Transfert affectif maternel souffrance

Forum dépression réactionnelle
Beautiful trauma
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Transfert affectif maternel souffrance

Message par Beautiful trauma »

Bonsoir à vous,

Merci de prendre le temps de me lire. Je lance un peu un sos. J’ai si mal que j’ai envie de me faire du mal. Je souffre de grosses carences affectives maternelles qui m’ont conduit à faire un transfert affectif sur une amie. Cette personne est tellement bienveillante, douce et affectueuse avec moi que j’en suis totalement dépendante. Je ne supporte pas son absence. Je suis constamment sur mon téléphone dans l’espoir de recevoir un sms ou un mail. Elle me manque à en crever les jours où je ne la voit pas. Elle est au courant de ce que je ressens, je lui ai dit. Du coup elle redouble d’affection à mon égard quand elle voit que je ne vais pas bien. Elle me nourrit en fait. Et moi j’en redemande encore et toujours car je suis jamais satisfaite. C’est devenu une drogue. J’en suis dépendante. Comment m’en sortir ? J’ai tellement mal.
Minijeune
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Re: Transfert affectif maternel souffrance

Message par Minijeune »

Bonjour...
Comme je peux vous comprendre...
J'ai fait ça longtemps...
Et je le fais encore un peu... mais peut-être avec moins d'intensité par contre...

Je comprends ce mal... à en crever...
D'attendre encore et encore de ressentir "l'amour" de l'autre. Disons qu'à mon arrivée ici, je vivais cette situation avec une superviseure de stage. Je lui avais décrit mes souffrances... et elle m'avait dit qu'elle remplacerait ma maman...

J'ai moi aussi une grande carence affevtive... et un manque à l'intérieur de moi. Je cherchais des mamans symboliques partout... et je ne la cherchais pas à l'interieur de moi... je n'étais pas capable de faire le deuil du fait que je n'ai pas eu de maman... que je n'avais pas eu ce droit... que ça m'avait fucké au niveau affectif... en travaillant sur moi en thérapie depuis des années, j'essaie d'apprendre à m'aimer... et je sais que si un jour, je suis capable de faire tout ça, je serai en mesure de m'autosuffir... et que je vais être plus heureuse... parce que tu sais que tu peux toujours compter sur toi... et possiblement qu'une fois qu'on entre en relation positivement avec soi-même... on peut entrer en relation positivement avec les autres!

Il faut savoir que si cette amie reste dans cette relation... c'est qu'elle n'est pas mieux au niveau affectif non plus... et de vous garder dépendante à elle, c'est un moyen de garder une certaine emprise sur vous... sachez que le grand don de soi, de ce genre, n'existe pas... vous aurez une dette envers elle d'une certaine façon.

Ma superviseure de stage a été là pour moi...
Elle voulait réparer mes blessures.
Mais elle en a causé d'autres.
Parce que je lui exprimais ma détresse... je suis allée jusqu'à me faire mal... lui dire... attendre sa reaction... puis un jour, j'ai été too much... et elle m'a mis des limites. Elle m'a dit qu'elle n'était pas ma mère et j'ai vécu tout ça comme un abandon... ça l'a ravivé mes souffrances... mais étrangement, elle restait là... elle avait besoin que je lui donne autant d'importance... ça la nourrissait aussi... mais moi, ça me faisait mal... j'étais dépendante, je souhaitais être si importante, en lui disant comment, elle, était importante pour moi... mais je courrais à ma perte... ce n'était pas facile... j'ai fini par partir loin de chez moi pour être capable de sortir de ce genre se relation... elle devait être la personne saine, et moi, la malade... mais si elle était vraiment saine, elle aurait vu que je souffrais... et elle aurait arrêté... surtout qu'elle était psychoéducatrice et en autorité envers moi. Mais elle restait, elle même, sur sa faim... et il n'y avait rien de sain là-dedans...

Tout ça, devrait vous éclairer sur le fait que la réelle douleur... celle de l'abandon physique ou psychique de votre mère... c'est là-dessus que vous devriez travailler en thérapie... pour vous défaire de ce traumatisme...

Beautiful trauma vous dites..??!!

Ça ira mieux quand vous affronterez la douleur...
Aussi vive soit-elle...
Tristana—
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Re: Transfert affectif maternel souffrance

Message par Tristana— »

En vous lisant, je réalise à quel point j’ai aussi dans une certaine mesure, été proche de ce que mj a vécu.
C’était il y a plus de 20 ans et il s’agissait d’un professeur d’allemand qui me fascinait . J’ai toujours été passionnée par les langues étrangères.

A la fin du lycée on s’est échangés nos coordonnées (mail, téléphone et adresse postale) et tout comme mj le décrit la relation était malsaine (se mettre à avoir peur de perdre l’autre en permanence - relation floue / assymétrique ). Ça lui arrivait de me promettre de sortir mais de ne pas tenir sa promesse.

La relation n’a pas tenue.
J’étais trop accrochée. Ça aurait pu mal finir, vraiment. Était-ce de ma faute ou de sa faute ? Je ne sais pas . Je pense à une sorte de contre transfert .

Les dés étaient pipés . Et je n’étais pas assez mature à l’époque pour me sortir de cela .

Vous courrez à votre perte .
Je sais que c’est difficile à entendre mais cette relation n’est pas viable . A votre place, j’essaierai petit à petit de m’éloigner de cette personne, même si c’est très difficile.

Vous vous rendrez compte à l’avenir que seul on peut accomplir des merveilles ;)

Cordialement
Minijeune
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Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Transfert affectif maternel souffrance

Message par Minijeune »

Si je peux me permettre...
On parle ici, à mon avis, d'une relation fusionnelle...

Est-ce que dans votre histoire, vous étiez une lycéenne, et lui, un professeur... vous aviez un crush sur lui... et il a abusé de ses fonctions... oui, c'était à lui de préserver les limites. Mais étiez-vous prise dans une relation fusionnelle... ou vous étiez peut-être un fantasme pour lui, autant que lui l'était pour vous... peut-être qu'il y avait du transfert de votre côté... mais lui, il devait savoir qu'il commettait un erreur... il devait avoir peur de se faire prendre, être prudent...

Dans mon histoire, l'amour recherché est different...
Il n'y a pas de sexualité... il n'y a pas de sensualité... on ne parle pas d'un crush...
C'est l'amour d'une mère qui est recherché... un amour inconditionnel. Une relation qui va faire en sorte qu'on va être tout pour l'autre, et que l'autre soit tout pour nous.
Alors on va essayer de répondre le plus possible aux besoins de l'autre... en espérant que l'autre fera la même chose!

On parle de deux personnes écorchées par la vie...

Ma superviseure de stage a voulu devenir une mère pour moi, parce qu'elle n'avait pas eu de mère aimante non plus. Elle voulait me donner ce qu'elle n'était pas capable de donner à ses propres enfants. Qu'elle n'était pas capable de se donner à elle-même... en espérant que je lui donne tout ça en retour... elle cherchait à se réparer symboliquement à travers moi... mais elle n'en était pas consciente... du moins, je ne pense pas. Vous savez, je ne la sentais pas dans une position d'abus... parce que j'étais une adulte... il en reste qu'elle aurait dû être une personne de confiance... et comme une psychologue, la meilleure manière d'accompagner l'autre, c'est en maintenant des limites professionnelles! Pour vrai, la neutralité, c'est tellement ce qui fait avancer... parce que ça permet d'être vraiment face à soi-même.

Bref!
Vous savez, je ne me reconnais pas dans le petit surnom mj que vous m'avez donné... il y a une raison logique pour laquelle j'ai choisi ce pseudo... c'est que justement, dans ce temps là, quand ma superviseure restait dans ma vie, elle m'avait dit que je devrais me faire une mini-moi, une genre de poupée, qui me représenterait bébé, que je pourrais aimer... j'avais pris des vieux bas, et j'avais fait de la couture. Je lui avais brodé des cheveux... 2 yeux... mais elle n'avait pas de bouche... je m'étais rendue compte qu'elle n'avait aucun orifice... et de cette manière là, cette mini-moi était en sécurité.

J'ai senti qu'on venait d'entrer dans ma bulle...
Désolé pour ma réaction!
Tristana—
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Re: Transfert affectif maternel souffrance

Message par Tristana— »

Minijeune a écrit :Si je peux me permettre...
On parle ici, à mon avis, d'une relation fusionnelle...

Est-ce que dans votre histoire, vous étiez une lycéenne, et lui, un professeur... vous aviez un crush sur lui... et il a abusé de ses fonctions... oui, c'était à lui de préserver les limites. Mais étiez-vous prise dans une relation fusionnelle... ou vous étiez peut-être un fantasme pour lui, autant que lui l'était pour vous... peut-être qu'il y avait du transfert de votre côté... mais lui, il devait savoir qu'il commettait un erreur... il devait avoir peur de se faire prendre, être prudent...

Dans mon histoire, l'amour recherché est different...
Il n'y a pas de sexualité... il n'y a pas de sensualité... on ne parle pas d'un crush...
C'est l'amour d'une mère qui est recherché... un amour inconditionnel. Une relation qui va faire en sorte qu'on va être tout pour l'autre, et que l'autre soit tout pour nous.
Alors on va essayer de répondre le plus possible aux besoins de l'autre... en espérant que l'autre fera la même chose!

On parle de deux personnes écorchées par la vie...

Ma superviseure de stage a voulu devenir une mère pour moi, parce qu'elle n'avait pas eu de mère aimante non plus. Elle voulait me donner ce qu'elle n'était pas capable de donner à ses propres enfants. Qu'elle n'était pas capable de se donner à elle-même... en espérant que je lui donne tout ça en retour... elle cherchait à se réparer symboliquement à travers moi... mais elle n'en était pas consciente... du moins, je ne pense pas. Vous savez, je ne la sentais pas dans une position d'abus... parce que j'étais une adulte... il en reste qu'elle aurait dû être une personne de confiance... et comme une psychologue, la meilleure manière d'accompagner l'autre, c'est en maintenant des limites professionnelles! Pour vrai, la neutralité, c'est tellement ce qui fait avancer... parce que ça permet d'être vraiment face à soi-même.

Bref!
Vous savez, je ne me reconnais pas dans le petit surnom mj que vous m'avez donné... il y a une raison logique pour laquelle j'ai choisi ce pseudo... c'est que justement, dans ce temps là, quand ma superviseure restait dans ma vie, elle m'avait dit que je devrais me faire une mini-moi, une genre de poupée, qui me représenterait bébé, que je pourrais aimer... j'avais pris des vieux bas, et j'avais fait de la couture. Je lui avais brodé des cheveux... 2 yeux... mais elle n'avait pas de bouche... je m'étais rendue compte qu'elle n'avait aucun orifice... et de cette manière là, cette mini-moi était en sécurité.

J'ai senti qu'on venait d'entrer dans ma bulle...
Désolé pour ma réaction!
Si je peux aussi me permettre il se pourrait que ma réponse n’est pas été comprise (et ce n’est peut-être pas la première fois - toutefois ce n’est pas grave ; je tiens toutefois à clarifier mes propos ).

Je parle d’une relation platonique où il est question comme je l´ai écrit d’un contre transfert . Il n’y avait rien de sexuel dans notre relation et il n’a jamais été un « crush ».
Il m’a aussi dit le même genre de chose que votre directrice de stage .

Cordialement
Tristana—
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Re: Transfert affectif maternel souffrance

Message par Tristana— »

Merci pour l’histoire de votre pseudonyme ! ;)
Je ne vous ai pas donné un surnom, j’ai cherché à vite taper ! ;)
Beautiful trauma
Messages : 2
Inscription : 12 janv. 2020, 21:57

Re: Transfert affectif maternel souffrance

Message par Beautiful trauma »

Merci beaucoup d’avoir entendu mon appel à l’aide. C’est tout bête mais comme ça me rassure de savoir que je ne suis pas seule à ressentir ça. Je me retrouve aussi tellement dans vos récits !!

J’ai suivi une psychothérapie l’année dernière et en effet ma psy m’a dit qu’il fallait que je m’auto-console. C’est effectivement la petite fille en moi qui crie son manque d’affection. Mais c’est tellement abstrait pour moi ! Je n’arrive pas à comprendre comment y parvenir.

La psy m’a effectivement dit aussi que ce n’est pas un hasard si mon amie prend autant à coeur son rôle de bienfaitrice. Elle est sûrement aussi blessée à l’intérieur.
Et se nourrit également de mes demandes d’affection.
Je l’appelle « mon pansement ». Elle apaise mes blessures. Les attises aussi. Mais les moments passés avec elle me comblent tellement de joie et de bonheur que ça vaut 1000 fois la souffrance qui s’en suit. C’est mon Beautiful Trauma. Je ne peux pas lui en vouloir même si elle me fait du mal sans le savoir.
Couper les ponts est impossible. On travaille ensemble. Je ne vois pas d’issue en fait. J’espère un déclic qui me remettrai les idées en place et enfin je pourrai continuer à vivre sans cette dépendance qui me bouffe complètement la tête.

Vraiment un grand merci pour vos réponses. Si vous saviez comme ça me fait du bien de savoir que quelque part, des personnes ressentent ou on ressenti la même chose. Je me sens tellement seule avec « cette névrose ».
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