retrouver. Mes parents ne connaissent pas ma nouvelle adresse...
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonsoir,
Je ne viens plus vraiment écrire ces derniers temps. On dirait que j'ai honte de moi. J'ai honte de me sentir à un point d'effondrement. C'est un question d'équilibre entre mon vrai moi et mon faux-self. En fait, j'ai l'impression que la moi brisée, la moi blessée, n'a pas vraiment sa place. J'ai l'impression que lorsque je n'arrive pas à atteindre ce que je projette de moi... quand je sens un déséquilibre... quand je sens que je n'y arriverai pas. Quand je ne veux plus être cette image... qui a l'impression d'avoir été acceptée seulement de la même manière que j'étais aimée et acceptée par mes parents... de manière conditionnelle... et ce que j'en comprends de tout ça, c'est que toutes les instances... toutes les sphères de ma vie, c'est la même chose!! On me donne beaucoup de renforcement positif quand je performe et que je réussis. C'est peut-être juste parce que la société est faite ainsi. Mais moi, quand je me rends compte de tout ça, je finis par me sentir tellement frustrée. On dirait que je vois où je me trouve, dans ma vie et tout... mais je n'ai pas le droit d'avoir de failles... je n'ai pas le droit d'être fatiguée, ou de rusher... il n'y a pas d'espace pour que je puisse nommer que c'est trop... ou que je ne peux pas être au top du top tout le temps. Mais le problème, quand tu as un très bon rendement, c'est qu'après, les gens n'acceptent pas que tu donnes un rendement moins bon.

C'est comme ça à mon travail...
C'est comme ça avec ma santé mentale... une fois que j'ai réussi à ne pas faire de crises en 6 mois... on me dit que je n'ai plus besoin d'aide...
On me dit souvent que je suis dans le tout ou rien... mais je ne suis pas la seule. J'ai du mal à concevoir pourquoi. Et pourquoi ça me frustre autant.

Et pourquoi, devant la sensation que je ne peux plus être que performante... j'ai le feeling que tout va s'écrouler... et que je vais juste tout laisser tomber. Comme si je n'étais pas capable de démontrer que je n'y arriverais pas. Je me sens narcissique... devant une impossibilité mentale d'atteindre ou de maintenir un rythme intense...

Je préfère tout lâcher, penser à me tuer... que de supporter le fait qu'on me perçoive autrement. Et je me rends compte que ça... c'est là depuis des années. Vraiment! Je pense à ma déconfiture en 2015... le 25 mars 2015... c'est weird ça... je ne sais pas si c'est quelque chose qui revient souvent, fin mars... ce sentiment de ne plus être capable... parce que le 25 mars, c'est demain... je me souviens qu'à cette même date, il y a 6 ans, je me rendais justement compte que j'étais incapable de maintenir mon emploi, parce que ma santé mentale avait un trop gros impact sur mon travail. Je n'étais plus capable de cacher mes troubles de santé mentale, comme si ça m'envahissait completement... et que les autres parties de moi sont aussi impossibles de coexister ensemble.

Je me sens suicidaire... depuis 2 semaines.
J'ai des impulsions de ne plus exister... parce que je ne suis pas capable d'exister vraiment... j'ai l'impression que les parties de moi sont incompatibles. Et ça me fait souffrir. Et ça me fait souffrir de ne pas pouvoir être... avoir l'impression de ne pas pouvoir...
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Je suis dans la tourmente...
Une tourmente qui tourne et tourne comme un carrousel. Cette tournente augmente quand je me regarde dans le miroir, quand je vois le mensonge derrière mon sourire de fille heureuse et en contrôle. Cette tourmente m'étourdie, me fait sentir en vie, tout en me faisant mourir à petit feu.

Je me demande ce que le temps va m'apporter. Je devrais être capable de m'apaiser, après tout ce temps. Ça doit faire 5 semaines que ça dure... j'allais dire que ça perdure... ça père dur... j'ai le coeur qui me lève à la vue de ces mots là.

Le sentiment qui m'habite, parce que ce manège, je le connais... c'est comme un mélange de quelque chose de réconfortant. La musique, ce que je vois... ce que je ressens. C'est un paysage habituel... mais en même temps, j'aimerais arrêter de tourner en rond. Parce que c'est difficile... je ne suis pas bien mais je me sens dans un engrenage. J'aimerais que quelqu'un de l'extérieur m'aime assez pour mettre le carrousel à l'arrêt... pour que je puisse débarquer et prendre le temps de laisser passer les étourdissement, pour m'en aller le plus droit possible, vers mes objectifs. Mais personne ne l'arrête... donc j'ai l'mpression qu'il faudrait que je me lance en bas de mon cheval... tout en sachant que je risque de me faire mal et de devoir prendre le temps de me remettre sur pied, un peu avant repartir. Mais pourquoi est-ce que j'embarque dedans!! Disney World, je n'ai jamais pu résister... sauf la fois en 2012, où je suis allée sans ma famille, avec une amie... j'ai vomi ma vie pendant toute la semaine, incapable d'y aller... incapable d'aller dans les manège... je ne sais pas si c'est parce que Disney a toujours été une affaire de famille... un lien direct à ma mère, quelque chose que je partageais avec la mère de ma mère. J'ai déjà demandé à ma mère si elle avait voulu vebir en voyage, juste avec moi, un moment où on était, encore, en chicane... on se pognait tout le temps... j'avais envie qu'on se réconcilie... qu'on vive quelque chose juste les deux... mais elle m'avait répondu qu'elle ne partirait jamais sans mon père...

La fois où moi, j'y suis allée sans elle... je finissais ma première année d'université... j'étais claquée, un peu comme je le suis en ce moment! J'ai eu envie de vomir, à tous les jours... je suffoquais à la chaleur de la Floride! J'étais incapable d'attendre dans les files d'attente. J'avais le feeling que j'allais mourir là... je ne savais pas comment faire pour vivre ces souvenirs là, mais d'être toute seule. Sans mes parents... je ne sais pas si c'est le moment où toute la violence que je vivais m'a sauté dans la face... je venais de finir une année où j'avais réussi académiquement. Ma première année de bac, j'avais tout, pour me sentir fière de moi. Pour avoir l'impression d'être construite... je scorais au niveau de mes notes... comme si je me construisais un standing... pour plaire à mes parents... mais pour moi, ça ne voulait rien dire... à Disney, cet été là... j'ai appelé ma mère à tous les jours, en pleurant toutes les larmes de mon corps... en lui disant que j'étais malade... que je n'étais pas capable de rien affronter. Et quand je suis revenue, j'avais plein de choses qui m'attendaient, plein de responsabilités... mon travail pour la protection de la jeunesse, 2 cours d'été en condensé... j'ai crashé... dépression... pu capable de fonctionner...

En ce moment, je me sens comme en 2012...
Après avoir été imparfaite et avoir senti, au travail, ce que j'ai toujours ressenti chez moi... je me suis mise à scorer... à réussir intelligemment... jusqu'à ce que les autres me renvoient une image de moi que je suis au top du top... sans avoir l'impression que ça me nourrit... je le fais juste pour me faire aimer par les personnes qui sont en autorité sur moi! Pour sentir que j'ai une valeur. Parce que si je suis juste moi, moi je sais que je suis une bonne personne, mais ce n'est pas ce que les autres me font ressentir...

Alors en ce moment, je reçois beaucoup d'éloge au travail... mais ça me frustre plus que d'autres choses... jsuis pas contente... je ne suis pas soulagée de voir une répétition de pattern... de sentir que j'existe juste sans ce contexte là... la pression qui vient avec ça, c'est vraiment difficile... j'étais dans un pôle désidéalisé... et je suis tombée de l'autre côté de la balance... et je ne veux pas ressentir ce qui me fait siii mal, revenir à cette répetition. Je préfère mourir que de revivre ça, de ressentir ça.

Je n'ai pas envie d'être ça...
Ce ça là, c'est pas moi... j'aimerais être autre chose... trouver je suis qui... mais en ce moment, on dirait que c'est mon trouble de santé mentale qui ressort... mon tpl... je ne suis pas bien, je réagis. Je me sens suicidaire. Je me sens comme s'il n'y avait pas de possibilité de sortie... je me sens comme si je n'étais pas capable d'être moi... comme s'il n'y avait aucune manière d'être moi. Comme si je n'avais pas la chance d'être moi... et que c'était soit la partie malade ou la partie performante qui a la possibilité d'exister... mais je suis qui moi... autre qu'une ou l'autre de ces moi qui vivent, qui sont mises en scène... je ne sais pas.

Je me sens suicidaire à un point où je ne me suis jamais sentie. Normalement, les idées suicidaires peuvent être là, mais c'est plus comme des appels à l'aide... la, je passe à l'acte. Je ne veux plus me battre, j'essaie de trouver la manière la moins douloureuse possible de juste me supprimer de ce monde. C'est difficile. Je me vois faire des tentatives de suicide... me remettre à chercher d'autres moyens... j'ai besoin de ressentir un apaisement... en ce moment, j'ai juste envie de ça...
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
Ce sont des bonnes pistes de réflexion.
En même temps, je dois faire la différence entre ce que je pense, et mes propres perceptions de moi même, mes propres automatismes... et ce que je sens du regard des autres qui me fait me sentir mal.

Hier, avec mon intervenante Kathia, je répétais souvent 2 choses. La première était que je me sens fatiguée... la deuxième était que je n'avais pas le droit de mal aller... puis elle me demandait de qui je parlais quand je nommais "tout le monde" qui ne me donnait pas le droit. J'ai parlé de mes boss, à mon travail. J'ai parlé du réseau de la santé... cette pression quand on me dit que moi,j'ai pas le droit de dire que je ne suis pas capable... que je ne suis plus capable. Je parle de mes proches... quand je me mets à mal feeler, on dirait que tout le monde s'en va. Et dans un sens, je comprends... moi aussi je m'en irais sûrement... comme hier, ça m'a fait quelque chose parce que ma meilleure amie est en escapade avec son chum, pendant 2 semaines. Puis en parlant avec une autre amie en commun, avec qui je vais prendre des marches et que je fais des échanges de bouffe... j'ai saisi que Valérie allait rejoindre Lau et Jo pour passer le congé pascal... mais ma meilleure amie ne m'a pas partagé cette info, alors qu'on se retrouve souvent les 4 ensemble... je crois que Lau a besoin d'un break de moi... et ça me fait de la peine. J'aurais besoin d'elle... mais c'est sûrement trop pour elle et je dois respecter cela.

Mais Kathia semblait me dire que personne ne me met de la pression... peut-être que c'est pas direct comme pression... mais on dirait que tout part de l'arrêt des services. C'est peut-être ça en fait. Quand on me dit que je suis capable, et qu'on me traite comme si je n'avais pas de difficultés... alors que je sais que j'aimeeais que ça soit le cas... mais que ce n'est pas la réalité... que même si je fais beaucoup d'efforts pour être le plus fonctionnelle possible, il arrive souvent que je me sente envahie ou trop anxieuse, ce qui finit par avoir des impacts sur moi et ce que je suis capable de faire. J'imagine que ces hauts et ces bas sont normaux, dans la vie de tous... et que n'importe qui pourrait vivre des trucs les rendant un peu moins fonctionnel au travail... et je suis personne pour être capable de juger quel est le niveau de tolerance d'une personne normale vs mon niveau de tolérance... mais bon... j'ai l'impression que les gens sont tous capables de mieux gérer leurs émotions. J'ai l'impression que les gens souffrent pas autant que moi... ou sont plus capable de tout gérer. Moi, je sens que j'ai un certain seuil de trucs que je suis capable d'absorber, normalement... mais quand quelque chose se déclenche, c'est comme si je devenais une bombe à retardement... surtout si les choses s'accumulent... je finis par ne plus être capable de rien gérer.

Alors je sens que j'ai des fragilités... est-ce que ce tiut le monde, dont je parle, c'est pas plutôt moi... Kathia m'a demandé si j'acceptais mon diagnostic... si c'était difficile pour moi de vivre comme ça, de me donner le droit à ne pas bien aller... ne pas être au top du top... je sais que ça part de mon enfance, de ce que j'ai vécu... je sais que l'image a toujours été importante... je dépendait de cette image pour survivre, c'est pas compliqué... et pour sentir que j'ai une valeur... tout passait par le regard que mes parents avaient sur moi... si je répondais à leurs attentes, au silence, à l'image... tout était beau... je suis conditionnée à ça... et j'ai peut-être l'mpression que je ne peux pas exister sinon... ou que je vais avoir mal si jamais je n'y arrive pas...

Et de l'autre côté, il y a la partie blessée, qui se rend compte que la perversion est partour... dans ma famille, au travail, dans le système de la santé... on dirait qu'il y a une reproduction de tout ce que j'ai vécu partout... et que je suis vulnérable... je crois que les gens sont capables de voir très rapidement que je ferais tout pour me faire aimer, pour avoir un sentiment de valoir quelque chose...

Je laisse peut-être les gens abuser de moi...
Est-ce que moi aussi, j'abuse de moi... quand j'accepte des trucs que je ne devrais pas accepter.

Et là, je sens que plus rien n'est atteignable... que je vais juste me décourager... est-ce un appel à la régression... est-ce normal que j'aille envie de crier... que je sens qu'il n'y a pas de sorties possibles... que je suis dans un impasse... je veux être quelqu'un que je ne suis pas capable d'être... mais pourtant, partout, on me demande d'atteindre des critères de réussite... et j'ai la tête pour faire tout ça... je suis débrouillarde et travaillante... mais quand au final, on se rend compte que c'est pas ça qu'on veut... mais que notre problème est entre nos deux oreilles... ça fait 4 ans que je suis en thérapie, avec la même psychologue... en 4 ans, je n'ai pas été capable de résoudre mon problème...

Pire encore... en quasi 10 ans, où j'ai commencé à prendre des anti-dépresseurs... j'ai flanché... à répétition... en alternant entre des passes où tout va bien... et d'autres où tout va mal... des passes où j'ai eté capable d'être étudiante à temps plein, employée 3 jours semaine pour la protection de la jeunesse... et réussir partout! À des periodes oû mon esprit était juste dissocié pendant une semaine, sans me souvenir de rien, à l'hôpital... j'ai passé d'une fille intervenante, à quelqu'un sur l'aide sociale... à une personne qui était prise en charge, à une coordonnatrice de service...

Le seul endroit où tout est différent, c'est quand je danse, ou que je faisais mon bénévolat en danse thérapie avec les enfants autistes... entre ces endroits où j'ai le droit d'être... et ces autres endroits où je n'ai pas le droit... c'est rare les moments où on a le droit d'être hyper émotif... et d'être à la tâche... il faut donc compartimenter tout... avoir le droit dans certaines sphère de ta vie, d'être moins sur la coche... mais le problème c'est que je les cheche ces endroits là... je ne les trouve pas. Il n'y en a pas...

Alors c'est là que je sens que j'étouffe, que je me fatigue au plus haut point... à essayer, essayer, essayer...

Puis dans les faits, est-ce siiii pire que ça?
Je ne sais même pas... c'est juste ma perception, que rien ne tient, que je m'effondre de l'intérieur. Et ça fait mal... et ça fait mal que ça ne paraisse pas... ça fait mal de mener une double vie dans laquelle comment tu te sens ne peut pas fiter avec ce que les autres voient de toi... est-ce que j'ai le droit de dire que ça fait siii mal que j'ai envie de mourir... que je ne veux plus. Que je suis épuisée... je suis juste fatiguée...
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Je perds l'intérêt de venir écrire et lire sur le forum.
Pourtant, je sais que ça m'aidait énormément, d'essayer de comprendre ce qu'il se passe dans ma vie, analyser.

Mais je suis épuisée. Je n'ai pas envie de venir raconter ce que je vis, parce que c'est difficile ces temps-ci et je ne vois pas l'intérêt de juste venir me raconter. Je suis tannée. Les choses qui recommencent.

Il se passe des trucs qui ne se sont jamais produites avec ma psychologue. Ça fait 4 ans qu'elle me suit, que je vais la voir. Il y a 3 semaines, je lui écris un courriel dans lequel je mentionnais que je ne m'aimais pas... et qur j'avais le profond sentiment de ne pas être capable de vivre avec toutes les parties de moi. Et elle m'a répondu... c'était hors du cadre... et elle m'a dit qu'elle m'aiderait à intégrer en douceur toutes les parties de moi qui me semblaient incompatibles... et ça m'a fucké...

Le mot douceur...
Le prochain rendez-vous, j'ai fait une crise dans son bureau... en fait, à la fin, je suis devenue tellement figée... je me suis opposée à sortir de son bureau. Je sais que je lui ai dit que je voulais qu'elle me prenne dans ses bras. Je ne connais pas la douceur. Ça l'a pris une heure avant que je bouge, et la venue des policiers. Je suis partie à l'hôpital...

Où on m'a laissé dans une pièce fermée, sans surveillance, avec des sangles de contention trop longues... quand j'ai mentionné à l'infirmier que j'avais des envies suicidaires de me stranguler avec, il a appelé un préposé qui devait venir les enlever... finalement, il a dit: Au nombre de fois qu'est là elle, elle se suicidera ben. Pendant cette nuit là, j'ai fait 7 tentatives de suicide, en me strangulant. Je ne me suis pas fait prendre... je croyais ce que ce préposé a dit... j'étais en accord avec lui, c'est ça le pire.

Mais j'en ai parlé à l'infirmier, qui en a parlé à l'infirmière en chef de l'urgence. Je n'ai pas fait de plainte formelle parce qu'elle m'avait dit qu'elle gèrerait la situation et que c'était inacceptable...

Finalement, je me suis ramassée à l'hopital, contre mon gré 4 jours plus tard. Le préposé était encore au travail. En voyant la psychiatre, elle m'a dit qu'elle m'hospitaliserait... mais 30 minutes plus tard, j'ai appris qu'ils me transféraient d'hôpital... alors que j'étais suivie et connu là depuis 2014. Ça ne s'est pas fait de manière optimale pour moi, pas du tout. J'ai perdu mes repères... j'avais l'impression qu'on me punissait pour avoir dénoncé un comportement inacceptable... que j'étais rendue du trouble et qu'il fallait donc me supprimer. Je me suis ramassée à l'autre hôpital, complètement perdue. J'étais fâchée... mon sentiment de confiance envers tout s'est comme effacé... je pensais que Kathia était dans le coup... qu'elle savait ce qu'il allait se produire, parce que c'est elle qui est mon intervenante pivot. Mais ce n'est pas ce qu'elle m'avait nommé... j'ai eu le feeling de vivre une injustice. Qu'ils me faisaient vivre la pire chose... mon pire cauchemars...

Finalement, à l'autre hôpital, personne ne comprenait ce qui s'était passé... le psychiatre n'en croyait pas ses yeux... mon intervenante de l'hôpital non plus.

Bref. Je suis dans cette dynamique poche là!
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