Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Dubreuil
Psychologue clinicien
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

SODOMISER UNE FEMME
Message par Antony, sexologue sur ce forum.
17 août 2011, 21:34

Ma réponse va être directe .....
Je suis absolument et résolument contre la sodomie .... (je ne fais pas de morale, chacun fait ce qu'il veut et prend ses responsabilités).
La muqueuse du vagin est un cuir premier choix, épais de 10 mm (1cm) capable de résister aux coups de boutoir d'un pénis déchaîné ! (et principalement à un accouchement)
La muqueuse anale est épaisse d'un dizième de mm ! si elle se déchire, c'est le pronostique vital qui est en jeu (quelques heures !)
La plainte des homosexuels masculins (consultations) qui pratiquent la sodomie est la suivante :
1) incontinence anale à l'effort comme soulever des packs d'eau ..... (je ne parle d'incontinence urinaire mais anale, pour reprendre l'expression à Bigard : trace de pneu dans le caleçon)
2) incontinence au rire (d'où l'expression faire dans son froc)
3) incontinence à la toux ......
Le délabrement du sphincter anal est irréversible !!!!!!! (ça vous intéresse ?????)

Ensuite, si un homme ne comprend pas : mettez votre doigt dans son anus, et faites des va et vient, et dites lui d'éjaculer et évidement vous ne touchez pas, ni ne stimuler pas son pénis de l'autre main, parce que là vous faussez le jeu. S'il n'arrive pas à éjaculer lorsque vous agitez votre doigt dans son anus, vous pouvez décréter qu'il est nul au lit ......
Je ne comprends pas comment les hommes peuvent faire subir aux femmes des trucs aussi illogiques !!!!!

Sur le plan plus psychologique : dans l'enfance, il y a le stade oral (l'enfant prend du plaisir au sein de sa mère), plus tard, on le met sur le pot pour devenir propre. Il y en a qui offrent assez rapidement le "petit cadeau" à maman, et d'autres qui font de la rétention, et qui font dans leur couche tout en se retenant sur le pot (plaisir anal) ! la troisième phase est la phase de la découverte de sensation sexuelle : phase de tripotage des organes génitaux.
Un homme qui fait une fixation sur la sodomie est un homme qui n'a pas dépassé le stade anal : il continue de prendre son plaisir au stade anal et n'a pas évolué vers la troisième phase, sur le plan de la maturité psychologique.

Voir ce lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Stade_anal[/quote]

Je vais heurter la sensibilité de beaucoup d'adepte de la sodomie, mais il en est ainsi ...... J'ai déjà pris beaucoup de volées de bois vert sur ce sujet.
Alors je préviens, toute polémique sur ce sujet, se traduira par un effacement direct des messages ! sans préavis !!!!!!!!!
Les adeptes de la sodomie iront se faire voir ailleurs !!!!!!

Antony qui assume totalement ses propos !!!! "

Pour ma part, je vous enjoins à regarder la vidéo de l'un des spectacles de l'humoriste BLANCHE GARDIN " Je parle toute seule ".
la fin de son spectacle se termine par le sujet de la sodomie. Si vous ne riez plus, COMME ELLE, c'est que vous avez tout compris.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pas de consultation via internet, ni d'appel téléphonique, ni de mail. Merci de votre compréhension.

Dubreuil
Psychologue clinicien
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

LE PROFIL DU PERVERS NARCISSIQUE

1. Intelligence, niveau culturel
Certains ont un très bon niveau culturel. Tous sont intelligents et particulièrement bons psychologues.

2. Absence de valeurs morales
Leur manque d’état d’âme, de remords ou de problème de conscience peut être si extrême, qu’au début de leur relation avec elles, leurs victimes ne peuvent y croire. Ce manque de scrupule les déroute, les estomaque ou les abasourdit.
En fait, ils ont un total mépris pour toutes lois ou contrainte morales. Leur morale est, le plus souvent, celle de la morale ou la loi du plus fort et/ou du plus rusé, du plus retors. Il y a le plus souvent, dans leur comportement, la banalisation du mal, une certaine « relativisation » de la morale, dans le cadre d’un nihilisme opérationnel, qui peut même être militant. Ils n’ont du respect que pour les gens plus forts qu’eux, ayant plus de pouvoir et de richesse ou plus combatifs qu’eux. Faire preuve d’humanité, de sensibilité est souvent vu par eux comme l’expression d’une forme de naïveté ou de sensiblerie qui n’a pas lieu d’être. Seuls les résultats comptent : « la fin justifie les moyens ».
Le pervers narcissique n’éprouve aucun respect pour les autres, qu’il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d’autorité ou servant ses intérêts. Il fait des promesses qu’il ne tiendra pas, sachant que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Il n’hésite pas à dérober de l’argent, des bijoux, des vêtements à son partenaire ou à ses amis sans éprouver la moindre honte. Pris sur le fait, il est capable de nier avec un aplomb hors du commun…

3. Egoïsme, défense agressive de leurs intérêts
Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même. Il sait parfaitement et farouchement défendre ses intérêts et il en a toujours une vision très claire. Son unique objectif est d’obtenir un bénéfice pour sa propre personne. Il essaye de profiter à chaque instant de toute opportunité, de toutes les situations, de toutes les personnes rencontrées – ces personnes étant systématiquement instrumentalisées tant que cela est possible – pour en tirer, autant que possible, avantage pour lui. Sa philosophie est toujours utilitariste. Et il sait ménager ceux dont elle a besoin, son conjoint, une relation de travail… car même l’être le plus asocial a besoin d’affection, de compagnie, de présence (ne serait-ce que pour se faire admirer) et donc par moments, sera gentil avec son partenaire.
Il n’est « courageux » que quand il est sûr de gagner, et que cela va dans le sens du renforcement gratifiant de son image narcissique. Sinon, il fait preuve d’une extrême prudence et s’abstient de faire preuve de courage. Lors du naufrage du Titanic, il sera le premier à passer, selon les prétextes les plus fallacieux, avant les femmes et les enfants, dans le canot de sauvetage. La notion d’honneur ou d’élégance morale lui est inaccessible.

4. Egocentrisme
Comme pour tous les narcissiques, tout leur est dû. Elles n’admettent aucune mise en cause et aucun reproche Leur loi est celle de leur désir, immédiat, dans l’instant. Tout doit leur céder systématiquement. C’est comme s’ils étaient demeurés, à l’âge adulte, un enfant gâté. Un petit bobo chez eux prend de graves proportions, comme si c’était une maladie importante, devant alors inspirer alors la compassion de l’entourage.
Voici quelques exemples du mode de pensée du pervers narcissique :
« Je suis génial, je suis fort, je suis au dessus des autres, dans le haut du panier ». « Les autres ne peuvent pas ne pas m’aimer ». « Je vais me servir de l’autre pour obtenir ce que je veux, ce à quoi j’ai droit ». « Je vais m’arranger pour que ma victime se sente coupable afin qu’elle ne m’en veuille pas et qu’elle n’ait aucun désir de prendre son indépendance ». « Pourquoi aurais-je un problème de conscience, ce n’est quand même pas de ma faute si elle est à ce point stupide ou naïve. Je n’y suis pour rien si elle est si naïve ». « Ma victime me remerciera pour ce que je fais pour elle, ce qui est normal étant donné que c’est vrai, sans moi elle ne serait rien, c’est un honneur que je lui fais ». « Quand il arrive un problème, même si c’est autrui qui a ce problème, j’ai de la peine pour moi, pas pour autrui » (ce raisonnement est généralement inconscient).

5. Absence d’empathie
Les pervers narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune « humanité », aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculeurs, totalement indifférents à la souffrance d’autrui.
Mais tout en étant, le plus souvent, incapables d’avoir des sentiments humains, ils simuleront le fait d’être totalement remplis, en apparence, de bons sentiments humains et d’une sincère empathie pour autrui.
Les pervers peuvent se passionner pour une personne, une activité ou une idée, mais ces flambées restent très superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf pour leur intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en particulier les sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche. Cela explique la rage destructrice qui s’empare d’eux lors des séparations. Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite, rejet), il ressent un désir illimité d’obtenir une revanche. Ce n’est pas, comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c’est une rancune inflexible, implacable à laquelle le pervers applique toutes ses forces et ses capacités de raisonnement. Et alors, il n’aura que cesse d’assouvir son dessein de vengeance.
La séduction perverse ne comporte aucune affectivité, car le principe même du fonctionnement pervers est d’éviter tout affect. Les pervers, tout comme les paranoïaques, maintiennent une distance affective suffisante pour ne jamais s’engager vraiment. L’efficacité de leurs attaques tient au fait que la victime ou l’observateur extérieur n’imaginent pas qu’on puisse être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion devant la souffrance de l’autre.
Les éventuels dérèglements sexuels ou la « méchanceté » foncière pourraient être les conséquences de cette absence de sentiments et d’empathie pour les autres. Il est possible que le manque d’affect empêche de ressentir l’intégralité des limites morales entre ce qui est permis ou interdit dans la société. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

6. Haine et agressivité
Le pervers narcissique a souvent besoin de haïr pour exister ; c’est une des raisons pour lesquelles il n’est jamais satisfait par quoi que ce soit (les autres, les objets…). La haine peut être chez lui un moteur très puissant de son action et de son comportement. N’arrivant pas à obtenir et jalousant la plénitude ou le bonheur qu’il observe chez l’autre, il en vient à haïr et à détruire ce qu’il aime et recherche intensément. Étant incapable d’aimer, il essaie de détruire, par cynisme, la simplicité de toute relation naturelle et saine.
A cause de leur histoire personnelle, les pervers n’ont souvent pas pu se réaliser. Ils observent alors avec envie ce que d’autres qu’eux ont pour se réaliser. Et ils essaient de détruire le bonheur qu’ils observent auprès d’eux. Prisonniers de leur propre personnage et de l’image, le plus souvent factice, qu’ils présentent à la société – ce qui leur impose de terribles contraintes permanentes – ils tentent alors de détruire la liberté d’autrui et de lui imposer des contraintes décidées par eux. Il y a, chez eux, une mentalité agressive d’envie, de convoitise, d’irritation haineuse à la vue du bonheur, des avantages d’autrui.
Pour s’accepter et s’affirmer, les pervers narcissiques doivent triompher de quelqu’un d’autre, le détruire, jouissant alors de sa souffrance. Cette perception, de ce qu’ils croient ne pas posséder, est subjective, elle peut même être délirante. Ce sentiment d’infériorité vis-à-vis de la personne enviée et haïe les pousse à chercher à posséder ce qui est convoité. Pour combler l’écart qui les sépare de l’objet de leur convoitise, il leur suffit alors de l’humilier, de l’avilir.
Ils envient la réussite des autres, qui les met face à leur propre sentiment d’échec, sans cesse refoulé, car ils ne sont pas plus contents des autres qu’ils ne le sont d’eux-mêmes. Pour eux, rien ne va jamais. Ils imposent aux autres leur vision péjorative ou négative du monde et leur insatisfaction chronique concernant la vie. Ils cherchent, souvent, à démontrer que le monde est mauvais, que les autres sont mauvais. Personne n’a vraiment grâce à leurs yeux. Agresser les autres est le moyen d’éviter la douleur, la peine, la dépression.
Ils aiment attendre dans l’ombre, masqués. Certains calculent leurs coups ou leur vengeance très longtemps à l’avance, parfois sur plusieurs années (pour eux la vengeance est un plat qui se mange froid et ils aiment à s’en délecter). C’est la raison pour laquelle ils peuvent être redoutables et imprévisibles. Et d’ailleurs, ils sont le plus souvent imprévisibles.

7. Mensonge
Le pervers narcissique est toujours, intérieurement, dans la peau d’un autre, il n’est jamais sincère, toujours menteur. Il peut aussi bien dire la vérité que mentir avec aplomb, d’une façon jusqu’au-boutiste (comme un « arracheur de dents »). Le plus souvent, il effectue de sensibles falsifications de la vérité, qu’on ne peut pas vraiment qualifier de mensonges, et encore moins de constructions délirantes. Mélanger le mensonge, la sincérité et la franchise – ce qui est, pour l’autre, très déstabilisant – fait partie de son jeu.
Derrière cette attitude de mensonge jusqu’au-boutiste, qui paraît parfois suicidaire, se cache, le plus souvent, une attitude de défi à l’ordre social, une façon de montrer qu’il est toujours le plus fort et qu’il contrôle toujours la situation… Même quand il le faudrait, il ne reconnaîtra jamais rien, ni ses mensonges, ni ses torts, même dans les moments cruciaux lors d’un interrogatoire policier, voire d’un procès d’assises.
Par contre il pourra reconnaître éventuellement un mensonge mineur s’il n’a pas grand chose à y perdre. Mais même l’aveu de ce petit mensonge sera toujours difficile à obtenir de sa part.

8. Mythomanie
Le pervers narcissique a souvent une composante mythomane. Elle est liée à sa propension au mensonge – une composante opérationnelle, consciente, pour parvenir plus facilement à ses fins – et à un besoin de se voir mieux qu’il n’est dans la réalité. Il aime se mentir à lui-même, sur lui-même. Le déni (de ses défauts, de l’autre) lui permet de « s’aimer » (et de s’aimer toujours plus).
Comme tout mythomane, il ment souvent parce qu’il craint la réaction négative de l’entourage (de dévalorisation, par exemple) qu’entraînerait l’aveu de la réalité et de son mensonge. Sa mythomanie a tendance alors à s’auto-entretenir, sans fin, voire à se renforcer au cours du temps. Il se ment à lui-même, sur sa vraie valeur, sur ce qu’il est réellement. Il sait partiellement qu’il se ment à lui-même, mais en même temps il minimise son propre mensonge sur lui-même. A certains moments, il finit par croire à son mensonge, à d’autres, il a conscience de son mensonge. C’est toute l’ambivalence de la pathologie mythomane.

9. Un « comédien né »
Le pervers narcissique est un « comédien né ». Ses mensonges à force d’entraînement sont devenus chez lui une seconde nature.
Sa palette de personnalités, de personnages, d’émotions feintes est étonnante. L’éventail de son jeu d’acteur est étonnant, infini, sans cesse renouvelé.
Il donne le plus souvent l’image d’une personne parfaitement calme, ne s’énervant jamais.

10. Intégration sociale et extraversion
Le pervers narcissique est en général apprécié au premier abord car il paraît extraverti, sympathique et séduisant. Assez fin psychologue, il a souvent un talent pour retourner l’opinion en sa faveur et emporter l’adhésion à ses idées, même les plus contestables.

11. Orgueil et combativité
Le pervers narcissique est le plus souvent doté d’une combativité extrême et d’une capacité de rebond remarquable. Sa mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa, renforcent cette combativité.
Souvent immensément orgueilleux, voire mégalomane, le pervers narcissique aime gagner, à tout prix, sans fin, et ne peut admettre, une seule fois, de perdre. Il est prêt à tout, même aux coups les plus retords, pour ne jamais perdre. Le pervers est comme un enfant gâté. S’il ne rencontre pas de résistance, il ira toujours plus loin.
À cause de cette stratégie de victoires sans fin il peut parvenir à se convaincre qu’il n’y a pas de valeurs morales positives dans l’univers et qu’il gagnera toujours à agir ainsi.
À la longue cette tendance, qui peut lui assurer une dynamique du succès pendant un certain temps, devient une addiction. Signe de sa mégalomanie, elle la renforce en retour, et l’amène à ne plus pouvoir tolérer la moindre frustration ou contradiction.
Le pervers narcissique adore se valoriser, paraître plus qu’il n’est réellement. Toute atteinte à la haute image qu’il a de lui-même le rend très méchant, agressif. Tous ses efforts viseront alors à rétablir cette image flatteuse qu’il a de lui-même, et ce par tous les moyens, y compris par la destruction du perturbateur, celui qui a commis le crime de lèse-majesté.
Il a une très haute opinion de lui-même. Les autres sont pour lui quantités négligeables, ce sont des larbins, des domestiques, des « peanuts »… Il déteste qu’on lui fasse de l’ombre, qu’on se mette en avant, qu’on prenne de l’ascendant sur lui, qu’on lui résiste, qu’on lui dise non. Il a besoin sans cesse de rabaisser autrui, par une petite pique de-ci de-là (untel n’a pas de personnalité, untel est égoïste, untel est ingrat, untel est pingre…).

12. Sadisme
Un plaisir pervers s’éprouve dans la vision de la souffrance de l’autre. Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale, à voir l’autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l’asservir et à l’humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime chosifier l’autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en sortir, ne serait-ce que pour l’empêcher de témoigner contre lui.

13. Paranoïa
À leur personnalité perverse et narcissique peut parfois se superposer une composante paranoïaque. À force de duper les gens, le pervers se doit d’être de plus en plus secret et d’être de plus en plus sur ses gardes. Il se confie de moins en moins. À un moment clé, il peut se révéler d’une hyper-susceptibilité maladive. Il vit dans une suspicion constante et une prudence extrême, qu’il dissimule profondément. Sa paranoïa apparaît alors décupler son intelligence, lui fournissant alors un extraordinaire regain d’énergie combative.

14. « Esprit mesquin »
On est parfois surpris de découvrir, derrière son apparence généreuse, brillante, très intelligente, un esprit mesquin, terriblement jaloux, rancunier, vengeur, d’une indéniable petitesse morale. Ses buts « nobles » et « généreux » se révèlent alors nettement moins nobles qu’il n’y paraissait au premier abord. Il semble en effet (et c’est ce qui apparaît à l’analyse) aimer se venger discrètement, sans témoin, sans que la victime s’en rende compte et il savoure le plus souvent sa vengeance en solitaire. Et c’est une des raisons pour lesquelles sa conduite peut paraître parfois secrète, indéchiffrable ou déroutante.
Si sa victime lui a résisté et lui a fait un affront, il pourra « s’amuser », par exemple, à lui envoyer une lettre d’anniversaire incompréhensible, à une date éloignée de la date d’anniversaire, cette action incongrue étant à ses yeux une « bonne plaisanterie », dont il sera d’ailleurs le seul à rire ou à jouir.
Ce genre de comportement paraît parfois être l’indicateur d’un début de psychose ou de démence précoce, en tout cas d’une réelle forme de maladie mentale, mais pas nécessairement.

15. Narcissisme criminel
Terme imaginé par Daniel Settelen, psychiatre, et Denis Toutenu, psychiatre, dans leur livre L’affaire Romand : le narcissisme criminel, consacré au cas de Jean-Claude Romand, qui décrit la personnalité du pervers narcissique au moment où il passe à l’acte criminel.

16. Psychogénèse et enfance
Souvent, le pervers narcissique est quelqu’un qui n’a jamais été reconnu dans sa personnalité propre, qui a été victime d’investissement narcissique important de la part de ses parents et qui a été obligé de se construire un jeu de personnalités (factices), pour se donner l’illusion d’exister et être conforme à l’image narcissique voulue par les parents.
Le pathologie de l’enfant s’est trouvée induite par les exigences narcissiques de son entourage familial et scolaire. Une fois adulte, le narcissique a poursuivi sur sa lancée, instrumentant, tout en en souffrant, l’aveuglement de son entourage.
Certaines carences affectives dans l’enfance peuvent aussi l’empêcher, à l’âge adulte, d’aimer autrui.
Il a pu subir aussi, durant son enfance des blessures narcissiques, plus ou moins importantes. Ces blessures le pousseront à satisfaire, sans cesse, un énorme désir de reconnaissance ou de revanche. Il a alors un besoin énorme d’être aimé, reconnu, surévalué, surestimé par rapport à ce qu’il est réellement.
Il peut être l’enfant surprotégé, chouchouté, le petit dernier (à l’exemple du jeune Abdallâh, des albums de Tintin), statut dont il profite à fond, un de ces enfants qui profitent sans cesse de l’aveuglement de ses parents sur sa véritable nature (en se faisant passer pour le petit malade souffreteux, pour la victime imaginaire des professeurs, du frère ou de la sœur). En particulier l’enfant unique, tant attendu, conçu tardivement…, qu’on dorlote alors d’autant plus. Ou simplement un de ces enfants gâtés, à qui ont n’a pas appris à résister à leurs désirs et leurs frustrations.
De fait, le pervers narcissique est sans cesse amer, frustré et accuse systématiquement les autres. A la moindre blessure narcissique, à la moindre frustration il bascule dans la haine et passe à l’acte.
Dès leur enfance, ces pervers sont souvent doués d’une intelligence supérieure à la moyenne, voire redoutable, machiavélique, leur permettant déjà d’élaborer des pièges ou des stratégies très subtils. Tôt, ils peuvent déjà abuser leurs parents et leurs amis. L’enfant, plus intelligent, plus psychologue, que les parents l’imaginent, phagocyte littéralement la mère ou le père (une mère ou un père complice ou bien qui ne se doute de rien), dans une relation littéralement fusionnelle qui empêche les parents d’avoir un recul suffisant.
Sa biographie personnelle (son histoire) est importante à ses yeux car elle justifie, plus que toute chose, sa philosophie de vie et son comportement actuel.

17. Les pervers narcissiques sont-ils fous ?
Selon Marie-France Hirigoyen, « les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu’ils refusent de percevoir. Ils ‘ne font pas exprès’ de faire mal, ils font mal parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir ainsi en vie. Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépens d’autrui. » (Le Harcèlement Moral, page 126).
En général, on ne les considère pas comme complètement fous, car ils sont capables de maîtriser et de calculer leurs actes. Ils ne sont pas irresponsables en particulier sur le plan pénal. Toutefois la question n’est pas tranchée.
Les psychologues voient éventuellement dans le narcissisme, quand il est excessif, une « maladie », une addiction (le « malade » est parfaitement conscient de sa maladie, mais la minimise, ne peut pas changer ou ne cherche pas à changer), et non une folie.
Au pénal, les pervers narcissiques ne bénéficient généralement pas d’une responsabilité altérée ou atténuée, comme on l’a vu dans le procès de Jean-Claude Romand : le pervers connaît la loi et il est conscient de ce qu’il fait (simplement, il le fait quand même par défi, par jeu, pour le frisson). Donc il reste responsable de son choix (en tout cas, il semble être responsable pénalement).
Mais le pervers narcissique lui-même se considère souvent comme « irresponsable » de ses actes. Ce qui rappelle la litanie des « ce n’est pas ma faute, et ce n’est pas ma faute… » du Vicomte de Valmont annonçant à Madame de Tourvel qu’il va rompre d’elle dans le roman Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos. (lettre CXLI)

18. Le pervers narcissique ne se considère pas comme malade
Le problème, c’est que le pervers narcissique refusant de considérer qu’il a un problème, les thérapies n’ont pas de prise sur lui.
S’il accepte de s’y soumettre (pour pouvoir dire qu’il a fait « tous les efforts possibles »), il va vite considérer le thérapeute comme nul et incompétent et la thérapie comme totalement inutile. Peut-être aussi d’ailleurs a-t-il très peur de découvrir certaines vérités désagréables, sur lui-même (le fait qu’il ne soit pas si magnifique que ce qu’il imagine).
Pour la plupart des témoins de leur comportement étrange, il est très difficile de comprendre les pervers narcissiques car la littérature psychiatrique ne décrit, le plus souvent, que le mécanisme mais pas leurs motivations profondes (comme celle de s’enfermer systématiquement dans un mensonge, ou le fait de sans cesse rebondir d’un mensonge à l’autre). On ne fait que des supputations…

19. Quelle évolution pour le pervers narcissique ?
Le pervers narcissique peut-il remédier à son « vide », à son absence d’intérêt pour les autres, cesser de projeter vers les autres une personnalité qui n’est pas la sienne ?
En réalité il est extrêmement rare qu’il change ou veuille changer d’attitude ou de valeurs morales. Car les gains que lui ont valu cette attitude sont souvent très importants et très gratifiants pour lui (admiration, célébrité, pouvoir…). On ne pourra pas changer un pervers narcissique par un « discours rationnel » car la quête perpétuelle de pouvoir est un moteur puissant et une source intarissable de plaisir, une véritable drogue dure.
Pour qu’il puisse changer, il faudrait qu’il subisse des chocs violents et des épreuves très importantes, susceptibles, par exemple, de déstabiliser la très haute conception qu’il a de lui-même, et surtout le convaincre qu’à la longue l’efficacité de ses mensonges et de ses tactiques s’est émoussée. C’est seulement ainsi qu’on pourrait espérer le voir, peut-être, un jour (?), évoluer favorablement. À vrai dire cela n’arrive presque jamais.
Mais en laissant espérer à son entourage, souvent aveugle, pareil changement, le pervers narcissique renforce son pouvoir. En donnant à ses victimes l’impression de chercher sincèrement à s’amender, il endort leur méfiance et en fait plus aisément ses dupes.
De fait tout effort d’amélioration personnelle lui paraît dérisoire voire ridicule, et il craint surtout d’avoir tout à y perdre – sa force, son pouvoir, le respect qu’on lui porte – avec le risque supplémentaire de se faire duper à son tour.

20. La relation du pervers-bourreau, et de sa victime
La logique perverse ignore le respect de l’autre. Autrui n’existe pas, il n’est pas entendu, il est seulement utile. Le pervers a besoin de l’énergie de certaines personnes pour combler le vide de sa propre existence. Mais pour cela il lui faut les soumettre.
« Un pervers narcissique ne se construit qu’en assouvissant ses pulsions destructrices. » (Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement moral, page 125). Le pervers narcissique craint ainsi autant la solitude que les personnes qu’il ne peut pas soumettre. Il a besoin d’avoir toujours auprès de lui quelqu’un, une victime, qu’il va utiliser pour se mettre en valeur, pour se détourner de son propre néant, de sa propre réalité peu glorieuse, peu honorable. Il va donc essayer soit de s’approprier des qualités de la victime, soit de la détruire en reportant sur elle ses propres défauts (égoïsme, avarice, mensonge…). Le pervers est un prédateur.

21. Appropriation des qualités de l’autre
Plus que les biens matériels, ce sont des qualités morales, autrement plus difficiles à voler, que cherche à s’approprier le pervers : la joie de vivre, la sensibilité, l’aptitude à la communication, la créativité, les dons musicaux ou littéraires… Ainsi, lorsque le partenaire émet une idée, le pervers s’en empare et la fait sienne. S’il n’était pas littéralement aveuglé par la haine, il pourrait, dans une relation d’échange, apprendre comment acquérir un peu de ces qualités qu’il envie. Mais cela supposerait une modestie que par définition il n’a pas. Les pervers narcissiques cherchent aussi à s’approprier les passions de l’autre dans la mesure où ils se passionnent pour cet autre ou, plus exactement, ils s’intéressent à cet autre parce que cet autre est détenteur de quelque chose qui pourrait les passionner. On les voit ainsi avoir des coups de cœur, puis des rejets brutaux et « définitifs ». L’entourage comprend alors mal comment une personne peut être portée aux nues un jour puis démolie le lendemain.
Les pervers narcissiques ressentent une envie très intense à l’égard de ceux qui leur semblent posséder les choses qu’ils n’ont pas ou qui simplement tirent plaisir de leur vie. Ce désir d’appropriation peut être d’ordre social comme de séduire un partenaire qui les introduira dans un milieu qu’ils envient, haute bourgeoisie, milieu intellectuel ou artistique… Le bénéfice qu’ils en attendent est de posséder un faire-valoir qui leur permette d’accéder au pouvoir. Ils s’attaqueront ensuite à ce faire-valoir, cherchant à détruire en lui l’estime de soi et la confiance en soi, afin d’augmenter à leurs yeux leur propre valeur.

22. Détruire et nier l’autre
Cet autre, dont ils ne peuvent se passer, n’est même pas un alter ego respecté, qui aurait une existence, seulement un reflet d’eux-mêmes. D’où la sensation qu’ont les victimes d’être niées dans leur individualité et leurs qualités.
Le pervers narcissique cherche constamment à rehausser l’image qu’il a de lui-même. Il lui est pour cela nécessaire de trouver un être qui l’admire et lui renvoie de lui-même une image prestigieuse. Mais, refusant d’admettre ce besoin de se sentir perpétuellement valorisé, il dénie l’attachement à son faire-valoir que pareil besoin induit, faire-valoir qu’il n’aura de cesse de détruire.
Le pervers ne peut établir une relation fondée sur la symétrie ; il lui faut dominer l’autre et le mettre dans l’impossibilité de réagir et d’arrêter ce combat. C’est à ce titre que l’on est fondé à parler d’une réelle agression sur l’autre, et non d’un jeu pervers-complice. Il n’y a pas de négociation possible avec le pervers, tout est imposé, dès le départ, à la victime à qui a été retiré le pouvoir de dire non et qui, même si elle essayait d’utiliser à son tour des défenses perverses, ne pourrait jamais atteindre à la virtuosité « dans le mal » de son bourreau.
Pour parvenir à la destruction de sa victime, le pervers procède souvent de la façon suivante :
Il aborde sa victime en affichant une certaine « chaleur » externe.
Il s’insinue de plus en plus dans la vie de cette personne.
Il la vampirise par des moyens directs (reproches, insultes, humiliation…) ou indirects.
Finalement la victime tombe dans la dépression, la mélancolie, les comportements addictifs, voire l’automutilation. Elle est ainsi totalement à sa merci ou détruite.
Le pervers entre en relation avec l’autre pour le séduire. Dès que le poisson est « ferré », il le maintient tout simplement « accroché » tant qu’il en a besoin. Il joue avec sa victime au chat et à la souris, faisant patte de velours pour mieux la tenir, puis sortant ses griffes lorsqu’elle cherche à s’évader.
Celle-ci peut mettre des années avant de se rendre compte du processus de destruction mis en place. Au commencement elle ne subit que des brimades, des phrases anodines mais pleines de sous-entendus blessants, avilissants, voire violents. C’est la répétition constante de ces petites attaques qui rend l’agression évidente. Et il faut un incident pour déclencher la crise qui amène l’agresseur à dévoiler son piège ou sa tactique.
En règle générale, c’est la prise de conscience de la victime, et ses sursauts de révolte, qui vont provoquer le processus de mise à mort. Car l’on assiste bien à de véritables mises à mort psychiques où l’agresseur n’hésite pas à employer tous les moyens pour atteindre son but : anéantir sa proie. De fait toute remise en question de la domination du pervers sur sa victime ne peut qu’entraîner chez lui une réaction de fureur destructrice.
Le pervers peut chercher par exemple à éteindre toute libido en refusant soudainement une relation sexuelle avec son partenaire, tout en le culpabilisant pour cela. Il cherche ce faisant à éteindre, chez sa victime, toute trace de vie, tout désir y compris celui de réagir.
Il s’ingénie à culpabiliser sa proie. Ne supportant pas, un seul instant, d’avoir tort, il refuse toute critique, toute discussion ouverte et constructive avec sa victime. Il la bafoue ouvertement, n’hésitant pas à la dénigrer, à l’insulter, autant que possible sans témoin. Sinon il procède plus subtilement par allusions, tout aussi destructrices, mais invisibles aux yeux non avertis. La victime, elle, donne énormément, mais ce n’est jamais assez. N’étant jamais content, le pervers narcissique prend toujours la position de la victime d’une frustration dont il rend sa propre victime responsable.
Il dévore sa victime en se persuadant que c’est elle qui sollicite la sujétion. Il refuse de voir ou de reconnaître les difficultés qu’il crée dans la relation, car cela l’amènerait à une perception négative de sa propre image. Il en rejette la responsabilité sur son partenaire pour peu que celui-ci fasse preuve de bienveillance ou s’applique à jouer un rôle réparateur. Mais si ce dernier refuse d’accepter les torts imaginaires qui lui sont injustement imputés, il est immédiatement accusé d’être hostile et rejetant.
Il ne mesure pas à la même aune son comportement, toujours irréprochable selon lui, et celui des autres, toujours en faute. Il ne voit jamais la disproportion entre le peu qu’il « donne » et ce qu’il reçoit. C’est toujours l’autre, et jamais lui, qui fait preuve d’ingratitude et de mesquinerie.
L’existence même de la victime peut constituer, pour le pervers, un reproche permanent de sa perversité, et elle devient alors, à son insu, celle sur qui va se focaliser sa haine. Le pervers s’en prendra d’ailleurs à tous les « redresseurs de torts », à tous ceux qui auront cherché à le faire changer, et il n’aura de cesse de les faire chuter (moralement, socialement) car ils auront commis le crime, impardonnable à ses yeux, de faire intrusion dans son système de « confortement narcissique permanent ».

23. Le profil des victimes
Elles sont dotées des qualités que le pervers précisément convoite : douées et cherchant toujours à donner le meilleur d’elles-mêmes, elles sont séduisantes. Vives et extraverties, elles aiment parler de leurs réussites et exprimer leurs joies. Etant profondément généreuses, elles ne peuvent se résoudre à admettre la perversité de leur bourreau et s’appliquent à lui trouver des excuses. Toujours prêtes à se sentir responsables, voire coupables, acceptant facilement la critique, elles s’épuisent à donner au pervers une impossible satisfaction.
Elles introjectent la culpabilité : « Tout est de ma faute ! », ce qui permet au pervers narcissique une projection hors de soi-même en rejetant la culpabilité sur l’autre : « C’est de sa faute ! » (cf. Marie-France Hirogoyen, Le Harcèlement Moral, p. 112).
Le pervers recherche souvent une personnalité maternelle, aimante, dévouée, parce qu’il a besoin d’être aimé, admiré – même et surtout s’il est lui-même incapable d’aimer – d’avoir quelqu’un entièrement à son service. Mais l’attirance qu’il ressent pour elles n’exclut pas la haine.
Il prend le plus souvent ses victimes parmi des personnes pleines d’énergie et d’amour de la vie, pour les vampiriser et les « dévitaliser ». Il choisit de préférence des personnes honnêtes, sincères, gentilles, qui cherchent vraiment à consoler et à réparer, mais aussi naïves, sans trop d’esprit critique, voire fragiles, afin de les amener plus facilement et plus rapidement à accepter une relation de dépendance.
La victime recherche souvent de son côté une personne forte et charismatique qui la rassure, et c’est là justement l’image que le pervers veut donner de lui.
Les victimes désignées sont celles qui ont besoin d’un but valorisant pour exister – visiteuse de prison, bénévoles d’ONG… – qui veulent agir pour le bien, et aiment à s’occuper des « chiens perdus sans collier ». Elles tomberont aisément sous l’emprise des pervers dans lesquels elles verront, souvent à tort, une personne fragile, un enfant à protéger.
Le pervers vit et se nourrit de l’espoir que la victime place, naïvement ou désespérément, en lui ou en quelque chose qu’il lui fait miroiter en permanence par des promesses fallacieuses. Cet espoir, pour la victime harcelée, est de « guérir » le harceleur et c’est cette illusion qui la fait rester dans la relation, et continuer à subir les attaques qui la détruisent sans réussir à la « décrocher » pour autant.
On s’étonne souvent que, malgré l’évidence des preuves, les victimes ne quittent pas leur bourreau. Mais c’est qu’en elles se mêlent aussi fierté, aveuglement, entêtement, dissonance cognitive, refus de la réalité. Car admettre la réalité serait trop douloureux, trop insupportable, quand l’investissement affectif dans le conjoint ou le partenaire a été l’objet a pris tant de place dans leur vie. Elles auraient trop à perdre à y renoncer, à commencer par leurs illusions.
Il y a souvent chez elles un amour fier, fanatique et aveugle (voire délirant), pour le compagnon ou l’enfant pervers. Par orgueil elles ne veulent pas se reconnaître comme victime, car elles espèrent toujours contrôler la situation. Du moins le pervers le leur laisse-t-il croire, alors que c’est toujours lui le vrai marionnettiste qui sait tirer les bonnes ficelles.
Pour certains psychanalystes les victimes d’une agression perverse sont secrètement complices de leur bourreau en instaurant ou favorisant une relation sadomasochiste, source de jouissance pour le pervers qu’elles espèrent ainsi contenter, pour mieux se faire accepter par lui. On est alors dans une relation psychopathologique.
Certaines victimes semblent souffrir au départ d’un manque de confiance en soi pathologique qui leur fait accepter aisément toute forme de soumission. Mais la plupart des victimes ne sont pas nécessairement masochistes : ce qui différencie les victimes de pervers des masochistes, c’est que lorsque, au prix d’un immense effort, elles parviennent à se séparer de leur bourreau, elles ressentent une immense libération, parce que la

24. Profil des conjoints des pervers narcissiques
On remarque que ces épouses (ou époux, le pervers narcissique n’est pas nécessairement masculin) se retrouvent un peu dans la même situation que celles des femmes battues. Elles subissent graduellement un lavage de cerveau, d’autant plus facilement qu’elles-mêmes sont souvent à la recherche d’un compagnon qui puisse les structurer. Elles peuvent même trouver excitant le côté sombre de leur partenaire. Elles peuvent être au courant de ses antécédents (problèmes de mœurs, prison, mauvaises actions racontées à l’envi par le pervers à son partenaire etc.) et pourtant tout lui pardonner.
Beaucoup d’entre elles restent avec leur mari parce qu’elles ont peur pour leur avenir, pour celui de leurs enfants, et pour leur sécurité matérielle. Beaucoup sont financièrement dépendantes de leur mari. Autant de raisons pour qu’elles acceptent le statu quo et se contentent d’un « bonheur au rabais ».
Les pervers narcissiques mariés ont souvent des épouses soumises qui ont sans doute peur de perdre leur « homme » et ne posent aucune question, même devant des évènements très troublants. Leur relation avec leur mari est loin d’être parfaite, mais elles s’en contentent. Elles espèrent toujours se tromper sur son compte, ou le corriger avec leur amour.
Elles ne reviennent à la réalité que lorsqu’elles échappent à l’attraction machiavélique qu’exerçait leur compagnon et que le monde dans lequel il les avait contraintes à vivre s’écroule peu à peu. Lorsqu’elles découvrent qui est réellement leur mari, elles perdent en fait toutes leurs certitudes. « Ces femmes ont des soupçons qu’elles ne veulent pas croire. » « La réalité est que le mariage est une chose très compliquée et qui doit répondre à beaucoup de besoins. Ce qui est acceptable pour une personne peut ne pas l’être pour une autre ».
Il est possible que, quel que soit l’aspect monstrueux du mari, ce dernier soit capable par moment de tendresse, d’une tendresse toute relative dont se contentera alors l’épouse. D’autres sont l’objet de menaces, de punitions, le plus souvent subtiles, voilées, dans le cadre d’une sorte de dressage.
Comme Monique Olivier, 55 ans, visiteuse de prison qui avait rencontré Michel Fourniret lors de son séjour à Fleury-Mérogis avant de l’épouser, en 1989, une personne effacée, « craintive, très impressionnée par son mari mais pas dans une logique de remords », ne s’étant pas révoltée une seule fois, selon le procureur général de Reims.
Parlant des femmes des tueurs en séries – le cas extrême – Michèle Agrapart-Delmas, psychocriminologue, expert judiciaire auprès de la Cour d’appel de Paris, rapporte : « Elles sont dans un rapport de soumission dans lequel elles trouvent un équilibre très précaire, pathologique. Il y a un rapport de domination, mais en même temps elles participent et mettent la main à la pâte, ce qui révèle vraisemblablement des personnalités perverses. Parallèlement, elles sont soumises à un isolement de plus en plus grand, sont petit à petit retirées de leur vie sociale. Leurs partenaires leur font comprendre que « les autres ne comprendraient pas ». Ces femmes sont des victimes mais des victimes partiellement consentantes ».
Roy Hazelwood, psychologue, a relevé que beaucoup de sadiques sexuels expérimentent sur leur épouse certains comportements qu’ils accomplissent par la suite sur leurs victimes. Séduites, fascinées, vampirisées par la personnalité de leurs maris, elles peuvent perdre une partie de leur humanité. Selon ce dernier, on ne deviendrait pas toujours la femme d’un grand pervers par hasard. Certaines femmes sont fascinées par les tueurs en série ou les pervers. L’un des plus célèbres, Ted Bundy, qui a inspiré le film Le silence des agneaux, a été inondé de demandes en mariage avant son exécution en Floride, le 24 janvier 1989.

25. Pourquoi acceptent-elles leur sort et ne se défendent-elles pas ?
La plupart du temps ces victimes ne peuvent rien faire. Elles sont trop faibles pour se défendre face à leur persécuteur, trop faibles pour prouver aux autres que la personne qui les a persécutées n’est pas celle qu’elle s’évertue à paraître. Elles sont souvent déstabilisées par l’absence de scrupules et la capacité de mensonge jusqu’au-boutiste de leur bourreau. De plus, elles savent qu’il est capable de terribles vengeances. Il y a souvent chez elles un mélange de fascination et de peur, comme la souris devant le naja.
De plus certains pervers infligent à leurs victimes des coups moraux si terribles, qu’il faut à leurs victimes beaucoup de temps pour s’en remettre. Certaines ne s’en remettent d’ailleurs jamais et peuvent aller jusqu’à se suicider.
L’aveuglement de certaines victimes est semblable à celui des membres d’une secte face aux agissements de leur gourou. Elles croient se défendre sans mesurer la puissance de l’emprise à laquelle elles sont soumises et le courage immense qu’il leur faudra pour s’en libérer. Elles peuvent alors trouver plus facile de se bercer d’illusions que de s’engager dans ce difficile effort libératoire.

26. Ruses, stratégies et tactiques des pervers narcissiques
Le pervers a en général beaucoup d’imagination, et il est difficile de recenser, ici, les milliers de ruses et tactiques, dont il dispose dans son arsenal.

27. Séduction, jeu sur les apparences
Contrairement au pervers de caractère, qui irrite son entourage par ses revendications et nie radicalement l’autre, le pervers narcissique, lui, réussit à créer un élan positif envers lui. Comme toute personne manipulatrice, il sait se rendre aimable.
Il change de masque suivant les besoins, tantôt séducteur paré de toutes les qualités, tantôt victime faible et innocente. Il a un souci scrupuleux des apparences, donnant le plus souvent l’image, valorisante pour son ego, d’une personne parfaite, image qui cache son absence d’émotion, d’amour, de sincérité et d’intérêt pour tout ce qui n’est pas lui. Il ne s’intéresse pas à la réalité, tout est pour lui jeu d’apparences et de manipulation de
28. Dissimulation

29. Mimétisme
Ce sont de véritables caméléons, aptes à mimer les attitudes et les paroles de son interlocuteur pour susciter chez lui l’illusion d’un accord parfait, d’une entente exceptionnelle qui ne cesse de s’approfondir. Le mimétisme est d’ailleurs l’une des techniques employée par la Programmation neuro-linguistique.

30. Diviser, cloisonner ses relations
Par prudence, il divisera et cloisonnera ses relations, afin qu’on ne puisse pas recouper ses mensonges ou que ses victimes ne risquent pas de se s’allier contre lui. Sa technique, dans ce domaine, finit par être magistrale.

31. Vous encenser pour mieux vous couler
Il commence par vous encenser. Vous êtes le meilleur, le plus doué, le plus cultivé… Personne d’autre que vous ne compte pour lui (il n’hésite d’ailleurs pas à dire la même chose successivement à plusieurs personnes). Ces éloges et ces protestations d’attachement lui permettent de mieux « vous couler » ensuite en jouant sur l’effet de surprise, et de vous atteindre d’autant plus que vous ne vous attendiez pas à l’attaque et qu’il a en outre pris soin de choisir précisément le moment où vous pouviez le moins vous y attendre.

32. Se valoriser sans cesse et dévaloriser l’autre
Les Narcisse cherchent à évoluer sous les feux de la rampe, à choisir des situations où d’autres pourront les admirer. Ils veulent capter l’attention de leurs semblables qu’ils considèrent, par ailleurs, comme de simples faire-valoir, victimes potentielles qu’ils n’hésiteront pas à critiquer en public, souvent insidieusement.

33. Le principe d’autorité
Il utilise son pouvoir de séduction, ses talents de comédien, son apparence de sérieux, toutes les facettes de ses « personnalités » pour s’imposer. Il aime arrêter toute discussion par quelque phrase définitive, utilisant le principe d’autorité : « Je suis malade ! », ou bien « Tu te rends compte de ce que tu me demandes ! », « Je ne peux pas discuter avec toi pour l’instant, tu vois bien que je suis pris ».

34. L’induction (suggérer l’idée à l’autre)
La grande force du pervers narcissique est l’art de l’induction.
Il s’applique à provoquer chez l’autre des sentiments, des réactions, des actes, ou, au contraire, à les inhiber. Il fonctionne en quelque sorte comme un magicien maléfique, un hypnotiseur abusif, utilisant successivement injonctions et séduction. Evitant d’exprimer à l’autre ce qu’il pense, de l’éclairer sur ses intentions, il procède par allusion, sans jamais se compromettre. Pour mieux duper, il suscite chez l’autre un intérêt pour ce qui va faire l’objet de la duperie, qu’il va rendre aussi alléchant que possible sans jamais en parler ouvertement. Etalant connaissances, savoir, certitudes, il va pousser l’autre à vouloir en savoir plus, à convoiter l’objet en question et à exprimer son désir de se l’approprier .
Il procède de la même façon s’il a l’intention a priori de refuser quelque chose. L’autre, qui n’avait pas l’idée de demander quoi que ce soit, va se sentir pris à contre-pied sans savoir exactement pourquoi : il se promettra alors de ne jamais demander quelque chose, il doutera de sa propre honnêteté, ou même se sentira suspect, entrant inconsciemment dans le jeu du pervers narcissique. Ce dernier, pour prendre l’ascendant sur sa « victime », assortira volontiers son discours d’un message moralisateur et s’affichera comme un être « noble et pur », contraignant l’autre qui ne veut pas être repoussé à s’identifier à cette morale, que cela soit dans l’acceptation ou le refus de la chose suggérée.
Faisant parler le pervers narcissique, Alberto Eiguer écrit : « Il faudrait que vous agissiez de sorte qu’il ne reste aucun doute que vous êtes moi… et que tout ce que vous faites, dites ou éprouvez, confirme que je suis le seul, moi, le plus grand et cela même au prix de votre propre disqualification ». On touche ici au fondement de l’induction narcissique.

35. Contradictions ou contradictions apparentes
Un jour, relâchant sa vigilance, content et fier de son coup, le pervers narcissique pourra même se vanter auprès de tiers auxquels il prête ses propres pensées, de son succès, l’autre l’avait mérité, puisqu’il « n’avait qu’à ne pas être si bête et si naïf ».
Mais même quand les contradictions de son comportement éclatent, semant alors le doute sur sa personnalité, ses intentions ou sa sincérité, il parvient le plus souvent à rattraper ses erreurs et à restaurer la belle image de lui-même qu’il a laissée se fissurer par manque de prudence. Il affirmera alors, par exemple, qu’il a plaisanté et qu’il ne cherchait qu’à tester son interlocuteur.
La plupart du temps, on lui pardonnera malgré tout, parce qu’il sait se rendre sympathique et surtout parce qu’il a toujours une explication pour justifier un comportement soudain contradictoire. L’erreur « désastreuse » sera mise sur le compte d’une faiblesse momentanée, d’une fatigue, d’un surmenage, d’une maladie. Finalement, on se dira que toute personne « parfaite » est faillible.
« Le pervers narcissique aime la controverse. Il est capable de soutenir un point de vue un jour et de défendre les idées inverses le lendemain, juste pour faire rebondir la discussion ou, délibérément, pour choquer. » (Marie-France Hirogoyen, Le Harcèlement moral, page 108)

36. Emploi de messages paradoxaux
Le pervers narcissique se complaît dans l’ambiguïté. Par ses messages paradoxaux, doubles, obscurs, il bloque la communication et place sa victime dans l’impossibilité de fournir des réponses appropriées, puisqu’elle ne peut comprendre la situation. Elle s’épuise à trouver des solutions qui seront par définition inadaptées et rejetées par le pervers dont elle va susciter les critiques et les reproches. Complètement déroutée, elle sombrera dans l’angoisse ou la dépression (voir Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement Moral, la communication perverse, p. 111).

37. Calomnies et insinuations
« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! » (Beaumarchais)
Le pervers narcissique a le talent de diffamer sans avoir l’air d’y toucher, prudemment, en donnant l’apparence de l’objectivité et du plus grand sérieux, comme s’il ne faisait que rapporter des paroles qui ne sont pas les siennes. Souvent il ne porte pas d’accusation claire, mais se contente d’allusions voilées, insidieuses. À la longue, il réussira à semer le doute, sans avoir jamais prononcé une phrase qui pourrait le faire tomber sous le coup d’une accusation de diffamation.
Il usera du pouvoir de la répétition et ne cessera pas de semer le doute sur l’honnêteté, sur les intentions de l’adversaire qu’il veut abattre s’appuyant sur la tendance humaine à croire « qu’il n’y a pas de fumée sans feu ».

38. Fausse modestie
Lors de l’utilisation de la technique de l’induction (voir plus haut), il se présente bien volontiers comme une personne modeste, n’osant pas proposer ses solutions ou l’objet de sa duperie (l’appât), l’objet qu’il veut soumettre à la convoitise de l’autre.
Comme un rusé paysan, il est capable parfois de se faire passer pour bête et naïf, prêchant le faux pour savoir le vrai. Un très bon moyen de guerre

39. Confusion des limites entre soi et l’autre
Le pervers narcissique n’établit pas de limites entre soi et l’autre. Il incorpore les qualités de l’autre, se les attribue pour pallier les faiblesses de sa véritable personnalité et se donner une apparence grandiose. Ces qualités qu’il s’approprie, il les dénie à leur véritable possesseur, cela fait partie intégrante de sa stratégie de la séduction. « La séduction perverse se fait en utilisant les instincts protecteurs de l’autre. Cette séduction est narcissique : il s’agit de chercher dans l’autre l’unique objet de sa fascination, à savoir l’image aimable de soi. Par une séduction à sens unique, le pervers narcissique cherche à fasciner sans se laisser prendre. Pour J. Baudrillard, la séduction conjure la réalité et manipule les apparences. Elle n’est pas énergie, elle est de l’ordre des signes et des rituels et de leur usage maléfique. La séduction narcissique rend confus, efface les limites de ce qui est soi et de ce qui est autre. On n’est pas là dans le registre de l’aliénation – comme dans l’idéalisation amoureuse où, pour maintenir la passion, on se refuse à voir les défauts ou les défaillances de l’autre – mais dans le registre de l’incorporation dans le but de détruire. La présence de l’autre est vécue comme une menace, pas comme une complémentarité. » (Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement Moral, p. 94).

40. Utilisation de fausses vérités énormes ou crédibles
La communication perverse est au service de cette stratégie. Elle est d’abord faite de fausses vérités. Par la suite, dans le conflit ouvert, elle fait un recours manifeste, sans honte, au mensonge le plus grossier.
« Quoi que l’on dise, les pervers trouvent toujours un moyen d’avoir raison, d’autant que la victime est déjà déstabilisée et n’éprouve, au contraire de son agresseur, aucun plaisir à la polémique. Le trouble induit chez la victime est la conséquence de la confusion permanente entre la vérité et le mensonge. Le mensonge chez les pervers narcissiques ne devient direct que lors de la phase de destruction, comme nous pourrons le voir dans le chapitre suivant. C’est alors un mensonge au mépris de toute évidence. C’est surtout et avant tout un mensonge convaincu qui convainc l’autre. Quelle que soit l’énormité du mensonge, le pervers s’y accroche et finit par convaincre l’autre. Vérité ou mensonge, cela importe peu pour les pervers : ce qui est vrai est ce qu’ils disent dans l’instant. Ces falsifications de la vérité sont parfois très proches d’une construction délirante. Tout message qui n’est pas formulé explicitement, même s’il transparaît, ne doit pas être pris en compte par l’interlocuteur. Puisqu’il n’y a pas de trace objective, cela n’existe pas. Le mensonge correspond simplement à un besoin d’ignorer ce qui va à l’encontre de son intérêt narcissique. C’est ainsi que l’on voit les pervers entourer leur histoire d’un grand mystère qui induit une croyance chez l’autre sans que rien n’ait été dit : cacher pour montrer sans dire. » (Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement moral, page 94)
Il use d’un luxe de détails pour éteindre la vigilance de ses proches. « Plus le mensonge est gros, plus on a envie d’y croire. »

41. Se poser en victime
Lors des séparations, les pervers se posent en victimes abandonnées, ce qui leur donne le beau rôle et leur permet de séduire un autre partenaire, consolateur.
Il peut se faire passer pour faible, pour le « chien perdu sans collier », prendre la mine de chien battu, les yeux tristes, dont voudront alors justement s’occuper les femmes maternelles, dévouées, celles ayant une vocation de dame patronnesse, celles n’existant que par le dévouement à autrui, celles qui deviendront souvent leur future victime. Cela afin de mieux les faire tomber dans ses filets.
Il a d’ailleurs un talent fou pour se faire passer pour une victime. Comme il a un talent fou, pour se faire passer pour malade ou irresponsable ou tirer profit d’une maladie (imaginaire ou réelle), d’un accident, user ou abuser d’un handicap réel, etc.

42. Création d’une relation de dépendance
L’autre n’a d’existence que dans la mesure où il reste dans la position de double qui lui est assignée. Il s’agit d’annihiler, de nier toute différence. L’agresseur établit cette relation d’influence pour son propre bénéfice et au détriment des intérêts de l’autre. « La relation à l’autre se place dans le registre de la dépendance, dépendance qui est attribuée à la victime, mais que projette le pervers [sur l’autre]. A chaque fois que le pervers narcissique exprime consciemment des besoins de dépendance, il s’arrange pour qu’on ne puisse pas le satisfaire : soit la demande dépasse les capacités de l’autre et le pervers en profite pour pointer son impuissance [celle de sa victime], soit la demande est faite à un moment où l’on ne peut y répondre. Il sollicite le rejet car cela le rassure de voir que la vie est pour lui exactement comme il avait toujours su qu’elle était » (Marie-

43. Inhiber la pensée critique de la victime
Lors de la phase d’emprise, la tactique du pervers narcissique est essentiellement d’inhiber la pensée critique de sa victime. Dans la phase suivante, il provoque en elle des sentiments, des actes, des réactions, par des mécanismes d’injonction ou d’induction. « Si l’autre a suffisamment de défenses perverses pour jouer le jeu de la surenchère, il se met en place une lutte perverse qui ne se terminera que par la reddition du moins pervers des deux. Le pervers essaie de pousser sa victime à agir contre lui (et à la faire agir d’une façon perverse) pour ensuite la dénoncer comme « mauvaise ». Ce qui importe, c’est que la victime paraisse responsable de ce qui lui arrive ». (Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement Moral, page 122).
Le plus dur pour la victime est de ne pas rentrer dans le jeu, en particulier le jeux des conflits artificiels, provoqués par le pervers.

44. Tactique du harcèlement moral pervers
Isoler quelqu’un, refuser toute communication, ne pas lui transmettre de consignes, multiplier les brimades, ne pas lui donner de travail ou un travail humiliant, au contraire, lui donner trop de travail ou un travail largement au dessus de ses compétences etc. les cas de figure du harcèlement moral, du bizutage ou du mobbing, telles sont les tactiques du harcèlement moral, pouvant se décliner à l’infini.
Selon la définition la plus courante : « Le harcèlement moral est un ensemble de conduites et de pratiques qui se caractérisent par la systématisation, la durée et la répétition d’atteintes à la personne ou à la personnalité, par tous les moyens relatifs au travail, ses relations, son organisation, ses contenus, ses conditions, ses outils, en les détournant de leur finalité, infligeant ainsi, consciemment ou inconsciemment, une souffrance intense afin de nuire, d’éliminer, voire de détruire. Il peut s’exercer entre hiérarchiques et subordonnés, de façon descendante ou remontante, mais aussi entre collègues, de façon latérale ».

45. Tactiques ultimes (sur le point d’être confondu)
Si un emballement peut conduire le pervers narcissique à commettre des actes de violence, il évite soigneusement de se faire « emballer » par la police et la justice. Pour cela, il maîtrise l’art de « l’emballage » des faits dans le discours. Pour paraphraser Philinte, dans ‘Le Misanthrope’ : « Toujours, en termes convaincants, ses dénégations sont dites ». Acculé, il peut se faire passer pour fou, irresponsable de ses actes, car on sait que les fous peuvent tout se permettre (article 122-1 du nouveau Code Pénal).

46. Annexe : Articles de loi
A. De l’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de faiblesse
Article 223-15-2 du Code pénal. (Loi nº 2001-504 du 12 juin 2001 art. 20 Journal Officiel du 13 juin 2001) (Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002) Est puni de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende l’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de la situation de faiblesse soit d’un mineur, soit d’une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente et connue de son auteur, soit d’une personne en état de sujétion psychologique ou physique résultant de l’exercice de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer son jugement, pour conduire ce mineur ou cette personne à un acte ou à une abstention qui lui sont gravement préjudiciables. Lorsque l’infraction est commise par le dirigeant de fait ou de droit d’un groupement qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 750 000 euros d’amende…
B. Loi contre le harcèlement moral sur le lieu de travail
Définition du code du travail L 122-49. Aucun salarié ne doit subir des agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi, ou refusé de subir les agissements définis à l’alinéa précédent ou pour avoir témoigné de tels agissements ou les avoir relatés. Toute rupture du contrat de travail qui en résulterait, toute disposition ou tout acte contraire est nul de plein droit. (conformément à la loi n°2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale).
C. La cruauté mentale et physique
Il y a cruauté physique lorsque l’un des conjoints s’en prend à l’autre en lui assénant des coups ou en exerçant des sévices sur sa personne.
Il y a cruauté mentale lorsque l’un des conjoints, volontairement, cherche à blesser l’autre autrement que par des agressions physiques (injures, humiliation, mépris). La cruauté mentale provoque une souffrance morale entraînant parfois des conséquences physiques lorsque la victime est soumise à des violences verbales, dites psychologiques telles que les insultes, les menaces, les terreurs infligées, les humiliations…
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pas de consultation via internet, ni d'appel téléphonique, ni de mail. Merci de votre compréhension.

Dubreuil
Psychologue clinicien
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

LE VOYEURISME

Pour illustrer ce qui constitue une définition du voyeurisme, Lacan prend appui sur l’exemple que nous donne Sartre du voyeur surpris à regarder par le trou de la serrure. Dans l’analyse qu’il fait du regard dans son livre L’Être et le Néant, Sartre situe le regard à l’occasion d’un froissement de branches, d’un bruit de pas suivi du silence, de l’entrebâillement d’un volet, d’un léger mouvement d’un rideau. Pendant un coup de main, les hommes qui rampent dans les buissons subissent comme regard à éviter non pas deux yeux mais toute une forme blanche qui se découpe contre le ciel en haut d’une colline.
Et si nous n’avons pas forcément à le suivre sur les conclusions qu’il en tire quant à l’existence d’autrui, par contre, comme le souligne Lacan, il perçoit bien la pointe de ce qui est saisi de la fonction du voyeur quand il est surpris dans sa tentative de capture de cette fente qu’est le trou de la serrure. D’ailleurs dans la langue la fente peut aussi s’appeler un regard.
La honte qui va en découler pour le voyeur montre que ce qui l’intéresse n’est pas ce qu’il y a derrière le trou de la serrure mais la capture de la fente elle-même. La honte n’est pas due à ce qu’il soit surpris à voir certaines choses mais plutôt qu’il soit surpris dans cette position qui d’un point de vue narcissique déchoit par rapport à la position debout. Il est surpris dans la fonction de désirer.
La honte fait réapparaître le regard qui est normalement un objet perdu mais qui va être retrouvé par l’apparition de la honte. Pour cela, il faut l’introduction d’un autre qui va le surprendre et provoquer la honte et permettre ainsi de retrouver le regard, de le faire surgir. Le voyeur fait apparaître le regard en se faisant surprendre comme regard caché.

Alors qu’est-ce qui importe au voyeur, lui qui ne s’est pas privé de saisir, de profaner, le mot est de Lacan, de profaner tout ce qui peut être vu, qu’est-ce qui lui importe si ce n’est pas de chercher à voir ce qu’il y a derrière le trou de la serrure ?
Ce qui importe au voyeur et qu’il interroge dans l’Autre, ce n’est pas ce qui peut se voir, même de façon dérobée, c’est ce qui ne peut se voir, voilà ce qui lui importe jusqu’au moment où il va se faire surprendre, ce qu’il cherche à voir c’est l’objet mais l’objet en tant qu’absence, ce que le voyeur cherche et trouve c’est l’ombre derrière le rideau où il va pouvoir fantasmer n’importe quelle présence. Ce qu’il cherche, ce n’est pas le phallus mais son absence, d’où la prééminence de certaines formes dans sa recherche, et Lacan donne l’exemple du corps grêle de la petite fille où ce qui est cause du désir c’est ce qui ne peut s’y voir, c’est l’insaisissable au niveau d’une ligne où il manque, c’est-à-dire le phallus. Ce qu’il regarde, c’est ce qui ne peut se voir.

Nous en avons un très bel exemple avec le personnage d’Octave dans le livre de Klossowski Les lois de l’hospitalité. Octave, le professeur de scolastique, est un voyeur qui est malade d’une question : qui est Roberte, son épouse chérie ?
Pour répondre à cette question qui fait son malheur, il va la soumettre à la loi de l’hospitalité. En pratique il prostitue ou plutôt il adultère Roberte auprès d’invités qu’il a lui-même choisis. Ce qu’il cherche à voir et qui ne peut se voir, c’est l’essence de Roberte, son être, et pas à n’importe quel moment mais au moment où elle subit l’assaut de l’invité. Il va lui proposer de se soumettre aux lois de l’hospitalité pour que se révèle cette essence.

Dans la clinique du voyeuriste, il y a donc ce temps important et même structural où le voyeur est surpris comme regard caché et puis il y a le temps avant que le voyeur ne soit surpris.
C’est pourquoi Lucien Israël distingue trois temps dans cette clinique du voyeurisme :
1) le premier temps c’est voir sans être vu
2) le deuxième temps c’est surprendre
3) le troisième c’est le souhait d’être surpris.
Pour lui, la genèse d’une perversion du regard trouve son explication dans le fait que le regard n’a pas à un moment donné rencontré l’interdit nécessaire.

Notons déjà qu’au niveau social les moyens de production et de diffusion de l’image vont dans le sens de favoriser le franchissement de l’interdit. Chez le voyeur, rien ne vient interdire la tentation de surprendre le coït parental. La réponse parentale serait plutôt, tu peux venir voir car il ne se passe rien, il serait alors poussé à aller chercher ailleurs ce qui pourrait confirmer qu’il se passait bien quelque chose entre les parents. En quelque sorte, il cherche à saisir la scène primitive, une scène primitive nouvelle qui confirmerait qu’il s’y passe bien quelque chose.

Alors quelle est la logique du discours inconscient du voyeur ?
Si son travail c’est de rendre l’objet (a) au grand Autre, il va le faire en faisant apparaître cet objet, ici le regard. Pour cela il va se faire regard, car si dans le voyeurisme l’objet est le regard, le regard c’est aussi le sujet.
Dans l’exemple que donne Sartre du sujet surpris en train de voir par le trou de la serrure, l’instance du regard ne surgit pas au niveau du regard de l’autre, celui qui surprend le voyeur, c’est l’autre qui en surprenant le voyeur comme regard caché fait surgir le regard au niveau du voyeur, le sujet est tout entier regard caché.
Le regard c’est ce qui manque dans le visible, c’est le trou mais aussi la tache ; le voyeur va tenter de donner consistance à ce manque pour pouvoir rendre l’objet à l’Autre. Et sa solution c’est de se faire surprendre comme regard caché, comme regard voilé. De cette façon il donne une consistance imaginaire, illusoire, à l’objet à la place d’une consistance logique symbolique qui elle se déduit du jeu du signifiant comme ce qui choit, c’est l’objet perdu freudien toujours recherché et jamais retrouvé. Le voyeur donne ainsi corps au manque qu’est le regard en se faisant regard. Il comble le manque de l’Autre avec son propre regard.

L’exhibitionniste, s’il est aussi concerné par le même objet, n’est cependant pas l’envers du voyeuriste ; lui, ce dont il s’occupe principalement c’est de la jouissance de l’Autre alors que le voyeuriste ne s’en occupe pas en priorité, lui son travail c’est surtout de combler le manque de l’Autre. L’exhibitionniste ce qu’il cherche, c’est saisir le moment où apparaît le regard, réussir à capter l’instant où le regard se met en place.

Peut-on repérer aujourd’hui, dans ce monde où l’image est très abondante, une modalité perverse du regard mais cette fois-ci à un échelon collectif et non plus individuel, peut-on parler d’une modalité voyeuriste à l’échelon de la société ?
La tentative de forclusion du sujet qu’opère la science ne peut qu’aller de pair avec une perversion sociale où il nous est demandé d’accomplir notre tâche sans limites familiales ou de déplacement, par exemple, comme le pervers peut promouvoir une jouissance sans entrave, c’est-à-dire que les barrières que la subjectivité pourrait tenter d’opposer à ces exigences ne valent plus. La norme veut par exemple que le travailleur puisse se déplacer librement pour son travail, être performant à tout moment.
La science est de plus en plus une écriture ; le regard scientifique qui scrutait, qui dénombrait, qui répertoriait pour connaître, pour acquérir un savoir et fonder une science, ce regard supporté par un sujet, le scientifique lui-même, est rejeté au profit d’une écriture mathématique.
Ce qui fait que le sujet regardant n’est plus localisable, seul est repérable le sujet de la vision et cela grâce au calcul mathématique (se reporter sur cette question à l’article de J. Brini). Ce qui aura pour conséquences que dans notre société où l’image pullule, le regard rejeté par la science va réapparaître d’une façon voyeuriste. Il ne s’agit plus seulement de voir les images qui déferlent mais de regarder ce qui ne peut se voir, de saisir au-delà de l’image ce qui ne peut se voir, c’est-à-dire viser l’être même du sujet, comme Octave cherchait à saisir l’être même de Roberte au moment où elle subissait l’assaut de l’invité ; nous sont alors proposées les images les plus crues, les plus surprenantes puisque sans aucune barrière. De cette façon, le sujet n’est plus seulement spectateur, il est invité à être regard, il est aussi dans le tableau, il est dans la scène et pas uniquement spectateur de l’image. Il n’est plus seulement sujet de la vision, il est sujet du regard.
C’est un dispositif voyeuriste car c’est la perversion du regard qui permet de faire apparaître cet objet qui habituellement est inatteignable et permet ainsi de porter un démenti de la castration dans le champ scopique ; c’est ce que permet et propose notre société avec les moyens techniques qu’apporte la science en ce qui concerne l’image.
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LA VIOLENCE PERVERSE
de M.F Hirigoyen

Résister à l’emprise, c’est s’exposer à la haine. A ce stade, l’autre, qui n’existait que comme un objet utile, devient un objet dangereux dont il faut se débarrasser par n’importe quel moyen. La stratégie perverse se dévoile au grand jour.
La haine est montrée
La phase de haine apparaît au grand jour lorsque la victime réagit, qu’elle essaie de se poser en tant que sujet et de récupérer un peu de liberté. Malgré un contexte ambigu, elle essaie de mettre une limite. Un déclic lui fait dire «ça suffit », soit parce qu’un élément extérieur lui a permis de prendre conscience de son asservissement c’est en général quand elle a vu son agresseur s’acharner sur quelqu’un d’autre -, soit quand le pervers a trouvé un autre partenaire potentiel et essaie de pousser le précédent à partir en accentuant sa violence.
Au moment où la victime donne l’impression de lui échapper, l’agresseur éprouve un sentiment de panique et de fureur il se déchaîne.
Tout ce qui était souterrain apparaît alors au grand jour. Il ne s’agit pas ici d’un amour qui se transforme en haine comme on tend à le croire, mais d’envie qui se transforme en haine.
Quand il justifie cette haine, c’est par une persécution de l’autre, qui le placerait lui en position de légitime défense. Comme chez les paranoïaques, apparaissent alors chez lui des idées de préjudice ou de persécution, une anticipation sur les réactions de défense attendues amenant à des conduites délictueuses et un fonctionnement procédurier. Tout ce qui ne va pas est de la faute des autres qui sont unis contre lui.
Par un phénomène de projection, la haine de l’agresseur est à la mesure de la haine qu’il imagine que sa victime lui porte. Il la voit comme un monstre destructeur, violent, néfaste.
Cette haine projetée sur l’autre, est pour le pervers narcissique un moyen de se protéger de troubles qui pourraient être plus grands, du registre de la psychose. C’est aussi un moyen, lorsqu’il s’est engagé dans une nouvelle relation, de se défendre de toute haine inconsciente contre le nouveau partenaire.

La violence est agie
Il s’agit d’une violence froide, verbale, faite de dénigrement, de sous-entendus hostiles, de marques de condescendance et d’injures. L’effet destructeur vient de la répétition d’agressions apparemment anodines mais continuelles, et dont on sait qu’elles ne s’arrêteront jamais. Il s’agit d’une agression à perpétuité.

L’autre est acculé
Lors de la phase d’emprise, l’action du pervers narcissique sur sa victime était essentiellement d’inhiber sa pensée. Dans la phase suivante, il provoque en elle des sentiments, des actes, des réactions, par des mécanismes d’injonction. Cela peut aller jusqu’à provoquer le suicide.

L’agresseur
Il peut arriver à chacun d’utiliser ponctuellement, passagèrement des mécanismes de défense pervers. Ce qui nous distingue des pervers, c’est que ces comportements ont été suivis de remords ou de regrets.

La perversion narcissique
Le psychanalyste P.C. Racamier est un des premiers à avoir décrit le concept de pervers narcissique. D’autres auteurs, dont Alberto Eiguer ont ensuite tenté d’en donner une définition :
« Les individus pervers narcissiques sont ceux qui, sous l’influence de leur soi grandiose, essaient de créer un lien avec un deuxième individu, en s’attaquant tout particulièrement à l’intégrité narcissique de l’autre afin de le désarmer. Ils s’attaquent aussi à l’amour de soi, à la confiance en soi, à l’auto-estime et à la croyance en soi de l’autre. En même temps, ils cherchent, d’une certaine manière, à faire croire que le lien de dépendance de l’autre envers eux est irremplaçable et que c’est l’autre qui le sollicite. »

Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu’ils refusent de voir. Ils «font pas exprès » de faire mal, ils font mal parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir en vie. Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépens d’autrui.

La personnalité narcissique est décrite comme suit (présente au moins cinq manifestations suivantes) :
- le sujet a un sens grandiose de sa propre importance,
- est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir,
- pense être « spécial » et unique,
- a un besoin excessif d’être admiré,
- pense que tout lui est dû,
- exploite l’autre dans les relations interpersonnelles,
- manque d’empathie,
- envie souvent les autres,
- fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants.

Otto Kernberg décrit les principales caractéristiques de ces personnalités qui «un sentiment de grandeur, un égocentrisme extrême, une absence totale d’empathie pour les autres, bien qu’ils soient avides d’obtenir admiration et approbation".
Ces patients ressentent une envie très intense à l’égard de ceux qui semblent posséder les choses qu’ils n’ont pas ou qui semblent tirer simplement plaisir de leur vie. Non seulement ils manquent de profondeur affective et n’arrivent pas à comprendre les émotions complexes des autres, mais leur propre sentiments ne sont pas modulés et connaissent de rapides flambées suivies de dispersion.
Ils ignorent en particulier les sentiments véritables de tristesse et de deuil ; cette incapacité à éprouver des réactions dépressives est un trait fondamental de leur personnalité. Lorsqu’on les abandonne ou qu’on les déçoit, ils peuvent se montrer apparemment déprimés, mais à un examen attentif, il s’agit de colère ou de ressentiment avec des désirs de revanche plutôt que d’une véritable tristesse pour la perte de la personne qu’ils apprécient. »

Un narcisse est une coque vide qui n’a pas d’existence propre ; c’est un "pseudo" qui cherche à faire illusion pour masquer son vide. Son destin est une tentative pour éviter la mort. C’est quelqu’un qui n’a jamais été reconnu comme un être humain et qui a été obligé de se construire un jeu de miroirs pour se donner l’illusion d’exister. Comme un kaléidoscope, ce jeu de miroirs a beau se répéter et se multiplier, cet individu reste construit sur du vide.
Les individus pervers narcissiques sont des individus mégalomanes qui se posent comme référents, comme étalons du bien et du mal, de la vérité. On leur attribue souvent un air moralisateur, supérieur, distant. Même s’ils ne disent rien, l’autre se sent pris en faute.
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Message par Dubreuil »

Messagepar Antony » 29 déc. 2013, 19:36
Voici un document qui retrace l'histoire de la sexologie
http://www.bulletindepsychiatrie.com/lutetia.htm
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Message par Dubreuil »

LA SYNESTHESIE

La musique se vit en couleurs, cela vous semble évident. Le velours que vous caressez de la main a un goût de chocolat. Vous comptez en suivant l’arc-en-ciel que dessinent les chiffres en votre esprit, de même les lettres de l’alphabet n’ont jamais été écrites simplement en noir sur fond blanc. Vous ressentez que le monde ne se limite pas aux dimensions de votre pensée et que vous pouvez presque saisir en une seule sensation parfaite toute son immensité. Vous êtes probablement synesthète.
La synesthésie est la capacité automatique, involontaire et permanente d’associer des sens de natures différentes. Mais elle est aussi considérée comme un trouble neurologique qui toucherait environ une personne sur 2000. Un trouble très féminin : sept synesthètes sur dix seraient des femmes. Pour beaucoup, elle est comme un don : ce sont des personnes qui ont deux ou plusieurs sens liés. Par exemple, le fait de lire ce texte en noir et blanc déclenche une odeur ou des couleurs, chaque mot possèdant une couleur.

Le terme d’origine grecque « aisthesis » désigne la sensibilité, l’aptitude à avoir des sensations. La synesthésie est l’aptitude à associer spontanément et involontairement des sens de nature différente, comme par exemple de « voir la musique », de « goûter la rugositer d’une surface » ou de « voir les chiffres en couleur ». Tous les sens peuvent potentiellement se combiner mais certaines associations sont plus fréquentes, d’autres n’ont jamais été décrites. Il est précisé sur le site Wikipedia : la synesthésie est involontaire et automatique ; les images synesthétiques apparaissent spatialement, ce qui signifie qu’elles ont souvent une position définie dans l’espace ; les perceptions synesthétiques sont consistantes et génériques ; la synesthésie est mémorable ; les perceptions synesthétiques ont une charge émotionnelle ; la synesthésie n’est pas linguistique, et en quelque sorte ineffable ; la synesthésie concerne des personnes ayant un cerveau ne présentant aucun signe de maladie.

Le préfixe « syn », quant à lui, originaire du grec ancien, exprime l’idée d’ensemble, de réunion, comme dans les mots « synthèse », « synonyme » ou « synchronisation » par exemple. Placé devant le terme « théorie », il forme le néologisme synesthéorie, dont l’ambition est de définir un nouveau mouvement de pensée, une autre façon de comprendre le monde. En conservant deux lettres issues du mot synesthésie, il rappelle que son inspiration provient de certaines propriétés singulières des perceptions associées, qui offrent un accès privilégié et peut-être objectif au réel.

Le projet synesthéorie postule que la pensée et la conscience de soi, par nature limitées dans leurs capacités et singulières à chaque personne qui les revendique, ne permettent pas de considérer l’ensemble des informations nécessaire à une étude impartiale, objective et holistique du monde. L’hypothèse générale du projet est que l’expérience de synesthésie peut dépasser ces contraintes et être utilisée comme outil d’analyse des questionnements existentiels encore sans réponse univoque, aider à une compréhension globale, déconflictualisée et aussi simple que possible de l’ensemble des problématiques posées par l’existence.
Modélisation

Il n’existe à ce jour aucune théorie unifiée descriptive et explicative du réel qui soit reconnue valable pour toute situation, en tout temps, en tout lieu, pour tout objet ou individu. Inspiré d’une expérience de synesthésie particulière qui s’est fait le témoin du lien matriciel de l’ensemble des objets réels interagissant avec chacun d’entre nous, le modèle synesthéorique – un « Essai sur la raison de tout » – prétend combler ce manque. Les expériences sensorielles offrant un accès privilégié au substrat universel de la connaissance et aboutissant à des productions vérifiables seront nommées heuresthésies.

Expérimentation
Le projet synesthéorie et son modèle se distinguent d’autres tentatives de compréhension du monde par la possibilité d’expérimenter, simplement mais dans la plus grande rigueur épistémologique, chacun de leurs arguments afin d’estimer de leur pertinence. La prétendue universalité de « l’Essai sur la raison de tout » devra se soumettre à l’expérience pour attester de sa validité.
Application
A partir des résultats des protocoles d’étude mis en place et dans le cadre du modèle proposé, des applications concrètes sont envisageables. Le champ des possibilités est vaste et encore peu exploité mais ces applications viseront, grâce à des dispositifs matériels et / ou logiciels, à améliorer et augmenter les capacités perceptives de l’humain dans sa relation à son environnement naturel et technologique, notamment dans le domaine du handicap. Ces applications potentielles sont pour l’instant confidentielles mais leur objectif principal sera de rendre accessible à tout un chacun les avantages adaptatifs et les apports émotionnels des expériences sensorielles multimodales.
Par la théorie, l’expérimentation et la mise en application, le projet synesthéorie espère atteindre à la réconciliation de l’humanité avec elle-même et son environnement, tentant de retrouver, dans les processus élémentaires de perception et de cognition, le lien intime de chacun d’entre nous avec la matrice unique de l’univers physique et métaphysique. (Source : Vincent Mignerot)

« On dit que chacun connait un moment parfait, de temps en temps, une expérience de paix complète et de lien avec le monde, (…) Soudain je fis l’expérience de m’oublier moi-même et, pendant un moment bref et brillant, j’eus l’impression que toute mon anxiété et mon mal-être disparaissaient. (…) J’imagine ces moments comme des fragments ou des éclats éparpillés sur une vie entière. Si quelqu’un pouvait les coller bout à bout, il obtiendrait une heure parfaite, voire une journée parfaite. Et je pense que cette heure ou cette journée le rapprocherait de ce qui fait le mystère d’être un humain. Ce serait comme un aperçu du paradis. Daniel Tammet, « Je suis né un jour bleu « /Conclusion du livre. Edition les Arènes 2007.
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Message par Dubreuil »

TERMINOLOGIE LACANIENNE

A : Grand Autre, "trésor du signifiant", "lieu d’où peut se poser au sujet la question de son existence".
a : "objets du sujet", objet a, "cause du désir", "plus-de-jouir".
a' : dans le schéma L: "moi du sujet", dans le schéma R : identifications du moi.
D : demande.
d : désir.
I ou I(A) : Idéal du Moi.
i ou i(a) : "image spéculaire", image de l'autre (petit autre) et prototype du moi idéal.
M : "signifiant de l’objet primordial", mère symbolique.
m : Moi.
P : "position en A du Nom-du-Père", père symbolique.
S : "sujet dans son ineffable et stupide existence", sujet brut, réel, qui deviendra le Sujet de l'inconscient.
$ : "Sujet barré de la bande recouvrant le champ R de la Réalité psychique", sujet divisé, Sujet de l'inconscient.
S1 : Signifiant-maître.
S2 : Savoir.
s(A) : ponctuation de la chaîne signifiante, message.
S(Ⱥ) : Signifiant d'un manque dans l'Autre.
Φ : Phallus symbolique.
φ : "image phallique", Phallus imaginaire.
Quadrangle MimI (Trapèze) : "champ de la Réalité (psychique)" (et non du Réel !!), qui en 3 dimensions s'avère être une bande de Mœbius.
◇ : poinçon (conjonction-disjonction)
$ ◇ a : fantasme
$ ◇ D : pulsion
La barré : "LA femme n'existe pas". D'une part les femmes ne constituent pas un ensemble pouvant être pris comme un TOUT, d'où la barre sur l'article défini LA, et d'autre part UNE femme n'est pas toute dans la jouissance phallique, elle a accès à la jouissance Autre.
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Message par Dubreuil »

NE PAS OSE DIRE SON RESSENTI NEGATIF

*** Pourtant, c'est un forum " psy " dédié aux personnes en difficulté psychologique, c'est bien le lieu " d'entraide "...
Si vous avez peur de vos intuitions, au vu du post d'un internaute, ou que vous ne vous sentez pas légitime pour donner vos déductions ou ressentis…
tout en ayant une idée précise d'un danger éventuel qu'il pourrait encourir, commencez tout simplement votre réponse par : " Il me semble que…" ensuite vous pourrez parler sans retenue ni contrainte.
Car il est ( à mon sens ) plus honnête et efficace de " sauver " la vie de quelqu'un ( physique ou psychique ) par excès de sincérité que par un silence qui pourrait déboucher sur une tragique complicité.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

LES SYMPTOMES

L’être peut souffrir de divers symptômes qui peuvent s’exprimer chez chacun de manière singulière. Le terme de symptôme implique une relation entre une partie visible et une autre partie invisible. En psychanalyse, cette partie invisible mais néanmoins bien présente et active renvoie à l’inconscient, cette partie immergée de l’iceberg que revêt le symptôme.

Le symptôme est une formation de l’inconscient, il vient pointer une souffrance mais aussi une impasse dans lequel est l’individu face à son désir. Le symptôme vient alors faire trace d’un conflit psychique entre désir et interdit et prend forme de « lettre en souffrance » ; il serait en quelque sorte comme une lettre postée qui ne trouverait pas son destinataire. En psychanalyse, le symptôme signe métaphoriquement un conflit psychique.
En d’autres termes, le symptôme est une manière de parole, un discours indirect qui permet à l’inconscient de s’exprimer, de se dévoiler, tout en s’oblitérant, et de se donner comme langage parce qu’il n’a pas la possibilité de se donner comme parole et d’être effectivement dit. C’est à travers le symptôme que la personne arrive à dire partiellement un langage crypté, vérité d’un sens refoulé, parfois dérangeant.

Freud a mis en évidence que les symptômes avaient toujours un sens au même titre que les rêves, les lapsus et les actes manqués. Ces manifestations inconscientes font énigme pour celui qui les subit et prennent alors forme d’éléments étrangers à soi avec lesquelles il faut pouvoir composer.

Seulement, le symptôme est paradoxal car il implique à la fois un gain et une perte, une perte car il fait souffrir et en même temps, le symptôme protège, masque, il est une tentative de traitement, une solution mise en place face à une impossibilité de l’être face à son désir. Celui-ci jouit de son symptôme en tant que celui-ci vient masquer son désir. Dans ce sens, il est parfois bien difficile de se détacher de son symptôme car si celui-ci est l’expression d’une souffrance, il est pourtant la façon la plus efficace de protéger le moi face à un danger et face à l’angoisse.
Le moi s’épargne l’éprouvé d’angoisse par la constitution du symptôme, qui prend valeur de substitut de la motion pulsionnelle réprimée, seulement son maintien nécessite un puissant contre investissement puisque la poussée pulsionnelle est constante. Dans l’économie psychique, le symptôme prend énormément d’énergie et est une solution bien couteuse, engendrant souvent une énorme fatigue.

La psychanalyse s’efforce alors de rechercher les non-dits du symptôme dans une investigation de ce savoir inconscient, hautement précieux pour l’être afin de pouvoir lever le voile des symptômes.
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Message par Dubreuil »

COURS DE SEXOLOGIE
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